TGIF – Thanks God It’s Friday | Circulation alternée

by • Dec 09, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7306

Salut les coquins,

Je ne vais pas vous le cacher, je suis d’une humeur massacrante alors que je prends la plume.

A l’heure à laquelle j’écris ces lignes, il est 17H16 jeudi 8 décembre et comme tous les honnêtes citoyens lyonnais je m’attends à en chier velu pour tenter de regagner mon doux logis.

Si seulement il n’y avait que ça… Cette putain de fête des Lumières qui m’a toujours agacé a eu au moins le mérite plusieurs années durant de remplir les caisses des commerçants lyonnais, celles de l’agglomération ainsi que les miennes puisque, salopard d’enculé de capitaliste et de négrier que je suis, je me permettais de sous-louer mon ancien appartement sur Airbnb afin de m’acquitter de mes impôts locaux.

Si vous souhaitez me dénoncer auprès de l’administration fiscale faites-vous plaisir, je ne suis plus sur le bail et de toutes façons je les emmerde avec passion.

Tout ça, c’est fini. Depuis le 13 novembre 2015, la France vit dans la sinistrose et la paranoïa ambiante. On peut d’ailleurs aisément le comprendre suite à l’attentat de Nice pour le 14 juillet. De fait, cette fête des Lumières 2016 se confine à quelques rues et n’attire malheureusement plus les foules.

En revanche, elle permet à la volaille de boucler le secteur et d’empêcher tout ce qui a un moteur de pénétrer dans la ville et de rentrer chez soi.

Mais passe encore. L’épisode (fort malheureux) de pollution qui frappe, selon certains, notre beau pays, a conduit nos élites, éclairées et surtout adjointes de chauffeurs et de véhicules de fonction aux plaques interchangeables, à nous casser de nouveau les couilles avec des mesures à la con. Oui,  aujourd’hui, seuls les véhicules aux plaques d’immatriculation impaires pourront rouler et ainsi permettre à leurs propriétaires d’aller bosser.

La morale gauchiste et écologiste bien pensante a sévi sur les réseaux sociaux depuis quelques heures:

– Oui moi je trouve ça tout à fait normal que les gens prennent les transports en commun pendant la pollution, parce que bon, quand même, c’est important.

OK. Cette mesure appliquée cette semaine à Paris n’a permis de diminuer la pollution que de 5%, tout en permettant à la préfecture de Police d’enregistrer des recettes records avec 17000 PV de 22€ dressés dans la seule journée de mardi contre ces immondes anarchistes prêts à tout pour aller gagner leur croute et payer leurs impôts.

Quand je dis la morale gauchiste, je m’emballe. Le cégétiste semble quant à lui peu soucieux de l’environnement et de ces mesures à la con. Lui, pendant le pic de pollution et alors que mathématiquement 50% des automobilistes seront dans l’obligation de prendre les transports en commun, le chauffeur de bus a décidé de faire une grève pour ou contre je ne sais quelle revendication certainement indispensable à son bonheur et à sa sécurité.

Enfin, comme le connard de contribuable moyen semble devoir assumer à lui seul la bonne santé de toute la communauté, nos dirigeants n’ont pas cru bon de mettre le holà sur les émissions de saloperies dans l’air de la part de nos chères raffineries situées à à peine 10 kilomètres à vol de nuage toxique de la Place Bellecour.

Lorsque je me suis étonné que les industries très polluantes ne soient pas contraintes de la mettre en sourdine quelques jours pour éviter que les asthmatiques n’encombrent les Urgences, on m’a fait comprendre que je devais moi-même me soumettre à cette règle numéro un du vivre ensemble.

Mon propos n’appelait pas tant à l’insoumission du croquant standard à la bien pensance écologiste qu’à l’égalité entre ce dernier et les pouvoirs publics ainsi qu’aux industries subventionnées ou génératrices de profit pour l’Etat.

Moi, ce que j’en pense, c’est que le Français moyen, à force de l’emmerder, il va finir par péter une durite et à faire le contraire de ce qu’on lui demande. Je ne le souhaite pas mais je ne serais pas plus étonné que ça d’apprendre qu’un mec, honnête travailleur désirant juste aller bosser, finisse par accélérer sur les pompes d’un flic qui tenterait de lui demander si sa plaque est paire ou impaire.

A force de mordre sa main nourricière, l’Etat et ses pantins vont bien finir par se prendre un retour de bâton qui personnellement risque de me faire jouir sur une forêt de képis.

Bon, je dois l’avouer, si je suis aussi jean aigre, c’est parce que j’ai fait une connerie. Une connerie dont je suis pas bien fier mais qui explique mon aigreur contre l’Etat et la maréchaussée.

Alors que je rentrais reposer ma viande saoule en automobile la semaine dernière, toute la basse cour m’est tombée dessus munie de ballons éthylomètres afin de voir si j’étais juste contrevenant ou si j’étais carrément taquin.

Bingo, comme je ne sais rien faire à moitié, le ballon est devenu violet et moi carrément vert de devoir suivre mes deux anges gardiens vers leur camionnette payée par nos soins direction le commissariat central.

Déjà, ce qui frappe d’emblée, c’est le sens de l’hospitalité et la franche camaraderie qui règne dans ces commissariats qu’on peut également appeler maison du bonheur.

Néanmoins, il m’a semblé que cette quête de convivialité fut poussée un peu trop loin lorsqu’on m’a demandé de rejoindre une cellule dans laquelle se trouvait 3 jeunes voleurs de voiture pris en flagrant délit.

Je déconne, mais l’expérience est assez traumatisante. Autant je ne suis vraiment pas fier de ma connerie et je suis d’accord pour que les connards qui conduisent bourrés se fassent retirer leurs permis et se prennent une bonne leçon, autant que je vois pas bien l’intérêt de foutre un jeune trentenaire juste au dessus du taux légal dans une cage avec les repris de justice.

Heureusement, alors que je m’amusais à faire des snapchat depuis cette fameuse cellule, et alors donc que les flics avaient oublié de me prendre mon téléphone, un officier est rentré pour empêcher l’un de mes nouveaux colocataires de me voler…

Ils m’ont d’ailleurs fait sortir de cette cellule et j’étais alors sûr que c’était la bonne, que j’allais enfin pouvoir rentrer chez moi et ronquer peinard…

Elan d’optimisme très vite douché par l’officier de police judiciaire.

L’OPJ qu’ils l’appellent. Déjà, quand les flics te parlent de l’OPJ, tu comprends direct que que ce mec là est la seule case à jouer et que manifestement t’as des chances que ce soit un retour à la case départ.

C’est exact.

– Bonjour Monsieur, est ce que vous connaissez les faits qui vous sont reprochés ?

– Euh… Oui tout à fait.

– Donc vous les connaissez, il n’y a pas de problème ?

– Bah c’est à dire, oui je les connais, j’étais là donc forcément je suis au courant..

– Vous voulez jouer au malin Monsieur ?

– Ah bah non. Mais je crois qu’on se comprend pas !

– Monsieur c’est simple. Est ce que vous connaissez les faits qui vous sont reprochés ?

– Oui donc c’est ce que je dis, on se comprend pas.

– Monsieur !! Vous êtes d’accord sur le fait que vous conduisez en état d’ébriété au moment où mes collègues vous ont interpelé ??

– AH !!!! Oui, je RE connais les faits !!!

– Attention Monsieur Hein ? Jouez pas au malin hein ! 

Bref, comme le mec ne parlait pas Français et que quelque part je n’étais qu’un pauvre connard de blanc bec qui venait chez lui un vendredi soir avec ma veste et mes pompes en cuir, il s’est dit que j’allais morfler.

Et il a réussi son coup le con.

– Monsieur, voici la suite des évènements. Les collègues vont vous emmener dans un autre commissariat où votre garde à vue vous sera signifiée. Vous dormirez là-bas en cellule de dégrisement jusqu’à demain où vous serez auditionné en présence d’un avocat.

Concrètement, j’ai passé 7 heures dans une espèce de cage de 7 mètres carrés avec un chiotte à la turque qui pue la pisse, la merde et la gerbe, un matelas de 5 centimètres d’épaisseur en guise de plumard et un hôte qui s’est amusé à frapper sur la vite de la cellule toutes les 20 minutes pour me réveiller et savoir si j’allais bien.

Vous allez me dire, quel est le lien avec l’histoire précédente de la circulation alternée ?

Bah pour faire face à cet emmerdement de ne plus avoir de permis pour les 3 prochains mois, j’ai pris un petit scoot 50. Certes, je me gèle les profiteroles format géant mais au moins je peux me déplacer partout et avoir un minimum d’indépendance.

Oui, sauf que le scoot, il a une plaque paire…

Quand ça veut pas, ça veut pas…

TGIF les zozios !!

 

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