TGIF – THANKS GOD IT’S FRIDAY | Crise de la trentaine (bis)

by • Sep 23, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7360

Salut les coquins,

Bienvenue dans ce premier TGIF de l’automne 2016. Je sais, c’est triste, mais autant commencer par les trucs un peu relous comme ça on se les laisse de côté et on avance.

Ceci dit, ce qui était bien relou aussi c’était les débats sur la date exacte.

– Putain c’est l’automne cette semaine !

– Ah oui dis donc. C’est quand ? Le 21 ? 

– Ah non, le 21 c’est uniquement l’été et l’hiver. Là je crois que c’est le 20. Non ?

Bon bref, là cette année c’était le 22, donc hier, mais moi non plus je ne sais jamais quel est le bon jour. D’ailleurs je ne sais jamais non plus si on doit avancer ou retarder nos montres pendant les changements d’heure. Ce sera l’occasion d’un prochain sujet le mois prochain.

En guise d’introduction, je souhaitais rassurer les fidèles de ces quelques lignes. Ma grand-mère n’est pas tombée sur mes horreurs de la semaine dernière et je suis toujours plus que jamais en course pour me goinfrer sur l’héritage.

Vous allez penser que je suis vénal et que je ne vois en mes aïeuls qu’un testament signé en ma faveur. C’est évidemment faux.

Déjà parce que si j’étais vraiment vénal, l’accès à ces lignes serait payant et surtout j’aurais fait un autre métier que le mien. Ceci dit, je sens poindre en moi (oui, poindre) comme une putain de crise de la trentaine.

La salope. Moi qui me croyais épargné par ces conneries de bonne femme, j’ai bel est bien l’impression que je me la prends dans la face plein fer.

J’en ai déjà parlé à quelques reprises par ici, mais indubitablement les nouveaux formats de soirée et les nouvelles discussions auxquelles j’assiste mettent un grand taquet dans la gueule question coup de vieux et surtout question pression.

A 30 ans, le jeune homme que l’on est se trouve face à celui que l’on voulait être. Si à 25 ans on est encore suffisamment optimiste, ou con, pour se dire que même si les fondations sont un peu lézardées, on va quand même réussir à niquer le système, à 30 ans on a bien compris que ça allait être plus compliqué que prévu.

Déjà, à 30 ans, s’en mettre plein la musette avec un copain, un vendredi soir, c’est mal vu ! Parce qu’à 30 ans, un vendredi soir, on fait un diner de couples.

Et même mieux, on ne va plus à un diner de couples, on va diner avec LES trucs et LES machins.

Qu’on soit mariés ou pas, on devient LES, histoire d’appuyer un bon coup sur la notion de couple et d’aliénation du je par le on.

– Ça va les gars ? Vous faites un truc ce soir ?

– Ouais on va dîner avec LES machins et LES trucs.  

– Ah bon ? Et je peux venir ?

– Bah non mec, t’es pas en couple toi…

Concernant le diner de couples, je me tâte encore un peu sur la vraie signification du projet. Est-ce qu’on se fait un diner à plusieurs couples parce qu’on est content de se voir, ou est ce qu’on le fait pour montrer aux autres, et à soi-même, que nous appartenons désormais à une nouvelle tranche d’âges ?

Maintenant que je suis en couple, j’ai rien contre ces diners. Mais pendant un bon moment je les haïssais. Qu’est ce qu’il y’a de plus raciste qu’un diner de couples ?

Pour le mec célibataire, c’est quand même le grand fist-fuck. Non seulement le mec est seul, mais en plus il n’a pas le droit de venir bouffer avec vous parce que ça ferait tâche.

J’avoue avoir personnellement beaucoup de mal à exclure mes potes célibataires de ce genre de dîners. Déjà parce que j’aime avoir mes potes, et de deux parce que j’aime pas segmenter.

Fort heureusement, on a toujours la copine d’un pote pour nous rassurer sur l’égoïsme et le sectarisme dont nous faisons preuve.

– Ah mais il voulait venir avec nous ce soir ?

– Bah oui, on est tous là et pas lui du coup… à part se lamenter avec une main dans les couilles devant un boulard, il a pas grand chose à foutre…

– T’inquiètes pas, il sera mieux peinard chez lui plutôt qu’ici à tenir la chandelle toute la soirée en bout de table.

C’est donc ça la vie d’un célibataire trentenaire. Se beurrer avec le pote dont la meuf sera miraculeusement partie en week-end et qui, du coup, voudra bien vous accompagner. Ou se branler tout seul chez soi parce que les copains seront en diner de couples mais qu’ils préféreront vous laisser croupir chez vous, bien évidemment pour votre bien.

Mais la crise de la trentaine est surtout financière en général. Lorsque, comme moi, vous venez de monter votre petite boite et que vous commencez tout juste à gagner trois ronds, vous n’allez pas être souvent à votre avantage.

– Bon et toi ton appartement alors ? Tu achètes ?

– Ouais on a fait une offre là avec Margaux. Ça devrait se signer chez le notaire bientôt. 

– Mais grave t’as trop raison. Les taux n’ont jamais été aussi bas, c’est vraiment le moment ou jamais d’acheter quoi !! Et toi Buzz, tu comptes pas acheter ?

Alors écoutez moi bien bande d’enculés. Je sais pertinemment que les taux sont historiquement bas, qu’à 30 balais c’est le moment d’acheter histoire d’être débarrassé du poste logement à 50 ans et que c’est dans la logique des choses. C’est juste que je ne peux pas !!

Et puis alors ces discussions à propos des taux d’intérêt et des comptes rémunérés… Je veux pas faire le mec immature ou définitivement tocard, mais je trouvais que c’était plus drôle quand on se mesurait la bite à propos de notre taux d’alcoolémie de la veille plutôt que nos propositions de prêt.

De toutes façons, je le disais plus haut, question achat d’appartement, je commence tout juste à être concerné après 4 bilans sans perte sur la société. Oui parce que quand tu viens de monter une entreprise de marketing digital, prendre rendez-vous avec son banquier pour acheter un appartement est à peu près aussi efficace que de dire à une gonzesse “j’ai le SIDA qui en veut ?” au bout de 2 minutes de rencard.

Donc non, je ne compte pas acheter pour l’instant, merci de vous inquiéter.

Et puis il y’a les enfants. Nous, les mecs, l’horloge biologique nous travaille nettement moins que les nanas. Je vais prêcher pour ma paroisse: aujourd’hui, je préfère qu’on me jette dans un nid de frelons avec de la confiture sur la bite plutôt qu’avoir un gluant à bercer.

Sans dire qu’on veut faire des mioches à 50 ans, on a quand même envie de profiter un peu de la vie avant de s’imposer les réveils toutes les deux heures, les hurlements, les cris, notre femme qui veut plus qu’on la touche pendant des semaines et un SMIC claqué dans les couches et un “mode de garde”. J’ai mis cette expression entre guillemets parce que je ne savais pas ce que ça voulait dire il y’a 1 an, mais aujourd’hui je l’entends quasiment quotidiennement.

A 17 ans on cherche des plans weed, à 25 des places pour les Nuits Sonores, et à 30 des modes de garde

– T’as trouvé ton mode de garde toi ?

– Oui c’est bon ça y’est !

– Putain t’as fait comment ? Fais tourner steuplait !! 

En fait, à 20 ans, on avait déjà plus ou moins cerné les copains qui allaient se marier tôt, acheter un appartement et se foutre une vie façon bonheur rangé dans une armoire avec 3 mouflets et vacances à Oléron.

Le vrai souci, c’est quand les plus gros merdiers de la Terre vous appellent un jour pour troubler votre insouciance en vous disant:

– Putain mon cadet ils se marient tous là. On va pas tarder à passer pour des cons.

– Ouais enfin ça va on s’en branle. On va pas se marier juste pour faire comme tout le monde.

– Non. Mais enfin là… Je crois que dans tous les domaines, faut vraiment qu’on se bouge le cul !

De toutes façons, quand ça commence à être plus simple de croiser les copains devant l’école primaire qu’au bistrot du coin, c’est qu’il faut songer à abdiquer ou à se barrer.

TGIF !

15,898 total views, 2 views today

Related Posts