TGIF – THANK GOD IT’S FRIDAY | Grève générale

by • May 27, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)2142

Salut les coquins,

Dernier vendredi du mois de Mai et la France entière a une envie irrépressible de se foutre la main dans les couilles.

En cette saison, les responsables de la glande collective sont d’habitude très vite localisés: le beau temps, Roland Garros et les allergies au pollen.

Malheureusement pour nous autres Gaulois, toujours prompts à ronquer au soleil devant notre hutte et à se mettre minable lors de banquets gargantuesques une fois la nuit tombée, la météo ne nous incite pas spécialement à commander Get sur Get en terrasse jusqu’à plus soif. Mais bien évidemment, nous avons quand même trouvé un subterfuge pour nous la tripoter !

Cette année c’est la grève !

5 mois que les punks à chien, les anciens de 68 ayant définitivement raté leurs vies et les connasses à la grande gueule et au reste mal épilé façon Zaz campent sur la Place de la République à Paris pour, parait-il, débattre de la loi travail, alors même qu’ils ne connaissent pas le sens de ce mot.

Enfin bref, tout ce beau monde qui empêche de pioncer tous les habitants du coin depuis le mois de janvier agaçait ou créait des vocations selon les bords, mais n’a pas été spécialement écouté par le gouvernement et l’opinion publique.

Et puis sont venus les étudiants et les lycéens. Comme d’habitude, dès qu’il y’a une occasion de sécher, ils accourent par wagon entier dans des manifestations qui sentent le biactol, le déodorant Axe et la lingette intime pour pisseuses mal réglées.

Tous ces gamins qui viennent nous expliquer la vie sur BFM TV ont quelque chose de rafraîchissant ou d’extrêmement énervant mais nous font tout de même le plaisir de brouiller leur message assez vite grâce, déjà, à leur voix de puceaux et à l’absence d’argument sortant de leurs bouches asséchées par le Roaccutane, et bien sûr à cause de la horde de petites frappes qui se mêlent aux différents cortèges pour tout saccager sur leur passage.

A ce moment là de la partie, l’opinion publique à la base divisée sur le texte commence sérieusement à en avoir plein le cul. Mais on ne touche pas à son petit confort ni à son mode de vie, donc elle regarde ça avec détachement, même si elle commence à se dire qu’elle en a marre et qu’on est un pays de branleurs.

Et puis le coup de grâce à été porté en fin de semaine dernière. Lassés et frustrés que la France finisse par plus pouvoir blairer ces connards qui nous emmerdent à longueur de temps, à nous sucrer nos vols, nos trains, à refuser de servir les repas des gosses dans les cantines, les cégétistes ont eu une idée de génie: bloquer l’essence.

Je ne soutiens pas le procédé, bien au contraire, mais il faut reconnaitre que tout à coup l’opinion publique a changé radicalement son fuseau d’épaule. Que le bobo parisien de la Place de la République n’arrive pas à dormir depuis 6 mois et qu’on lui pisse sur la porte de son immeuble, on était tous d’accord pour se dire que quelque part il avait qu’à aller se faire enculer. Mais qu’on nous sucre l’essence il n’en est pas question.

Comme en 40, BFM TV, encore elle, s’est transformée en Radio Londres.

“Ici Londres, les Français parlent aux Français. Les raffineries vont arrêter de fonctionner dans les prochaines heures ! Sautez dans vos automobiles et allez piller la station service la plus proche histoire d’être sûr de ne manquer de rien et de nous foutre un bordel noir toute la semaine”. 

Evidemment, c’est ce qu’il s’est passé.

Dimanche dernier, pendant les repas de famille, les discussions ne tournaient d’ailleurs qu’autour de ça.

– Mais t’es sûr qu’il va y’avoir une pénurie d’essence ?

– Oui oui, il faut impérativement que tu ailles trouver une station direct ce soir ! 

Evidemment, dès lundi matin, le Français avait bien entendu le message des oracles de BFM TV et avait décidé de poser sa matinée pour remplir le réservoir de sa petite titine.

Et comme ce sont finalement ceux qui savent qui parlent le mieux des choses, j’ai écouté religieusement ma grand-mère, pourtant gauchiste patentée et ancienne militante de je ne sais quel syndicat, me parler de ses impressions sur le sujet.

– Les gens sont complètement fous. On se croirait revenu au temps de la guerre avec les voitures amphibies sur le Rhône, les ponts dynamités et la queue devant les épiceries avec les tickets de stationnement.

– Oui non mais les gens qui ont besoin de carburant pour travailler je peux les comprendre. Mais là ce matin il y’avait que des vieux, enfin des personnes âgées quoi. Ils n’ont pas spécialement besoin d’essence pour aller bosser il me semble ! 

– Bah non mais ça leur faisait une sortie. On peut pas aller à la messe ou chez le coiffeur tous les jours…

C’est exactement ça.

Soyons sérieux, à part 2 ou 3 mecs de la CGT qui ont du prendre les quelques points un peu sensibles pour les monter en épingle et le balancer en pâture à leurs militants pour être certains qu’ils foutent le pays en bordel, personne n’a lu cette loi. Personne n’en connait réellement les enjeux et les subtilités, moi le premier d’ailleurs. Et puis je crois même que tout le monde s’en branle.

Il y’a les gens de droite qui n’en ont rien à foutre car la loi est pondue par un gouvernement de gauche. Et qui rigolent bien de voir le père Hollande et le père Valls se faire insulter par les mêmes qui ont voté pour eux en 2012.

Il y’a les gens de gauche qui n’en ont rien à foutre parce qu’ils ont bien mieux à faire que de lire un pavé indigeste qui changera pas leur quotidien, qu’ils soient salariés, patrons, chômeurs ou quoi…

Et puis il y’a une petite minorité qui s’est dit qu’en ce printemps 2016, ils seraient quand même mieux en train de faire cuire des merguez dans des bidons coupés en 2 plutôt qu’à se casser le cul à faire ce pourquoi ils sont payés.

Mais là c’est différent. Les médias ayant annoncé qu’il y’aurait une pénurie d’essence, poussant donc toute la France à aller se faire 3 heures de queue pour mettre 20 litres d’essence et créant pour le coup une vraie pénurie, il a fallu aller rencontrer les responsables de ce massacre pour qu’ils nous expliquent ce qu’ils ont sur le coeur.

De fait, on a dépêché immédiatement tous les grands reporters des médias de France et de Navarre dans les raffineries en grève pour échanger avec le délégué syndical local. C’est pas pour faire des clichés un peu grossiers, mais ils ont tous la même gueule, la boucle d’oreille solidement accrochée au lobe de l’esgourde droite.

– Monsieur, pensez-vous que le conflit qui vous oppose au gouvernement peut durer ?

– Ah bah bien sûr oui ! Tant que le gouvernement restera sur sa position, nous garderons notre ligne de conduite avec les camarades.

– Comprenez-vous le ras-le-bol de l’opinion à propos de ces grèves qui touchent directement les Français mais aussi l’économie du pays ?

– Le gouvernement a souhaité passer en force, nous répondons par la force… Qu’il retire son texte et nous reprendrons immédiatement le travail ! 

– A propos de ce texte, les Français aimeraient surement comprendre ce qui vous dérange vraiment dans ce projet de loi ?

– Tout ! 

– Mais c’est à dire ?

– Ils veulent précariser l’emploi de nos camarades, et ça c’est intolérable.

Ok te casse pas on a compris.

Et puis comme les médias ont commencé à leur poser des questions dérangeantes, à savoir s’ils savaient vraiment pourquoi ils foutaient le bordel, les militants de la CGT ont repris les bonnes vieilles rengaines propres à toutes les dictatures, à base de “journalistes collabos” et autres slogans pas dépoussiérés depuis 1968.

Et quitte à aller jusqu’au bout dans sa connerie, la CGT s’est dit qu’elle allait menacer les journaux libres de notre beau et fier pays.

Je vous résume en gros l’opération qui rappelle les tirages exceptionnelles de la Pravda, journal d’Etat du temps de l’URSS, ayant fait passer le boucher Staline pour le “Petit père des peuples” et ses fameuses purges pour des vacances au Club Med all inclusive:

– Allo monsieur le rédacteur en Chef, ici la CGT. Demain vous allez insérer dans votre journal un tract de 2 pages qui parle de nos revendications et qui explique aux Français pourquoi on leur casse les joyeuses depuis 6 mois.

– Ah bah bonjour monsieur de la CGT. C’est à dire qu’en fait demain on a autre chose de prévu, et que de toutes façons, on avait plus ou moins dans l’idée qu’on était un journal libre dans un pays libre… Du coup votre histoire de tract, on vous propose éventuellement de le plier en 4, de vous le rentrer dans le fion, et de nous rappeler pour nous dire si ça vous a titillé la prostate. 

– Ah bah très bien, du coup on bloque les parutions du journal.

Et c’est ainsi que le seul quotidien qui a réussi à sortir hier était… L’humanité, journal communiste et de fait ni très à cheval sur la liberté d’expression, ni particulièrement obtus à l’idée de faire de la pub aux camarades de la CGT…

De fait, comme il y’en a qui se permettent de se mettre en grève dès qu’ils ont un pet de travers ou à chaque fois qu’on leur dit qu’on est en 2016 et non plus en 1936, je me disais que j’avais également le droit de faire la grève de l’inspiration aujourd’hui.

Mais comme, contrairement à nos amis des raffineries, j’ai décidé d’assurer un service minimum pour ne pas trop affecter les usagers, j’ai tout de même pris le clavier pour aller chier un peu sur les drapeaux rouges qui ne représentent personne à part eux-mêmes, tout en étant eux aussi allègrement financés par nos impôts.

Et puis bon, quand on a découvert que Bernard Thibault, ancien secrétaire générale de la CGT, avait un chauffeur, et que son successeur s’était fait refaire son bureau façon penthouse, j’ai pas le souvenir d’avoir vu beaucoup de monde descendre casser des vitrines pour protester.

Bon week-end les copains, et du coup privilégiez le vélo !

TGIF !

 

 

 

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