Trentenaire célibataire à Noël

TGIF – Thank God It’s Friday | Trentenaire célibataire à Noël

by • Dec 18, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)3565

Salut les coquins,

Nous voici désormais officiellement à une semaine de la Grande Bouffe et des petits cadeaux. Dans exactement 7 jours vous serez en train de vous faire tout beau dans l’espoir certainement déçu d’influencer votre grand-mère au moment de remplir le montant de votre chèque annuel, et parce que finalement même si ça vous casse les couilles, c’est pas noël tous les jours.

Même si je me situe largement dans le rang de ceux à qui effectivement noël casse les couilles, j’ai tout de même l’impression que ce postulat relève du dernier chic. Depuis le début de l’avent, rares sont ceux avec qui j’aborde ce sujet qui se montrent particulièrement enjoués à l’idée de cette fête. Tous ont un truc à redire, que ce soit l’angoisse de se retrouver à côté de l’oncle dépressif qui va plomber l’ambiance avant d’avoir descendu la première bulle du champagne premier prix ramené par le grand cousin mange merde, ou l’idée de se prendre des réflexions à la con sur notre situation pas mirobolante mais en devenir. Du genre “Moi à ton âge j’avais 2 enfants, j’étais propriétaire et je roulais en Alfa Romeo”. Oui mon grand, et aujourd’hui t’es divorcé, tes gosses te prennent pour un loser, ce que tu es, t’es toujours en Alfa, ce qui n’est pas bon signe et tu vivais dans un pays en croissance de 5% et de plein emploi. Si vous répondez ce genre de trucs, vous toucherez au 3ème point qui peut refroidir avant les fêtes: l’ambiance familiale.

Me concernant je peux déjà vous faire le tableau. Je vais me pointer le 25 à midi chez mon père et, comme depuis à peu près 13 ans, je vais entendre cette putain de même blague qui n’en est pas une “Dis donc, tu t’es rasé avec une tartine beurrée ?” avant d’avoir eu le temps d’ouvrir le coffre pour sortir les cadeaux, tandis que ma grand-mère me demandera si je me suis converti à l’islam. Cette année avec ces histoires de DAESH, la blague risque même d’être “Vu comme t’es rasé, ce sont certainement des gens de ton entourage qui sont allés au Bataclan”. Ce sera donc ni drôle ni de bon goût, mais enfin les paris sont pris.

Bref, outre ces raisons énumérées à l’instant qui font que beaucoup n’aiment pas Noël, rejoignant donc à peu près mon ressenti sur le sujet, une question structurelle me semble être la cause de ce rejet.

Lorsque l’on est gosse, on adore Noël grâce aux cadeaux, aux décorations, aux lumières, aux chants, aux publicités et toute l’ambiance. Lorsque l’on est père on adore à nouveau car nos enfants sont heureux, qu’on les voit s’émerveiller et que mine de rien tout ça nous rappelle nos propres noël d’autrefois. Mais entre ces deux étapes il y’a la période ingrate: la trentaine célibataire et sans enfant.

Pour nous autres laissés pour compte mais frères et cousins d’honnêtes gens ayant réussi à se trouver quelqu’un ou quelqu’une ayant bien voulu leur refourguer une descendance, les fêtes de famille sont longues et ressemblent surtout aux joies d’occuper la banquette arrière du véhicule familial parental en direction de chez la grand-mère, comme si on avait toujours 12 ans. D’ailleurs, même à 30 ans, votre statut d’éternel célibataire en comparaison avec vos frères qui eux, ont un statut marital, vous place direct dans la position du cotorep de la famille qu’on ressort une fois l’an pendant les fêtes.

Allez savoir pourquoi, alors que votre mère ne vous a plus engueulé de manière concrète sur des questions d’éducation depuis des années, vous allez prendre des tacles à la jugulaire parce que vous aurez repris 2 fois du pain, qu’on ne fume pas entre le fromage et le dessert et que “Adrien, t’es gentil, tu n’envoies pas de SMS pendant l’apéro s’il te plait”. Bref, votre statut durement obtenu de jeune homme responsable, indépendant financièrement et droit dans ses bottes va voler en éclats le temps des fêtes pour vous faire rétrograder au rang de peigne cul à peine sorti de l’âge bête, vous, le puceau pas foutu d’engrosser l’une de vos contemporaines.

Force est de constater que mes frères sont mariés, ou assimilés, et ont des enfants qui égayent les fêtes de fin d’année. Alors du coup il y’a les gosses, les parents, et point barre. Vous, le trentenaire célibataire à Noël, avez depuis plusieurs années votre petit rôle bien défini: faire le service, porter les paquets un peu lourds, couper le pain et veiller à bien virer le papier des paquets qui encombrent le plancher du salon une fois les cadeaux déballés pendant que tout le monde s’extasie devant un môme de 9 mois semblant être en admiration devant un doudou Made in China.

Soyons justes, il est bien évident que la vision de petites têtes blondes s’émerveillant devant un sapin surplombant plein de cadeaux est plus féérique que ma face de pet en train de m’empiffrer de foie gras.

Pas 36 solutions, il faudrait donc que moi aussi je ramène une petite femme et des mioches sous la sapin pour que Noël refasse de moi le ravi de la crèche. On en parlait avec un pote récemment, il est peut être temps pour nous de raccrocher les crampons et de devenir des pères de famille responsables. Et si on arrive tant bien que mal à se persuader que foutre des danses nocturnes à des bonnes amies en leur mettant le cul dans le lavabo et une jambe sur chacune de vos épaules faisait parti de l’histoire ancienne, la perspective de se trouver face à l’autel et dire “Oui” aux questions du curé me fout personnellement une angoisse terrible.

En fait ce sont surtout les exemples des copains qui me foutent une angoisse terrible. On a trop connu de potes jadis marrants qui ont cru bon de suivre le modèle de la famille nucléaire de préférence de droite et catholique, où il a fallu épouser manu militari la première qui avait tenu plus de 2 mois avant de valdinguer, sous peine de faire de la peine à “maman”, sans compter que “beau-papa prête sa voiture de collection pour l’occasion” et qu’on veut se marier “tant que bonne-maman est encore parmi nous”.

Et donc si c’est pour se retrouver après 6 mois de mariage avec la télé dans la chambre, un coït furtif sans aucun plaisir mais essentiel en période d’ovulation dans le seul et unique but de reproduire la fin de race, je crois que je préfère me goinfrer seul dans mon coin en regardant les gosses jouer avec leurs nouveaux joujoux d’un air bienveillant, mais surtout bourré !

Si jamais j’en trouve une sympa qui sait apprécier les cotes de bœuf, la bière et la déconne mais qui sait en même temps être présentable à un cocktail à Crans-Montana… le genre à se foutre du Sandro sur le cul et à rouler en Q3 tout en partant se rouster dans des boites de nuit où on peut choper une chaude pisse rien qu’en serrant la pince du videur, enfin le genre de meuf avec qui on va se fendre la gueule, grossir, bouffer, baiser et être heureux, je reverrai peut être mon jugement.

En attendant TGIF les copains !!!

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