TGIF – Thank God It’s Friday | Thank God It’s Holiday

by • Jul 31, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)2461

Alléluia !

Nom d’un séant de jeune fille nous y voici !

Le costume de bain est lavé, la serviette pliée, les chemises repassées, les solaires ajustées, les vacances peuvent commencer.

Si pas mal de petits chanceux ont déjà quitté la machine pour rejoindre divers lieux de villégiature, nous sommes désormais dans la dernière ligne droite.

Depuis lundi on le sent déjà. Les réponses automatiques aux messages se multiplient, les bureaux sont vides, les écritos “congés annuels” décorent les devantures des commerces de proximité et l’expression clé principale semble être “plein le cul là, pas fâché de me barrer vendredi soir !”.

Qu’on soit clair, la dernière semaine de juillet a un double intérêt: c’est la dernière avant les vacances, donc on sait que c’est bientôt la glande. Comme c’est la dernière semaine avant les vacances, autant attaquer directement la glande.

Ainsi, c’est au terme d’une semaine où les journées commencèrent à 9H30 pour se finir à 19H tout pile que je charge ma valise d’articles neufs et à la mode, afin de faire couiner dans la cabane à matelas.

Ayant déserté les plages de la côte d’Azur depuis quelques années au profit de la côte Atlantique et/ou Corse , je n’ai plus droit à quelques aspects qui flattaient son homme:

– L’odeur de la flore locale en ouvrant la vitre de la bagnole en sortant de l’autoroute.

– Le beau temps quasi assuré.

– Le “tchi tchi tchi tchi” des cigales, ou des grillons, enfin des bestioles quoi.

– Les ploucs aux tatouages tribales sur les plages.

– Les fameuses cagoles !

Qu’est ce qu’une cagole exactement ? Voici une définition en forme d’abécédaire piquée dans Nice Matin.

Née à Marseille il y a un siècle, la cagole rayonne désormais dans le grand Sud, avec un faible avoué pour le littoral varois. De Toulon, elle a même fait l’un de ses bastions. 

Chantée par Aïoli ou Massilia Sound System, cette femme fragile et customisée n’en reste pas moins une prédatrice sans pitié. Une figure locale qui passionne ou rebute, effraie ou émeut, mais ne laisse jamais indifférent.

A comme aguicheuse 

Hiver comme été, la cagole ne s’embarrasse pas de tissu. C’est ainsi qu’elle attrape le sportif musclé dans ses filets et de sérieux rhumes dans la foulée.

B comme blonde 

Parfois fausse, souvent brune ou version bicolore, mais sans jamais trahir l’esprit doré.

C comme «cagoulo» 

Nom du tablier porté par la grand-mère de la cagole: la fameuse trieuse de dattes marseillaise du siècle dernier. Cette travailleuse pleine de courage était réputée – à tort ou à raison – pour sa propension à user de ses charmes afin d’arrondir un maigre salaire.

D comme danger

L’espèce serait menacée par la radasse, cousine qui prolifère dans les environs du port de Toulon.

E comme élevée 

Parfois mal, parfois pas, parfois seule. Parfois bien, mais ça se voit rarement.

F comme fût 

La Cagole est aussi le nom d’une bière lancée par deux Marseillais, il y a six ans.

G comme gomme à mâcher ou chewing-gum 

Constitue l’essentiel de son régime alimentaire.

H comme hautaine 

La cagole ne sourit pas ou peu. De peur, en réalité, d’accentuer le vieillissement de son visage ou de faire péter ses lèvres botoxées.

I comme incomprise

Par extension : fragile et touchante.

J comme jupe 

Moulante et courte.

Très courte. « Dis, t’as vu ? On lui voit la pachole », ont constaté certains ethnologues.

K comme kakou (ou cacou ou cake)

Le mari de la cagole. Possède son propre abécédaire.

L comme légère 

Si elle avait des ailes, la cagole volerait.

M comme mascara 

Chaque matin, la cagole étale une large couche de peinture, de la paupière à l’iris, le tout couronné d’eye-liner. De fait, la cagole ne possède pas une très bonne vue.

N comme nombril 

Piercing oblige, bien plus visible que le cerveau chez la cagole.

O comme ongles 

Longs et colorés. S’en occuper est sa principale activité avec la danse, le bronzage, le téléphone et la respiration.

P comme plastique 

Au fil du temps, une partie de la population cagolette a muté, plastifiant ce qui n’était pas assez «tanqué ».

Q comme QI 

En hausse sensible lorsque deux cagoles se tiennent par la main: c’est alors qu’apparaît enfin une synapse.

R comme rehaussée 

La cagole est toujours montée sur échasses, ces fameux pilotis qui la signalent de loin.

S comme string 

Porté de manière ostentatoire, il est aussi indispensable à sa panoplie que les lunettes de soleil. Peut l’oublier dans la «nighttt!».

T comme tendance 

La cagole est à la mode, ou plutôt à sa mode. Son mauvais goût est une marque de fabrique, une fierté. À tel point que cela en devient presque raffiné.

U comme UV 

Si elle ne migre pas, la cagole n’en est pas moins toujours bronzée. Dort à la plage l’été, dans un solarium l’hiver. Renforce le tout, si besoin, avec du fond de teint.

V comme vulgarité 

Ainsi la cagole y va de son accent prononcé pour la prononciation forte et accentuée du parler provençal et/ou populaire. Jargons qu’elle torture à merveille quand il s’agit de s’engatser. Car, c’est bien connu, la cagole «craint dégun».

W comme Wonderbra® 

Son charisme peut être, suivant sa capacité pulmonaire, relevé par quelque armature.

X comme les films 

La cagole s’insurge de ce qu’on la traite de temps en temps comme une actrice du genre.

Y comme «Yaiiiiii!»

Cri de ralliement des cagoles qui l’utilisent aussi en début de phrase. Ajoutent souvent «J’adore!» pour étayer leur propos et «Salette!» pour exprimer un étonnement.

Z comme Zèbre 

Est au cheval ce que la cagole est à l’homme : une espèce bravache, sauvage et inutile qui nargue la faune avec ses motifs léopard.

La cagole a pour particularité de parler fort, d’avoir un accent qui, charmant sur les autres, casse les oreilles quand ça sort de sa bouche, porte des piercings dégueulasses dans le nez, dans le nombril ou sur le coin de la bouche et qui, élégance ultime, n’hésite pas à arborer des paréos aux couleurs rappelant un vomit de lendemain de féria.

Attention, l’effronté n’est pas matcho. La cagole est une chose, son pendant masculin en est une autre. Généralement brun, du gel plein la gueule, body buildé à souhait, portant le fameux tiercé gagnant tee-shirt blanc col V, chaine de vélo autour du cou et sandales “claquettes” aux pieds, cet être au physique disgracieux et à l’accent lui aussi dérangeant installe constamment sa serviette à côté de la votre. Volonté louable d’intégrer les touristes aux us et coutumes locales, le sudiste parle de ses expériences le plus fort possible afin que l’assistance puisse en profiter et s’en délecter.

Ayant récemment eu la chance de poser ma serviette sur un coin de sable à la limite entre le Var et les bouches du Rhône, j’ai donc pu moi aussi m’instruire grâce à un indigène.

Dialogues:

– Hey ça mousse ?

– Oh m’en parle pas, je suis foncecar, le pot de gel sur la langue et les cheveux qui font du bruit en poussant.

– Oula, grosse bringue ?

– Ma parole c’est pas une grosse bringue dont je te parle ! C’est LA bringue ultime. T’as tout raté putaing.

– Ah putaing je me sens roulé comme jamais, Jess m’avait fait promettre de rester diner avé les beaux-parents. Son père a touché le dernier Mégane il voulait nous le faire voir.

– Le nouveau Mégane ? Déconne !! Putaing mais tu dois le fumer toi avec ta clio RS !

Le fumer ? Taing tu déconnes ou quoi ? Je l’encule dès le 1er feu rouge ! Et donc toi la bringue ?

– J’étais avec des potes, y’en a un, c’est un collègue au serveur. Il nous a mis Malibu sur Malibu ! 

– Des Malibu ? Oh les gars c’est pour les gosses le Malibu. Des gonzesses les gars ! 

– Qué gonzesses ?? T’es un ouf toi ! C’est super traitre cette connerie. J’ai dégueulé dans la voiture à Caro. Elle a essayé de m’engueuler mais moi je me fais pas emmerder par une gonzesse ! Et pis en parlant gonzesse, hier soir, c’était un festival ! 

– Déconne ? Vous avez chopé un peu ?

– Tu déconnes ou quoi ? On a tous donné dans les chiottes et dans le parking ! 

– Oh ta gueule y’a les femmes qui arrivent !

Ces deux glandus qui ont ameuté toute la plage pour expliquer qu’ils trompaient leurs femmes allègrement tout en assumant clairement un côté bof (accent de merde, “collègue a”, Clio RS vs nouveau Mégane) m’ont définitivement convaincu que j’étais devenu un connard de snobinard réactionnaire et que la seule façon pour moi de supporter de partager un bout de sable était de le faire sur une plage suffisamment large pour me laisser ronquer.

Plages de sable blanc en Corse, immenses étendues quasi immaculées sur l’Atlantique.

Putain, TGIF, Thank God It’s Holiday !!!!

 

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