Je suis pas du matin.

by • Feb 03, 2016 • LifestyleComments (0)1086

Je ne suis pas du matin. Je n’arrive pas à sortir de sous la couette. C’est comme ça. Ça a toujours été le cas. Pour moi la journée idéale commence à midi. De ce fait je suis systématiquement en retard (pas sûre que ce soit lié étant donné que je suis en retard même le soir).

Le matin est une épreuve pour la plupart des gens. Cependant, certaines personnes hyper chiantes ont l’outrecuidance de se lever tôt le matin. Les morningophiles, comme on dit, (moi je préfère le terme d’enfoirés) se réveillent comme des fleurs à 6h du mat’ et, non contents de nous foutre les boules avec leur super-pouvoir, osent en profiter avant d’aller bosser. Ils rentabilisent leur temps pour faire du sport, de la méditation, prendre un petit-déjeuner équilibré (avec un smoothie de fruits frais ces batards) et rédiger un texte très inspiré sur la paix dans le monde et l’amour entre les peuples parce que oui, ils sont comme ça les gens du matin, ils aiment la vie et les demi-pamplemousses (beurk beurk beurk). Ce genre d’individu exécrable poste sur Instagram des photos du soleil qui se lève à la fenêtre de leur chambre, de rondelles de bananes dans du muesli bio et de leurs supers baskets dans un parc vide où ils font leur jogging de gens-cools. En bonus, leur mantra débile du jour #EnjoyTheDay, #LifeIsBeautiful, #MyPooIsGreen.

#GoFuckYourself

Mon rituel du matin est bien moins instagramable. Déjà, mon réveil sonne pendant plus d’une heure avant que je me décide à sortir ma tête ébouriffée de sous la couette. Là où les morningoFDP ont raison, c’est que le point du jour est doté d’une aura philosophique particulière. Le matin je prend conscience de certaines réalités  :

  • J’aurais du me coucher tôt. Ce soir, juré, je me pieute à l’heure des poules, comme promis tous les jours depuis mes 14 ans. Echec.
  • Je devrais arrêter de fumer parce que je sens plus ma gorge.
  • Je déteste mon job, mes collègues, mes voisins, les animateurs radio (surtout eux), les gens, le monde. Et au fond qu’est-ce qui m’empêche de rester là, à poil dans mon lit hein ? Franchement? L’univers  peut bien tourner sans moi.
  • Putain mais qu’est ce que mon lit est confortable ! La couette est chaude, les draps sont doux et l’oreiller est trop moelleux….
  • Pour peu que quelqu’un partage mon lit je trouve soudain cette personne très attirante, douce et désirable (la place est à prendre à ce propos, si certains lecteurs sont intéressés, qu’ils se manifestent).

Coup d’oeil sur le réveil… bingo ! C’est l’heure à laquelle je devrais être au boulot (pas l’heure d’aller au boulot hein, l’heure d’allumer mon mac et de commencer mon taf) et je suis toujours au fond du lit, nue, laide, les cheveux en l’air. Borborygme inaudible et incompréhensible. Non, je n’ai pas le temps de me faire le petit dej’ des champions avec pancakes et fruits frais, ce sera café/clope devant mon fil d’actu twitter, histoire de savoir ce qui s’est tramé dans mon dos pendant mon coma nocturne. C’est le moment que choisi le chat pour aller se rouler dans mes draps. Comme si cet animal satanique attendait toute la nuit pour me prendre ma place et me narguer depuis ma couche en s’étirant. Je règlerais ton cas plus tard Lucifer.

pas du matin

Ma salle de bain devrait sérieusement être étudiée par une équipe de scientifiques puisqu’elle est exactement située sur une faille spatio-temporelle, ce qui provoque une distorsion du continuum espace/temps TMTC. Comme dans Contact avec Jodie Foster. Je pense avoir fait un aller-retour derrière le rideau de douche pour me laver vite-fait-bien-fait et en fait cela m’a pris 40 minutes. Un mystère je vous dit. Viens ensuite le moment où la  buée disparaît du miroir et que je réalise soudain que j’ai vraiment une gueule de merde. C’est l’ultime réalisation du matin. Celle qui te fait affronter la vie avec le sourire parce que oui, quand on est moche, on en a plus rien à foutre. Par respect pour mes collègues, qui n’ont pas demandé à subir la vue d’une telle abomination, je me tartine la tronche avec une bonne couche de produits bien chers, ce qui ne change, finalement, pas grand chose. Quand à discipliner mes cheveux c’est peine perdue. Mon crâne est une zone de non-droit où un système capilo-anarchiste applique sa propre loi, à savoir, le bordel intégral.

S’en suivent ensuite les fameux rituels tels que « Comment je vais m’habiller ?», « J’ai rien à me mettre », « En fait cette tenue ne me va pas », « Celle-ci non plus », « Bon en fait je vais remettre la première », « Peut-être que non » ad libitum. Seul truc correct que je fais le matin sans faute : mon lit. Parce que merde je suis retardataire, chiante, précieuse, bourgeoise, odieuse, moqueuse, cynique et alcoolique MAIS je ne suis pas bordélique (faut pas pousser hein !).

Lèves-tard de tous horizons ! Oui c’est à vous que je m’adresse ! Les marmottes, les flemmards, les adeptes de la grasse-mâtiné ! Il est temps d’agir ! « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » aka les joggeurs qui boivent du thé détox, les gens qui font du pilates (oui ! du pilates !) et qui râlent parce que les magasins ne sont pas ouverts avant 10 heures. C’est à ces gens là que vous voulez laisser l’avenir du monde ? Un monde peuplé de sonneries de réveil, de matinales radiophoniques (avec un week-end à gagner si vous êtes le 10ème appel au standard) ? Hors de question ! Et mon arrivée au bureau avec une heure de retard ce n’est pas une gaffe : c’est un acte politique mesdames et messieurs ! Une résistance ! Un jour l’avenir appartiendra à ceux qui se lèvent tard !

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