TGIF – Thank God It’s Friday | Romantisme et naisieries

by • Feb 12, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)1541

Salut les coquins,

Tous les ans ça me prend par surprise alors que j’aime vraiment pas ça. Je ne sais pas si les giboulées de mars à la mi-février expliquent à elles seules le dérèglement climatique, mais la gueule du Franprix à côté du bureau ne laisse planer aucun doute sur la calamité annuelle qui s’apprête à nous tomber sur la gueule: la Saint-Valentin.

Mes enfants quelle misère. Je sais bien que le Franprix du coin n’est pas l’étage Lifestyle du grand magasin Macy’s à New York, mais enfin là c’est vraiment la gerbe. Ces cons là n’ont rien trouvé de mieux à foutre que de poser un mauvais plateau en inox à côté de la caisse, sur lequel trônent deux coupes en faux cristal, un sachet de truites saumonées fumées, une bouteille de champagne d’une marque inconnue au bataillon et enfin, évidemment, 2 serviettes rouges pliées en coeur, histoire d’être sûr que tout le monde comprenne le sens de la mise en scène.

Depuis quelques jours déjà on se coltine les mêmes blagues et jeux de mots pipés que les autres années autour de la Saint Valentin, à grands coups de “Moi cette année c’est la Sans Valentin” ou ce statut Facebook qui devrait être sanctionné par de la prison ferme “Si à la Saint Valentin elle me tient la main, vivement la Sainte Marguerite…”.

Fermez vos gueules. Le seul qui m’a fait marrer était en gros celui là “En février il y’a deux fêtes. A la chandeleur on fait sauter les crêpes, à la Saint-Valentin… voilà voilà.”

Le pire, c’est que même si on n’aime pas ça et qu’on a bien conscience que cette fête est merdique, on se tâte quand même toujours un peu quand on est en couple. Enfin on se tâte surtout par peur d’éventuelles représailles… Le système de questionnement ressemblant à peu près à ça:

– Si j’offre un truc je passe pour un niais ?

– Si j’offre rien je passe pour quoi ?

– Je fais quand même péter un petit resto pour marquer le coup ?

– Je fais le coup du dîner à la maison tous les deux en arguant qu’on n’est pas des ploucs mais que tout de même la St Valentin faut la faire en tête à tête ?

Bref, nous voilà repartis plein fer pour la fête annuelle de la niaiserie où les filles vont nous casser les couilles, où les restaurateurs nous attendent la bave aux lèvres, prêts à nous allumer la gueule avec un menu unique genre “Formule Cupidon” à 40 balles pour bouffer de la merde et où les fleuristes cherchent à nous matraquer en vendant la rose au prix de la queue de langouste.

Enfin je dis ça… J’en m’en cogne un peu, je me sens pas concerné par cette fête. Personne n’a l’air de se sentir concerné d’ailleurs puisque dès qu’on demande à un pote s’il sort bobonne le 14 février, il prend un air faussement dégoûté mais assurément snob :

” Ah non merci bien, franchement la Saint-Valentin je supporte pas cette fête. Je trouve ça méga beauf en plus…”

J’ai pas peur de le dire, j’ai déjà fêté la Saint-Valentin. Bon, la dernière fois que j’ai fait un cadeau c’était un livre de Sudoku en 2006, mais enfin tout de même.

A la rigueur, s’en sortir avec un petit cadeau l’air de rien, c’est pas si terrible. Mais une année, je me suis carrément fait un resto un soir de 14 février. C’était dans ma tendre jeunesse et je m’étais fait baiser la gueule par une blondasse aux seins lourds qui m’avait convaincu du bienfondé d’aller diner au resto. Certes, le jour où on a distribué le romantisme, j’avais du ouvrir mon parapluie, mais enfin de la à m’imposer un truc pareil…

Ceci dit, jusqu’à ce jour tragique, j’avais épargné à mes petites copines ce spectacle insoutenable qu’est un restaurant un soir aussi cul-cul. On se serait cru au dancing. Madame avait sorti sa jupe blanche à ras la salle des fêtes qui laissait deviner un tanga violet, bientôt tacheté de jus de cyprine grâce à la bouteille de champagne commandée par Monsieur, chemisette noire à manches courtes et boutons carrés. Ça sentait l’aquavelva, le patchouli et le vieux pento, ça se faisait des soupes de langue à moins de 2 mètres de mon verre de rouge et ça se regardait avec des yeux de merlans frits comme s’ils étaient seuls sur Terre.

Heureusement, je sélectionne plutôt bien mes copines et il est rare que je tombe sur une acharnée des pétales de roses en forme de coeur sur le plumard. Toutefois, même si elles argumentent qu’elles n’aiment pas ça, qu’elles n’ont pas des coeurs tendres et qu’elles font pas des cacas papillons, elles font évidemment la gueule si on fait que dalle pour le 14 février.

Du coup dans le doute, j’offre toujours un cadeau con. Du style “tiens en allant acheter mes clopes j’ai trouvé ce briquet avec un coeur. Ca te fait un cadeau de Saint-Valentin et ça t’évitera de me piquer systématiquement mon feu”.

En clair: cadeau qui n’en est pas un, donc j’ai fais un geste sans tomber dans la niaiserie, en plus cadeau utile genre comme ça tu ne me feras plus chier à me piquer mes affaires. On sauve les apparences, notre copine nous fout la paix pour la soirée, et en plus ça donne un petit côté mignon mais détaché. CQFD.

Je ne prends pas grand risque en affirmant que le romantisme et l’amour ne doivent pas être imposés par une fête calendaire et que de fait cette escroquerie commerciale qu’est la Saint-Valentin n’est qu’un moyen de faire consommer le chaland entre Noël et les premiers barbecues du printemps. Attention, je ne juge personne et surtout chacun a bien le droit de sortir sa grosse le 14 février si c’est le seul moyen qu’il ai trouvé pour lui limer le dindon en levrette claquée.

De toutes façons, avec moi, les filles ont l’impression que c’est la Saint-Valentin tous les jours.

TGIF !!

 

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