TGIF – THANKS GOD IT’S FRIDAY | 25 Avril 2014

by • Apr 25, 2014 • T.G.I.F.Comments (0)1819

Comment ils vont ?

Nous voilà jeudi soir et j’ai l’impression de ne pas avoir commencé la semaine ! Qu’est ce que c’est bon ces week-ends de 3 jours nom d’un cul, on a le temps de bringuer, de voir les copains, de passer un peu de temps avec Roger, la famille… bref, 3 jours est définitivement le format de week-end idéal, et il n’est pas exclu que je me mette assez rapidement à adopter ce rythme. Etre gérant de ma boite me coûte assez cher pour ne pas profiter des maigres avantages qu’elle peut m’offrir ! Je déconne, je ferai ça quand je serai riche, si je deviens riche…

J’ai pensé à cet odieux prêche que je vous ai forcé à lire la semaine dernière, parlant de l’importance du poisson le vendredi saint quand je me suis retrouvé avec une entrecôte de compère dans mon assiette… j’ai bien l’impression que pour moi, la porte du paradis va être comme celle des Caves du Roy et que je vais finir par attendre les copains assis sur le capot d’une bagnole.

Un peu comme pendant les fêtes de Noël, pas mal de copains rentrent au pays pour ce long week-end, permettant de passer des belles et bonnes soirées tous ensemble. Ainsi, nous avons pu avoir la chance de serrer la louche d’un des effrontés les plus réputés, jadis parti traquer la gueuse vénale et peu farouche en Pologne, aujourd’hui exilé fiscal en Irlande et demain certainement patron d’une boite à Lady Boy à Pattaya. Phil M, joie ce fut que de partager cette crêpe au Nutella avec toi et tes AirMax oranges.

Il y’a quelques semaines, nous avions abordé les joies de la rencontre avec la belle-famille, l’angoisse avant de serrer la main du beau-père et de s’asseoir à la droite de la belle-mère, devenue Saint Pierre pour l’occasion. Comme la famille de Roger est très sympathique, rend les gens à l’aise et semble tout à fait m’apprécier, enfin me tolérer en fait, ce déjeuner si redouté était finalement une promenade de santé. Enfin promenade de santé… en sortant de table avec 1 gramme et demi tout de même !

Comme j’ai le bras vengeur, à défaut d’être long, j’ai forcé Roger a me suivre à la capitale pour lui faire subir la mienne, de famille ! Et puis pas pour le déjeuner à la noix coincé entre mon frère et ma nièce non, pour un double baptême !

Divorcés depuis 1992 et s’appelant respectivement “Chère Madame” ou “Cher Monsieur” dans des lettres qu’ils s’envoient par avocats interposés, mes parents allaient se retrouver dans la même pièce pendant 3h, devant même partager la même table, ce qui n’était pas arrivé depuis la salle d’audience du tribunal. Pour faire court, je pensais avoir plus de chance de chier un lingot que de voir un truc pareil de mon vivant. Croyez moi bien que j’aurai préféré le pognon. Du reste, mes frères ont soigneusement évité de se marier, nous offrant un répit jusqu’à ce jour funeste de dimanche dernier. Mon grand-père avait bien tenté de foutre la merde en succombant à sa 56ème crise cardiaque, mais les larmes avaient embrumées ma vision de ma mère claquant une bise au père pour lui adresser ses, n’en doutons pas, sincères condoléances. Enfin là ni larmes, ni fleurs, ni couronnes, la belle-mère (femme de mon père), le beau-père (même concept mais pour ma mère), les grands-mères, frères, belles-soeurs (les meufs de mes frères quoi), tout ce beau monde autour de la table, et aussi du bénitier – on n’est pas là que pour bouffer – et Roger, trônant à mes côtés telle la first lady et attraction de l’apéritif.

Contrairement à moi quelques semaines plus tôt qui m’était pointé en lendemain de race et sans connaître personne, Roger connaissait déjà ma mère, mon beau-père et avait croisé mon père un soir où on voulait dîner tous les deux et que mon père avait décidé de choisir le même restaurant que nous. Après avoir magistralement fraudé dans le TGV, la voilà toute pimpante dans la ville abritant le club que l’on s’apprêtait à battre 1/0 deux jours après. Une bringue le vendredi, une longue – mais alors longue – ballade dans le coeur de la capitale le samedi aprem, un petit dîner d’appoint le samedi soir, la voilà qui se pointe dans sa plus belle combinaison noire devant la salle de la paroisse qui accueillait le brunch familial. Ma mère à droite, mon père à gauche, on a directement la sensation de faire un enfant dans le dos à celui à qui on ne dira pas bonjour en premier.

Roger a fait le bon choix en se jetant au cou de ma grand-mère, patriarche, enfin matriarche, aimée de tout le monde même si on aimerait bien qu’elle la boucle de temps en temps. Cette journée étant celle de l’entrée de deux petites têtes blondes dans la confrérie de la bible, ou dans la chrétienté, à moins que ce ne soit dans l’amical du seigneur et du saint esprit amen, chacun se devait de venir et d’aller en paix, mes frères. Ma grand-mère qui considère mon père comme un traitre (et lui comme une chieuse) est allée l’embrasser comme du bon pain, ce qui d’ailleurs est dégueulasse si on veut se faire une tartine après.

La belle doche, à l’époque ennemie de ma famille maternelle pour cause de bris de famille, même si je pense que mon père était aussi un peu fautif, y’est également allée de sa bise sur la joue de ma mère, de mon beau-père et d’un peu tout le monde.

Je dois bien l’admettre, je redoutais cette journée autant que je l’attendais: voir sa famille réunie pour la 1ère fois dans la même pièce à 27 ans, quand on y pense c’est singulier.

Roger, qui avait bien conscience de tout ça, a quand même bien assuré. La combi repassée niquel, les souliers luisant, les cheveux brushés, les yeux bleutés, les lèvres rougées (comme le poisson mais sans le T) et le (beau) sourire figé. Pour ne pas trop l’accabler, dans un élan de galanterie dont je suis évidemment coutumier, je décida d’aller outre le plan de table et de l’installer entre moi et la soeur de ma belle-soeur, qui n’est pas ma soeur non plus. Bon, au bout de 10 minutes la dite soeur de belle-soeur lui a foutu son mioche sur les genoux ce qui l’a privé de dessert mais a eu le mérite d’attirer l’attention de mes grands-mères sur sa beauté (oui oui, elle envoie la gomme Roger) et sur ses prédispositions de future mère.

Enfin encore une fois, pour elle l’affaire était dans le sac puisque mon beau-père lui avait déjà appris à jouer au billard, que ma mère lui avait déjà présenté toute la famille sur ses albums photo et que mes belles-soeurs avaient hâte de la connaître, elles qui m’ont toujours connu célibataire. Mais enfin tout de même, outre le divorce et le peu d’affection qui entoure les relations entre mes parents, les sensibilités politiques contraires entre mes deux grand mères, l’une ayant voté Mélenchon et l’autre trouvant Marine Le Pen trop à gauche, et le fait que ce soit une grande première, Roger pouvait considérer cette présentation officielle comme un bâton merdeux. Et pourtant, tout le monde fut conquis.

L’une de mes grands-mères, la plus drôle mais celle qui à le plus de principes, l’a complimenté indirectement en lui expliquant que j’avais toujours eu beaucoup de goût, l’autre s’est contentée de lui sourire et de se comporter avec elle comme si elle faisait déjà partie de la famille.

Je dois bien le reconnaître, j’avais envie qu’elle vienne avec moi à Paris, pour le plaisir de passer un week-end avec elle et de se balader dans cette magnifique ville, mais le coup du baptême j’étais pas forcément pour. Je sais bien que c’était pas nous qu’on balançait dans le bénitier et à qui on tripotait le zguègue l’air de rien sous la soutane, mais présenter sa meuf à toute la famille pour une journée pareille, accepter qu’elle figure sur toutes les photos officielles jusqu’à notre mort à tous, c’est déjà un putain d’engagement !

Moi, le dernier de la famille, de tous les cousins même, toujours considéré comme le petit branleur de la bande, on me dit désormais “et comment va Roger ?”, “mais tu n’étais pas avec Roger ?”, et on me prête les clés de la baraque familiale pour la première fois de ma vie.

Pour être pris au sérieux et considéré comme un adulte, j’avais pourtant tenté la barbe de 3 jours, l’obtention du bac, les séjours à l’étranger et la création de boites. Je me suis bien fait chier pour rien. Ce qu’il fallait, c’était Roger !

Bon week-end les effrontés.

TGIF !!

 

 

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