Requiem pour les spaghetti : massacre à la bolognaise.

by • Nov 10, 2016 • LifestyleComments (0)7169

Tribunal de la gastronomie. 17h. La plaignante : une magnifique pâte alimentaire, une penne plus précisément, qui ressemble à la Cicciolina mais avec plus de gluten. L’accusé : vous. Oui vous. Jugé pour avoir massacré froidement la cuisine italienne en vous faisant un piètre plat de pâtes à 5h du mat’, bourré.

L’avocat se tourne vers la pâte et l’interroge avec douceur.

« Allons madame, dites à la cour ce que cet individu a osé vous faire. »

La pâte tremble, hésite, le traumatisme est encore très présent.

« Il…Il… Il a mis sa CRÈME dans ma CARBONARA ! »

La penne , peinée, éclate en sanglot. Un brouhaha indescriptible envahit la salle d’audience. Un vieil Italien se signe avec ferveur.

La juge hoche la tête d’un air contrarié. Elle se tourne vers vous. « Vous rendez-vous compte de la gravité de votre crime ? De la crème ! Dans la carbonara ! Et pourquoi pas des oignons tant que vous y êtes ? On a émasculé des tâcherons des fourneaux pour moins que ça ! Tout le monde sait que la carbonara c’est oeufs, pecorino, pancetta, poivre… basta ! En plus, ça se fait avec des pâtes longues. Donc certainement pas des pennes ! »

C’est alors que l’avocat de la penne, un commis, d’office évidement, intervient.

« Excusez moi. Un autre pâte aimerais témoigner. »

Une seconde penne traverse le tribunal et viens se placer auprès de la première. Nous avons donc une double penne à la barre. La deuxième pâte sanglote.

« Alors voilà… Il… il a sorti son tube et… et il l’a agité au dessus de moi jusqu’à ce que… jusqu’à ce que cette horreur ma gicle dessus comme ça… c’était horrible… »

La juge est sceptique. Elle a levé un seul de ses sourcils, ce qui lui donne des faux airs de Jack Nicholson, en femme. Et c’est très flippant. « Mais attendez… qu’est ce qu’il vous a fait exactement ? » La penne rougit, bredouille. « Il m’a couverte de ketchup ! «

« OOOOOoooh ! » Toute la salle d’audience est sous le choc. Les femmes perdent connaissance. Le vieil Italien est mort sur le coup. Les insultes fusent. « ma vaffanculo, vai! » « La traiter comme une vulgaire coquillette ! Quelle honte ! «  « Ketchup partout ! Justice nulle part ! » Et là vous vous sentez un peu merdeux. Avec deux pâtes en larmes sur les bras et la foule qui vous invective. Zut alors ! Cette fringale de soiffard en valait-elle la penne ? Tout ce tintouin pour une malheureuse goutte de ketchup. Mais vous voilà prévenu, on envoie pas la purée de tomate impunément, espèce de fils de pâte ! Malheureusement pour vous, la juge est carrément vénère, elle est en train de bouillir de rage.

«  VOUS ! je vous rappelle que vous avez déjà eu un avertissement en 2012 pour avoir odieusement mis de la CRÈME dans un risotto aux cèpes et du GRUYÈRE sur de superbes tagliatelles aux oeufs ! On reconnaît là votre mode opératoire avec cette obsession pour les laitages riches en matière grasse. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? »

« Euh… Les produits laitiers sont nos amis pour la vie ? » Y a pas à dire vous n’avez jamais vraiment été doué pour les excuses bidons. Comment croyez-vous que votre ex a compris que vous la trompiez ?

Le visage de la juge est passé par toutes les couleurs du drapeau italien. « COUPABLE ! » Elle vocifère. « Pour non respect des règles élémentaires de la gastronomie et usage de sauces en tube sous l’emprise d’alcool je vous condamne, vous, lecteur de l’Effronté, à vous nourrir exclusivement de bouffe anglaise pendant un an à partir d’aujourd’hui. » Après n’avoir respecté aucune règle concernant le déroulement normal d’un procès (OSEF), la juge ponctue sa décision d’un coup de marteau, parce que nous sommes dans une production américaine (y a du budget chez l’Effronté). Vous réalisez soudain que vous allez devoir vous nourrir de rosbif en boîte, de porridge gluant, de choux de Bruxelles pour Noël. Vous paniquez.

« Non ! Non ! Pas la bouffe anglaise ! Vous n’avez pas le droit ! NOOOOOOON ! »

*Fondu enchaîné un peu cheap*

Vous vous réveillez en sueur dans votre lit parce que c’est une facilité de scénario ultra convenue et surtout parce que les pâtes ne parlent pas, dumbass. Ouf ! Ce n’étais qu’un rêve. Les tribunaux gastronomiques n’existent pas. Pour rappel, nul n’est censé ignorer la recette. Il n’y a PAS de gruyère sur le gratin dauphinois, ni de petits pois dans le guacamole (quelle idée ! ), ni de crème dans le risotto (le crémeux vient de la cuisson lente du riz dans le bouillon et de l’ajout de parmesan).

carbonara

Je sais, je sais, je sais que les émission culinaires vous gavent de recettes « revisitées » ou chacun à le droit de faire n’importe quoi genre petit salé au tofu et Club sandwich aux huitres. Ce n’est pas une raison. Les recettes sont faites pour être respectées un minimum sinon c’est le bordel. Imaginez un peu, on verrais apparaître des horreur du style le bagel/sushi, le cronut, le pizza/burger… Si vous avez envie de mettre de la crème dans votre carbo c’est votre problème, mais appelez pas ça une carbonara… dites, euh… je sais pas…. disons une carbosterol…

Bon revenons à notre film alimentaire. Vous sortez du lit en calbut et réalisez que la gueule de bois vous a donné faim. Vous décidez donc de vous faire un petit plat de pâtes pour l’occasion (le hasard). Mais au moment de saisir le ketchup, vous êtes frappé par des fashbacks en noir et blanc de votre horrible cauchemar. Le tout est assez mal monté, un peu comme vous. Après un regard entendu à la caméra, vous décidez de réaliser un authentique plat de spaghetti à la puttanesca (quelle chance vous aviez tout les ingrédients dans votre frigo) Mais une voix retenti soudain derrière vous : « Spaghetti alla puttanesca … mes préférées ! » À votre grande surprise, vous découvrez que Monica Bellucci , nue, sors de votre salle de bain, et qu’elle a un sacrée envie de nouille.

Moralité : “J’adore les cacahuètes. Tu bois une bière et tu en as marre du goût. Alors tu manges des cacahuètes. Les cacahuètes c’est doux et salé, fort et tendre, comme une femme. Manger des cacahuètes, it’s a really strong feeling. Et après tu as de nouveau envie de boire de la bière. Les cacahuètes c’est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme. J.C. VanDamme

*Rires de thon en boîte*

*Générique de fin*

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