TGIF – Thanks God It’s Friday | 22 Novembre 2013

by • Nov 22, 2013 • T.G.I.F.Comments (2)6193

“Il y’a 3 fleuves qui coulent à Lyon: Le Rhône, la Saône et le Beaujolais”.

Si cette phrase de Léon Daudet est restée célèbre dans la capitale des Gaules, on l’entend surtout le troisième jeudi de novembre depuis 1951, année de “création” du Beaujolais Nouveau.

L’effronté n’a pas spécialement de vocation historienne sauf quand on touche au vrai patrimoine. Le pinard en est un, alors on ouvre les portugaises et on s’instruit :

Le 8 septembre 1951 (jour de ma fête, tu peux donc deviner mon prénom), un arrêté paru au Journal Officiel dispose que les vins d’appellation d’origine ne peuvent être vendus qu’à partir du 15 décembre. Cependant, suite aux réclamations des syndicats viticoles, une note du 13 novembre 1951 précise « dans quelles conditions certains vins peuvent être commercialisés dès maintenant sans attendre le déblocage du 15 décembre ». C’est cette note qui de fait a créé l’appellation « beaujolais nouveau ».

Ce paragraphe vient d’être entièrement copié/collé de Wikipedia, mais il est fiable !

Même si tout le monde s’accorde pour dire que le Beaujolpif est davantage l’occasion de se la coller entre potos que de déguster un grand vin, le monde entier attend cet événement. Et quand je dis le monde entier j’extrapole pas, le Japon est d’ailleurs le premier consommateur mondial de Beaujolais Nouveau depuis une bonne vingtaine d’années. Il faut dire aussi que quand on se torche au Saké, le Beaujojo peut tout de suite prendre des airs de Romanée Conti…

Si la véritable capitale du Beaujolais Nouveau est la bien nommée Beaujeu, les principales festivités se déroulent à Lyon, préfecture du Rhône et grande ville la plus proche. Les banques et boutiques invitent leurs clients, les restaurants font des soirées spéciales, certains bars montent des tentes sur le trottoir… la ville prend des allures de fête nationale pas désagréable du tout alors que la météo commence à devenir carrément à gerber. Ce qu’on y boit aussi remarquez. Il fut un temps où il y’avait même un feu d’artifices.

Bref, belle tradition qui a probablement de beaux jours devant elle. Tant mieux pour les vignerons du coin qui ont bien besoin du primeur pour remplir leur caisse, pour tous les commerçants qui sont directement ou indirectement impactés, et pour les consommateurs qui passent une bonne soirée.

Oui mais le lendemain : patatra ! Enfin le lendemain dans le meilleur des cas.

Malgré un passif de fêtard plus qu’honorable et quelques hectolitres descendus en 10 ans de vie apéritive, il est rare de sortir indemne de ce genre de sauteries, où ce qu’on appelle un bon plan est en fait un putain de traquenard.

Bon, déjà, les cuites au vin rouge sont souvent les pires à cause du tanin. Aucune envie de vous faire un cours d’oenologie mais pour la faire courte et directe, le tanin est ce qui vous donne l’air con avec les lèvres et les dents violettes après 3 ballons de pif. En gros, dès que votre dentition ressemble de près ou de loin à celle de Jacouille, vous allez en chier copieux toute la journée et il n’y aura pas de remède miracle.

Le Beaujolais, puisque primeur, est un vin particulièrement acide qui va très logiquement vous casser le crâne dans les meilleurs délais et provoquer un désastre gastrique chez chaque personne normalement constituée. Il faudra pas se plaindre, maintenant vous le savez.

Une fois votre soirée  bien arrosée, vous allez regagner votre paddock dans l’espoir hélas utopique de passer une bonne nuit de sommeil. Environ 2H après vous êtes salement endormi comme un sac, vous vous traînerez jusqu’au frigo pour boire un bon litre d’eau. Les soucis vont alors commencer puisque ce choc des cultures ne va pas être du goût de votre foie… Aucun détail scabreux, on sait tous de quoi je veux parler.

Le lendemain, vous traînerez vos guêtres au bureau, blanc comme une merde de laitier, jurant de ne plus boire et comptant les minutes jusqu’à la sortie du bureau (et le prochain apéro). Le conseil que je vous donnerai d’ailleurs est de ne pas hésiter à boire un godet au déjeuner, rien de tel que de caresser le chien qui nous a mordu la veille.

Je me dois d’être franc: si d’ordinaire j’écris ces articles le vendredi, j’ai décidé cette semaine d’anticiper et de l’écrire jeudi soir avant de sortir, afin d’avoir la force physique et mentale de traiter ce sujet qui deviendra sûrement très épineux demain. En revanche, je dois avouer que ça me fait bien marrer de vous imaginer au bout du scotch entrain de vous dire que chaque ligne que vous lisez est une torture. Mouahaha, suis-je taquin !

Si j’ai raillé quelques lignes plus haut notre sale gueule, notre haleine fétide et notre évidente baisse de productivité en lendemain de casse, nos sérieux chercheurs ont eux carrément étudié le phénomène.

Figurez-vous que le troisième vendredi de novembre est statistiquement le jour où les universités et écoles supérieures déplorent le plus fort taux d’absentéisme chez leurs étudiants et où le moins de mails sont échangés dans les entreprises. L’étude n’a pas osé conclure sur un rapport de cause à effet mais de là à dire que la France entière a remis la cabane sur le chien, il n’y a qu’un pas franc que je franchis franchement.

Toutefois, malgré cette impression d’avoir bouffé un pot de gel et qu’une colonie de lutins font du plongeoir dans votre estomac, je suis persuadé que vous êtes déjà entrain d’échanger quelques textos pour savoir quoi foutre ce soir ! Je vous l’ai dis plus tôt: même si je ne vous approuve pas, remettre le facteur sur le vélo est encore le meilleur moyen de traverser une gueule de bois sans trop de heurts.

Bon week-end à tous, il est inutile de préciser que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il faut aussi inviter modération au comptoir de temps en temps. Il est moins fun au premier abord mais il vous permettra d’y rester plus longtemps.

Au fait j’ai un cadeau:

 

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