TGIF – THANK GOD IT’S FRIDAY | Muscle ton jeu Robert

by • Apr 29, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)4651

Salut les coquins,

C’est presque ému et nostalgique que je prends la plume aujourd’hui, pour des raisons dont j’ai d’ailleurs un peu honte.

En fait, hier, alors que nous devisions avec mon ancienne stagiosse devenue éminente chef de projet marketing digital, je ne sais plus comment nous en sommes arrivés là mais j’ai balancé tout de go “Petit bonhomme, c’est pas Zizou !”.

Si j’ai été à la fois touché et rassuré qu’une collaboratrice choisie par mes soins connaisse ses classiques, puisqu’elle a ri, ça m’a quand même foutu un coup de vieux de me dire que c’était il y’a… 18 ans.

Et du coup qu’ai je fait en rentrant chez moi ? Je me suis remis Les Yeux dans les Bleus ! Et oui, j’ai chialé putain !

Alors j’explique pour les connasses et les incultes, Les Yeux dans les Bleus est un documentaire tourné caméra au poing par un journaliste de Canal + dans l’intimité de l’équipe de France pendant la Coupe du Monde 1998. On y retrouve une génération dorée qui nous a foutu le calebutte façon chapiteau du cirque Pinder pendant 2 ans, ainsi que des répliques cultes comme celle citée plus haut, genre “Muscle ton jeu Robert”, “Youri, c’est dans les 30 derniers mètres” mais aussi plusieurs moments de vie comme le monologue faussement philosophique d’Emmanuel Petit pendant qu’il coiffe ses cheveux façon tapin Brésilien, ou la leçon de géographie pour débiles profonds par Aimé Jacquet tentant d’expliquer pourquoi les joueurs Croates jouaient avant pour l’équipe de Yougoslavie.

Bref, j’ai commencé à avoir des frissons de pucelle dès la première scène avec le footing dans la forêt de Clairefontaine sur la musique “Peace and Tranquility to Earth” de Roudoudou (juste au -dessus), et ça se termine avec des larmes en voyant les joueurs se jeter sur Emmanuel Petit après son 3ème but contre le Brésil sur fond de “I will survive” de Gloria Gaynor. Rien que d’en reparler j’ai la chair de poule zobi.

Pour regarder ce chef d’oeuvre, j’ai opté pour un plaisir solitaire chez moi. Certes, c’est plus sympa à plusieurs mais on est inévitablement obligé de se farcir les témoignages de tout le monde sur ce qu’ils foutaient le soir du 12 Juillet 1998.

– Tu sais que moi pour la finale j’étais chez ma grand-mère en Isère avec tous mes cousins, oncles et tantes. On avait installé la télé dans le jardin et mes oncles ont fait pété des pétards.

– N’empêche, c’était tellement bon ! Nous on était en vacances en Bretagne et on s’est tous jetés dans la mer après le 3ème but… 

Avant que le ravi de la crèche un peu sensible de la bande balance:

– En tout cas, ce qui est fou, c’est que tout le monde est capable de dire précisément ce qu’on faisait et où on était le soir de cette finale… 

Et dans une bande de potes classique, un autre lui rétorquera invariablement:

– Grave, comme le 11 septembre et les attentats de Paris… Et aussi le réveillon de l’an 2000 !!!

Voilà, la boucle est bouclée.

Je plaisante mais je suis capable de vous sortir là tout de suite le nom de tous les adversaires de la France, la date des matchs, le nom des stades et des villes dans laquelle nous avons joué, ainsi que les scores, les buteurs, et à quelle minute du match.

Enfin bref, tout ça m’a donc ému. L’été 98 reste pour tous les amateurs de foot, et même pour toute une génération de Français, comme un petit oasis de bonheur absolu.

Pour certains mecs, le 12 Juillet 1998 remplace même le 25 décembre de l’an 0 et devient la date de référence après laquelle une meuf n’est plus baisable, du moins éthiquement parlant.

– Elle avait quel âge la nana d’hier putain ??

– M’en parle pas, je crois qu’elle a jamais vu les 2 buts de Zidane contre le Brésil…

Certains affirment tout de même qu’on peut largement aller jusqu’au but en or de Trézéguet le 2 juillet 2000 contre l’Italie, tandis-que certains Bad Gones pensent pouvoir monter au Lyon/Lens de 2002 amenant le premier titre de champion de France de l’Olympique Lyonnais. Mais on s’égare.

Du coup, toutes ces réjouissances m’ont rappelé, si jamais le besoin s’en faisait sentir, que nous accueillons dans un peu plus d’un mois un autre évènement footballistique de prestige: l’Euro 2016.

Franchement, quand en Avril, je me dis qu’on a dans le viseur Roland-Garros, l’Euro de Foot et les JO, j’ai les boutons du froc qui lâchent ! Mais quand en plus l’événement se déroule en France, c’est carrément l’orgasme.

Que ça va être bon de voir toutes ces terrasses bondées, les drapeaux qui s’agitent, les supporters pleins comme des putes un jour de paye de marin à force de se raffiner à la roteuse bavaroise au bord des fontaines… et puis les fan-zones, sorte de fête foraine pour terroristes sur lesquelles des petits plaisantins barbus pourront s’exercer au tir sur cible mouvante, sans toutefois repartir avec un ours en peluche.

Non, pas de mauvais esprit. Même si je reste persuadé qu’avoir maintenu les Fan-Zones, sortes de mini-villages avec écrans géants, bars ou encore terrains de foot synthétiques installés dans chaque ville organisatrice et accueillant plus de 10 000 personnes par jour, est extrêmement couillu, pour ne pas dire dangereux dans le contexte actuel.

Cet évènement qui dure du 10 juin au 10 juillet va être parfaitement génial et les ambiances de coupe du monde ou de championnats d’Europe sont toujours vachement sympas. C’est l’été, il fait beau, il fait nuit tard, on boit une petite bière avec les copains… C’est un peu les vacances avant l’heure.

Il y’a un truc qu’il faut quand même gérer: les meufs.

Je me souviens qu’en 1998, alors que j’avais 11 ans et donc une vie maritale assez tranquille, c’est à dire que j’avais eu une fois une érection en tapant un smack à une petite copine devant la station de métro de Bellecour, à Lyon, mon frère qui avait à l’époque 20 ans m’avait dit un truc assez juste, après que je lui ai demandé s’il restait à l’appart pour regarder le match du soir avec moi. Dans mes souvenirs, c’était Brésil/Norvège, ça se déroulait à Marseille et un Norvégien avait demandé en mariage une Brésilienne sur la pelouse.

Bref, le dialogue était le suivant:

– Tu restes à l’appart ce soir ? Y’a Brésil-Norvège !

– Ah bah non ce soir je sors, je vais boire un verre avec des copains… Tu me diras le score en rentrant.

– Mais vous sortez qu’avec des garçons ?

– Bah ouais… Y’a plein de filles délaissées par leurs mecs depuis le début de la Coupe du Monde, du coup avec mes copains on va voir si on n’a pas besoin de nous. Tu comprends ?

J’avais beau avoir 11 ans et demi et une gueule d’adopté par une famille catho bourgeoise, j’avais bien compris que mon frère avait reniflé le bon tuyau, à savoir aller danser avec les souris pendant que les chats regardent le foot à la téloche.

Alors oui, si pas mal de nanas voient d’un assez mauvais oeil l’arrivée imminente de cet Euro 2016, surtout alors qu’on est en plein sprint final en Ligue 1 et que le dernier carré de la Ligue des Champions occupe bien les soirées de semaine, il faut quand même savoir raison garder.

Oui, ça va gueuler avec votre meuf/mec. Aucune meuf fera la danse du ventre en pensant à son mec en train de s’enquiller sa 3ème pinte de la soirée devant son 7ème match en autant de soirs.

Du coup quelle est la solution ? L’emmener avec vous ?

On a tous un pote qui nous explique que sa meuf adore le foot, que limite elle s’y connait plus que lui et qu’un soir, il l’a même surpris en train de se faire un match toute seule.

A quelques semaines de l’Euro, c’est d’ailleurs lui qui se permet de balancer “Ah bah moi de toutes façons, pendant l’Euro je suis tous les soirs en terrasse avec les potes, les bières, les matchs et ma meuf. Elle adore ça !”. 

Je suis désolé, mais le mec qui me dit ça, personnellement je l’envie pas. Le foot, ça doit se vivre entre potes ! Personnellement, la perspective de m’enquiller une soirée foot en bugne à bugne avec maman ne me fait pas du tout rêver… Et surtout, j’ai horreur de parler de foot avec une meuf.

Il y’a aussi la solution un peu petite bite, et surtout très cynique, d’organiser un apéro avec 3 de vos “couples d’amis” (expression qui me fait dégobiller) en expliquant “On mettra le match en fond…”. Bien évidemment, dès le 2ème minute, plus personne n’ouvrira la bouche à part pour y foutre un peu de bière, et les filles auront compris qu’elles s’étaient faites niquer comme jamais.

Cette solution est assurément bonne, mais alors choisissez bien votre match, vos nanas ne se feront pas baiser 2 fois !

Et puis bien sûr, la solution kamikaze, celle où on part du postulat que ce mois de compétition est un mois banalisé pour votre couple et que vous avez entièrement le droit de vous faire tous les matchs avec vos potes, arguant que nom de Dieu, l’Euro c’est qu’une fois tous les 4 ans, et que la dernière fois que c’était en France c’était en 1984, et que donc ce ne serait pas abusé de vouloir pleinement profiter de l’évènement.

Certes, vous profiterez de tous les matchs, ce mois de juin sera une gigantesque fête et vos soirées seront belles. Néanmoins, faites pas trop les cons ! Je ne peux que vous conseiller de peser le pour et le contre plusieurs fois avant de vous lancer dans une telle aventure. Oui vous ne raterez rien, mais vous risquez de devoir réactiver Tinder et Adopte un Mec plus vite que prévu…

En fait, aucune meuf ne fera chier si son mec tient absolument à aller voir le match de la France avec ses potes. Ou alors si elle fait chier il faut prendre ses dispositions très rapidement… Mais le souci pour un mec comme moi, c’est que, potentiellement, un Suède-Belgique avec Zlatan contre Hazard me passionne autant qu’un France/Brésil. Et ça, c’est difficilement défendable !

Si vous êtes également dans ce cas, il va falloir vous démerder pour organiser un paquet d’apéros à plusieurs dans des bars qui diffusent le match et pour que les soirées soient bonnes également pour elles…

Et puis pour les petits malins qui aiment pas le foot, régalez-vous, il y’aura des milliers de femmes abandonnées par leur mecs que vous n’aurez plus qu’à cueillir…

TGIF !

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