TGIF – Thank God It’s Friday | Mise au vert

by • Apr 10, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)2422

Hello !

Enfermé à fond de cale pour raisons professionnelles mais apercevant tout de même quelques gambettes à l’air surplombées de culs raffermis par la douceur printanière, je prends la plume tout en terminant une salade  Daunat, ce qui est à la gastronomie ce que Clara Morgane est au cinéma d’auteur.

Après le triomphe obtenu par ma délicieuse stagiaire la semaine dernière, je reprends les commandes pour de bon et l’ai évidemment renvoyé dans ses confins suite à ses critiques répétées à mon encontre et ses jugements à l’emporte pièce sur les quasi trentenaires. Comme dit un bon copain “quand on te frappe la joue gauche, tends y une bonne marmite dans la gueule et crache lui dans l’oeil”.

Cette semaine particulièrement courte suite au week-end pascal, et donc au lundi férié, s’achève ce soir et va donner l’occasion à chacun de s’adonner à ses loisirs favoris: pêche à la ligne, chasse à cour, philatélie, VTT ou bains de soleil. A ce propos, je déconseille vivement de me foutre sous le pif des photos de doigts de pied prenant le soleil avec pour légende “Dur dur”, “Elle est pas belle la vie ?” ou, crime suprême “tempête de ciel bleu”. Je ne sais pas ce que la justice prévoit pour ces entorses graves aux bonnes manières mais la mienne de justice les a déjà condamné.

Les idées de détente ne manquent pas avec le retour des beaux jours. Pourtant, comme d’habitude, votre principale occupation sera le barathon.

L’effronté du vendredi a, vous avez pu le suivre chers lecteurs intrépides, un peu tiré sur la corde ces derniers temps, juste pour vos beaux yeux. Une pinte à Dublin, un déjeuner de chasse dans le Bugey, une fondue pédophile à Megève, une soirée avec une poufiasse à Dubaï ou une planche charcuterie/fromages à Paris… j’ai beau avoir la goule en pente, force est de constater qu’aujourd’hui j’ai les dents du fond qui baignent.

Président d’honneur de la famille “T’as mal où ?”, souffrant d’un cancer de l’orteil le matin, frisant l’AVC 2 fois par jour, persuadé d’avoir chopé une chaude pisse dès que j’ai une couille qui me gratte et chopant des vertiges dès que j’ai un bouton qui pousse, je suis pressenti pour illustrer le mot hypocondriaque dans le Larousse 2016, et donc avoir ma face en A5 dans un ouvrage faisant tout de même autorité. Ainsi, crises de tachycardie conduisant à un arrêt cardiaque imminent et maux de tête intolérables en attendant la méningite foudroyante sont mon quotidien.

L’avantage de l’hypocondrie dernier degré est que le malade, moi quoi, fait hyper gaffe à sa santé, écoute son corps, se soigne, n’abuse pas des bonnes choses, se couche tôt et pratique une activité sportive avec pugnacité et abnégation.

J’ai de mon côté décidé de la jouer différemment, avec une formule home made que je vous offre si vous êtes également atteint de cette pathologie psychosomatique débile: mettez vous des bringues ! Quand on a bu un coup de trop on oublie qu’on a 2 cancers, un souffle au coeur, un cor au pied et un ongle incarné en production.

Oui mais voilà, l’automédication de ce type risque de ne pas conduire à grand chose de bien constructif. Après avoir été obligé de faire une pause dans les escaliers hier soir pour faire 2 étages, j’ai décidé de prendre les choses en main et d’arrêter de remettre le facteur sur le vélo.

Ce week end je ne ferai donc rien, je me coucherai tôt, j’irai jouer au golf pour profiter du grand air, le soir je me ferai une salade mozza devant Patrick Sébastien, dimanche j’irai faire le marché et une ballade sur les berges avant de rentrer me boire un petit smoothie devant le Masters de golf d’Augusta , puis enfin de finir en beauté par une salade “healthy” et de me coucher à 22H30 “parce que demain y’a fête à bras”. Pendant deux jours je vais manger sainement, dormir 8H par nuit, me faire enlever les points noirs que j’ai sur la gueule par une prostituée cambodgienne que j’ai commandé sur eBay, et commencer à arrêter de fumer comme un pompelard.

Je suis persuadé que ce genre de réflexions, vous vous les faites régulièrement quand vous sentez que vous avez un peu trop envoyé la sauce et que votre corps vous supplie d’arrêter vos conneries.

Quand on est hypocondriaque c’est pire. Après avoir tapé tous vos faux symptômes sur doctissimo.fr, la Mecque des crétins comme moi, et donc vu à toutes les lignes que vous alliez crever minute dans d’atroces souffrances et des boutons plein la bite, vous commencerez à questionner vos potes.

– “T’as un rythme de vie dégueulasse, repose toi ça ira mieux.”

– “Non mais arrête tes sketchs j’ai 28 piges, j’ai chopé une merde je te dis ! Je pisse 10 fois par jour, j’ai le coeur qui pompe autant qu’un tapin gabonais et j’ai même un bouton dans le dos.” 

– “Attends t’as dit quoi ? T’as un bouton dans le dos ??? Putain mais tu vas crever ma poule je te touche même plus avec un bâton”

Bon, évidemment votre pote se fout de votre gueule mais son paternel et sérieux “en revanche tu devrais quand même lever un peu le pied ce week-end, reste chez toi, vis lentement, ne t’impose pas des rendez-vous, un apéro à 18H, un dîner à 20H30, un before à 22H30 et un rendez-vous au K à minuit”, ça vous calme un peu et vous convainc définitivement de la jouer peinard.

Vendredi soir, 18H30, alors que toute la France est occupée à boire un verre en terrasse, main en propriétaire sur le hot-dog, l’autre pitrassant un ramequin de cahuètes tout en profitant des derniers rayons du soleil, vous regagnez votre domicile, non sans avoir au préalable prévenu la terre entière de votre nouvelle situation et de votre indisponibilité passagère.

Fier de vous, et après être passé acheter des tomates, des escalopes de poulet et du coeur de laitue, vous serez enfin chez vous, en zone de confort, futal retiré et chemise ouverte.

– “Ah ce qu’on est bien au calme ! Ce soir c’est salade César Home Made, un Jacquie et Michel et je carre la viande dans le torchon”. Voilà ce que vous vous direz au moment de poser votre séant fatigué par ce train de vie mais heureux de se voir accorder une petite pause bien méritée.

Une heure plus tard, vous aurez dit ces phrases environ 28 fois au téléphone, par SMS et sur Facebook :

– “Non ce soir c’est mort je me la coule douce”

– “Ce week end je fiotte un peu. Je suis proche burn out faut que je recharge les batteries”

ou encore la petite sournoise

– “J’ai un dîner de famille, je vous appelle après si je suis chaud” pour ne pas avoir à répondre de votre chute de méforme momentanée et inhabituelle

Alors on allume la télé: rien. Thalassa, un documentaire sur l’excision dans le Berry “Tradition ou barbarie ?” et une série policière produite par France Télévision avec des cascades pas vues à l’écran depuis les premiers Derrick.

On renvoie quelques SMS d’excuse, on se fait pour la 9ème fois la saison 1 d’American Dad, on se prend en selfie sur snapchat avec des messages de jeunes pucelles comme “OKLM“, “POSEY” ou, plus dans mes cordes “Une claque sur les couilles et au lit“, on se rend compte que personne ne les lit pour cause de vie sociale, eux, on glande sur Tinder, on télécharge adopte un mec pour la neuvième fois, on se rallume une clope, on comprends enfin que BFMTV nous balance la même info en boucle depuis 2H et tout à coup… on se fait chier !!

Face à nous une question: suis-je alcoolique ou trop intelligent pour supporter la programmation télévisuelle du vendredi soir ?

Comme la réponse se trouve évidemment dans la deuxième partie de la question, on a très très vite envie de partir fêter cette heureuse nouvelle. Une douche, un coup de parfum, une chemise fraichement repassée et une paire de souliers cirés, nous voilà beaux comme des crèches, prêts à affronter à nouveau la jungle nocturne !

Comme dit le poète “on se reposera quand on sera mort” ou le saint patron des chasseurs alpins “toujours au bar, jamais malade”. 

TGIF les copains !!

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