TGIF – Thank God It’s Friday | Complètement jet-lag

by • Feb 06, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)2056

Bonjour à tous,

De retour dans l’hexagone avec un an de plus que la semaine dernière je fais un constat à la fois précis, sec et amer: on se pèle méchamment le cul bordel !

Mais quelle joie de pouvoir balancer des phrases de gros connards comme “laisse tomber j’ai un delta de 35 degrés je suis au bout” ou “non mais tu vois là-bas on sent que les mecs n’ont pas peur de prendre des risques contrairement à ici ou clairement la morosité économique nous paralyse”. Je vous cache pas que ma préférée depuis 3 jours reste quand même le classique “Ce matin impossible de me réveiller je suis complètement jet lag”. Tout ça évidemment à prononcer avec la voix de Cécile Duflot dans les Guignols de l’info.

Il y’en a une aussi que j’aime bien et que je me gène pas de sortir toutes les 20 secondes “c’est top de se barrer en vacances pendant que tout le monde bosse mais là j’ai 200 emails à checker c’est un peu l’enfer.”

Mais oui putain, lâchons nous. On passe nos vies à s’excuser de faire des trucs cools sous prétexte que le pays va mal, à rouler dans des voitures pas chères et discrètes pour pas se faire insulter de sale bourge, enfin surtout pour éviter de se prendre un contrôle fiscal. Moi j’ai décidé de faire le contraire. J’ai pas une tune et pourtant ma page Facebook montre des tours en hélicoptère, des parcours de golf, des week-ends au ski… je suis convaincu que si tout le monde faisait comme moi le pays irait mieux, ne serait-ce que par la relance de l’économie grâce à la consommation des ménages. Pour que les gens gagnent plus, il faut bien que le pognon circule…

Bref, nous disions donc, je suis de retour sur la terre des mes ancêtres à peine 5 jours après l’avoir quitté, fier et beau pays de France, fille ainée de l’Eglise, nations des lumières et des droits de l’homme, qui chantait la Marseillaise à l’assemblée il y’a un mois tout en prônant une unité nationale indéfectible, et qui aujourd’hui fait un concours de bite pour savoir s’il faut voter PS ou FN dans une élection législative partielle dans le Doubs. Le chien aboie, la caravane passe.

C’est marrant mais voici donc quelques jours que je suis rentré de vacances le teint hâlé et la mine reposée, et mes potes mecs me posent systématiquement la même question: “Alors c’était comment Dubaï ? T’as pécho un peu ?” comme si finalement l’idée de l’exotisme et du dépaysement consistait à demander à une fille si on pouvait envoyer sur ses fesses, mais en langue anglaise !

On avait abordé ce sujet pendant l’été, à l’époque des préparatifs des grandes vacances. Dans mes souvenirs, nous avions conclue qu’effectivement, même si les paysages sont beaux, que la météo est bonne et que le rosé était servi à bonne température, on se rappelle quand même davantage de la petite brune à la bouche pulpeuse qui s’est occupée de notre cas sur la plage à 3H du matin que de la partie de pêche entre potes.

Alors non je n’ai pas chopé à Dubaï. Pour plusieurs raisons dont certaines ne regardent que moi, mais aussi parce que la faune locale est tout de même assez spéciale. Concrètement, il y’a une forte probabilité pour que la grande blonde au doux accent slave, aux jambes interminables, aux seins gonflés à l’hélium et qui vous reluque depuis une heure derrière sa coupe de champagne soit payante. Ce n’est pas parce qu’ici il fait chaud que subitement une fille qui pourrait faire la Une de Vogue s’intéresse à vous gratos. Si jamais vous mordez à l’hameçon, que vous lui rendez ses regards et que même, dans un élan d’enthousiasme bientôt douché vous leviez votre verre façon James Bond pour mimer un “cheers”, voici le type de conversation que vous risquez d’avoir:

– Salut toi, tu vis à Dubaï ?

– Euh… salut ! Non non je suis là en vacances, je viens fêter mon anniversaire ici chez un pote qui habite là.

– Oh c’est ton anniversaire ?? Et du coup tu voudrais pas qu’on aille fêter ça tous les deux dans une suite de l’hôtel ?

– Ah bon ? Mais c’est à dîre c’est à quel sujet ?

Je pense que tu m’as compris. Prends nous une suite, commande une bouteille de champagne et si tu me donnes 500$ je pense qu’on pourrait bien fêter ça.

Tout ça évidemment dans un Anglais impeccable.

En revanche, je vous laisse imaginer le coût de l’opération si j’avais cédé à ses charmes…

Dubaï est une ville, enfin plutôt un émirat, dans lequel n’importe quoi s’achète à n’importe quel prix. Enfin n’importe quel prix… pas pour n’importe qui. Pour ceux qui ont une image de Dubaï avec des boites de nuit immenses, des putes en pagaille qui dansent autour de magnums de champagne et des voitures à minimum 200 000€ garées devant, et bien c’est pas faux, mais en fait pas plus qu’à Courchevel ou Marrakech.

Bon, cette nana est un tapin, c’est admis, mais elle a le mérite d’annoncer la couleur direct. Sex for money, money for sex, chacun est libre de croquer ou non tant que ceci est réalisé dans un respect mutuel.

Mais un pays où l’argent coule à flots attire forcément des gens de toutes parts. Les Français y sont d’ailleurs très bien représentés. Certains sont venus ici pour monter une entreprise, d’autres sont envoyés par des groupes français pour développer une marque dans le Golfe, ou encore attirés par la perspective de trouver un job beaucoup plus facilement que dans notre hexagone.

Parmi tout ce beau monde, il y’a une espèce rencontrée à maintes reprises et qui nous casse toujours autant les oreilles dans un coin fumeur: la fille dans le marketing du luxe.

Ici toutes les marques ont des points de vente, dont nos fleurons que sont Cartier (racheté par le groupe Suisse Richmond), Dior, Chanel, Hermès et tout l’orchestre. De fait, ils ont besoin de ces petites mains indispensables pour vendre leurs oeuvres d’or et de tissu.

Je comprends parfaitement que le marketing du luxe allie deux termes qui fassent rêver la jeune étudiante en école de commerce. Un peu comme la petite qui rêve de faire de l’évènementiel et de se retrouver à la place de Cathy Guetta à organiser des soirées à Miami. Le marketing du luxe… c’est luxe ! Un prof m’avait sorti une phrase une fois qui m’avait bien fait marrer à propos des filles qui réussissent dans la finance ou dans des professions autrefois réservées aux hommes “c’est une battante celle là, une vraie bosseuse. Enfin elle fait pas du marketing du luxe quoi…”.

Expliquant à une fille qui était venue troubler ma quiétude alors que je fumais une tige en contemplant une vue idyllique sur quelques grattes-ciel que je vivais à Lyon et que je faisais du digital, celle-ci s’est sentie obligée de me fumer la tête avec ses histoires de colliers à 20 millions d’euros avec des diamants venant de je ne sais quel pays africain, probablement ramassés dans des conditions exécrables, tout en se foutant ouvertement de ma gueule.

– Quoi ?? mais tu habites à Lyon ? et ça va pas c’est pas trop la misère ? 

Avant de répondre à son pote qui lui demandait ce qu’elle voulait boire

– Hum, je sais pas, pas envie d’alcool fort ce soir, prends nous un truc simple, genre une bouteille de Dom Pé.

Qu’on soit bien d’accord, le marketing du luxe est un secteur complètement bouché où les rares nanas qui réussissent à trouver un job sont smicardes jusqu’à leurs 30 ans, âge à partir duquel elles pourront espérer être augmentée de 132€ tous les 3 ans jusqu’à la fin de leur carrière.

Mais ici à Dubaï c’est différent. Quand dans une soirée lyonnaise vous vous sentez presque obligés d’offrir un verre à votre interlocutrice pour ne pas qu’elle se retrouve à découvert, ici elle se permet de vous considérer comme un plouc parce que vous n’êtes pas dans la finance et que vous n’avez pas encore commandé la dernière Porsche 911.

En clair, grâce à l’absence de notion concrète de ce qu’est l’argent dans les Emirats, cette pétasse qui devrait normalement trouver la fin du mois un peu longue à partir du 10 gagne ici 6000€ par mois et se sent donc l’envie de vous mépriser

Concrètement, si vous voulez choper à Dubaï, ne dites pas que vous êtes community manager à Lyon. Essayez d’arriver les couilles à l’air dans un couvent ça fera à peu près le même effet.

Ce que j’essaye de vous dire, c’est que ce charmant coin du globe est un eldorado pour faire du fric, c’est indéniable. Ici tout semble possible car chacun se sent l’âme d’un explorateur en quête de nouveaux territoires à conquérir. Cette morosité que nous connaissons en France n’existe pas là bas et clairement il est possible de faire des fortunes colossales en un rien de temps. Attention, il s’agit tout de même de bosser. Comme disait mon grand-père “le seul endroit où l’argent arrive avant le travail c’est dans le dictionnaire”.

Si jamais vous souhaitez rester en France, rien ne vous empêche de vous démarquer, de faire de bonnes études, de travailler dur, de monter une entreprise rentable et prospère… certes vous paierez des impôts, mais j’espère tout de même que votre objectif principal est d’abord de gagner plus avant de payer moins.

Et puis Dubaï il fait beau, il fait chaud… même plus de 50 degrés l’été, mais au fond, est ce qu’on n’est pas plus heureux à se siffler un petit coup de pinard en terrasse avec une planche de charcuterie ?

Je vous laisse seuls juges !

TGIF !!!!

3,752 total views, 1 views today

Related Posts