TGIF – Thank God It’s Friday | Ouverture de la saison

by • Dec 04, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)1211

Salut les coquins,

Premier vendredi du mois de décembre, premières gerbes devant les vitrines décorées, premières crises d’angoisse rien que de penser à Noël et premières journées de ski pour les petits chanceux qui partent à la montagne.

Comme tous les ans, et les lecteurs de cette chronique les plus assidus le savent bien, les fêtes de fin d’année provoquent chez moi dépression, crises de nerf, nostalgie lacrymale et terreurs nocturnes. J’ai malheureusement l’impression que ça va de mal en pis puisque cette semaine j’ai rêvé, non sans une joie immense, que Noël était déjà passé.

Vous voulez me casser les couilles ? Demandez moi ce que je fais pour Noël.

Vous voulez me foutre le plomb ? Parlez moi de calendrier de l’avent.

Vous voulez vous prendre une marmite ? Faites des chants de Noël à moins de 3 mètres de mon oreille.

D’ailleurs c’est pas compliqué, je n’ai pas allumé la télé depuis mardi, 1er décembre, de peur de commettre l’irréparable devant une pub pour un opérateur téléphonique ou pour Canal +, spécialistes mondiaux des petits clips insupportables pour les fêtes de fin d’année !

Tous les ans, le 26 décembre, je fais un feu de joie avec le papier des paquets cadeaux en me jurant que la prochaine fois qu’on me prendrait à fêter Noël ce sera uniquement parce que mes gosses se jetteront en direction du sapin et que ce sera féérique. Je crois qu’une fois encore je me suis fait baiser et que je vais être bon pour la grand messe habituelle… Ceci dit, tout n’est pas perdu. Même si professionnellement ça m’emmerde, l’annulation de la fête des lumières est, je dois bien l’avouer, une sacrée putain de bonne nouvelle pour notre bien-être !

En revanche je suis le ravi de la crèche en pensant que c’est l’ouverture de la saison de ski. Quelle joie de pouvoir connaître à nouveau l’ivresse des cimes, les sensations de liberté en attaquant la piste et la convivialité inégalable des soirées raclette entre amis.

L’avantage des journées d’ouverture avant que les vacances de Noël commencent, c’est qu’on n’a pas à se coltiner les Parisiens. Cet avantage, pas si mince, passe à mes yeux bien avant celui de profiter de la première neige qui, manifestement, semble incroyable cette année !

Loin de moi l’idée de massacrer les Parisiens par simple méchanceté crasse ou par une espèce de complexe d’infériorité mal venu, mais il faut admettre que cette race qui s’adapte pourtant pas si mal au climat océanique n’est définitivement pas faite pour l’altitude. Chacun sa croix.

Enfin toujours est-il que même s’ils claquent du pognon dans nos belles stations rhonalpines, créant ainsi de la TVA et permettant aux commerçants de faire leur beurre, et bah nous on les aime pas ces fumiers.

Non bon j’exagère, aucun racisme contre vous, amis de la capitale, élite de la nation et créateurs de la Tour Eiffel, aucune envie que ce site devienne segmentant et de nous passer de vos vues.

Il n’empêche que pour nous autres provinciaux, habitués des montagnes en raison de leur proximité géographique, nous ne comprenons pas bien ce qui vous pousse à être comme ça sur les pistes, et même en dehors.

Examinons ensemble les (vilaines) habitudes des Parigots “à la neige”:

– Les Moon Boots:

Cette paire de bottes en toile fourrées par un isolant synthétique à l’intérieur n’est plus à la mode depuis le milieu des années 80. Les skieurs et autres résidents montagnards réguliers portent des Timberland, des chaussures techniques, ou des baskets peu pratiques mais à la rigueur esthétiques, mais surtout pas de Moon Boots. Volontairement vendues dans des couleurs criardes, le must étant la paire genre chocolat à l’orange, ces chaussures absolument pas pratiques ni même adaptées à des promenades dans les rues des stations vous feront passer à coup sûr pour un (gros) con, en plus de fournir une nette indication quant à votre région d’origine. Vous voulez marquer un point bonus: certaines moon boots sont vendues avec de la fourrure par dessus. En plus de passer pour un con, vous passerez pour un nouveau riche, voire même pour un Russe si vous séjournez dans une station haut de gamme.

– Les snowblades:

L’arme absolue du plouc à la montagne. Comment peut-on autoriser les propriétaires de ces petites planches hideuses à partager les mêmes pistes que nous. Outre l’air con qu’elle donne au blaireau qui tente tant bien que mal de garder l’équilibre là-dessus, ces gens là sont de véritables dangers à cause de leurs courbes très spéciales, de leurs coups de frein en plein milieu de la piste, mais aussi par l’hilarité générale qu’ils provoquent dès qu’ils sortent leur nez dehors. De grâce, comme disait le type qui se prend un ski dans son pare-brise, le fameux qui est passé à ça de sa mère, dans les Bronzés font du ski, “quand on sait pas skier, et bah on reste chez soi”. Si vous n’êtes pas foutus de vous débrouiller avec du matériel conventionnel, et conventionné, renseignez-vous après de l’ESF pour apprendre à vous en servir. Ou mieux, allez jouer au Bowling de votre station.  Le point bonus: la fameuse doudoune bleue du PSG et un accent de faux caïd des cités dangereuses de Suresnes, Saint Cloud et Neuilly sur Seine.

Le point ultime: le snowscoot. On en a tous vu, des espaces de machins vilains, moitié vélo/moitié surf, qui tracent à balle sur les pistes, souvent chevauchés par des apprentis riders se prenant pour Kévin Rolland et ayant une fâcheuse tendance à manquer de nous envoyer dans le décor assez rapidement.

Le jean sur les pistes:

Non, vous n’aurez pas un style de ouf sur les pistes en refusant de mettre un froc de ski normal !! Cette manie de porter des jeans sur les pistes commence à dater et m’énervait déjà quand j’étais gosse. Alors oui, je reconnais que c’est toujours agréable de tomber sur un trou de cul en Diesel taille basse sur une piste et se faire le plaisir de caler des grands coups de frein en passant à côté de lui, entraînant éclaboussures, coups de froid, grippes et même avec un peu de chance pneumonie. Mais de grâce: non vous n’êtes pas beaux comme ça, oui on a repéré à 10 000 que vous étiez nettement plus à l’aise sur les champs-élysées que dans un champ de bosse (attention, calembour), mais ce n’est pas une raison pour ne pas respecter le dress-code. Point bonus: un bonnet grelots ! Je pense que je n’ai même pas besoin d’expliquer, tout le monde voit de quoi je parle, et je suppose qu’une bonne partie d’entre vous a déjà eu des relents, crises de tachycardie et envies d’en finir en voyant ce triste spectacle d’un adolescent boutonneux s’affublant d’un couvre chef à la fois vomitif et beauf. J’ai eu la chance de ne jamais partager un télésiège avec un membre de cette espèce, rendons grâce à Dieu tout puissant.

Boites de nuit en tenues de ski:

Alors ça je ne comprends pas. Ces mecs là skient en jean, on vient d’en parler, mais en revanche, sous prétexte qu’ils sont dans une station de ski, pensent qu’il est impératif d’aller diner au resto puis de sortir en boite de nuit habillés comme s’ils partaient faire la Vallée Blanche. Je sais bien que Jean-Claude Duss prends le train pour Bourg Saint Maurice avec déjà ses chaussures de ski aux pieds, m’enfin tout de même… Les gars, c’est gentil de nous laisser les belles filles pour nous en boite, qui évidemment vous rient au nez quand elles vous voient débarquez en passe-montagne, mais c’est pas parce qu’il neige dehors que vous allez choper des engelures en sortant fumer une clope ! Outre votre accoutrement ridicule, il faut aussi qu’on vous avoue un secret: nous connaissons les mêmes sons que vous, notamment electro, et les boites de nuit des stations de ski ont suffisamment d’argent pour offrir à leur DJ du matériel de pointe. Il n’est en aucun cas besoin de venir examiner les platines pour enfin valider leur qualité auprès de cet homme que vous allez fâcher. Enfin, nous vous déconseillons de suggérer un titre à passer en ajoutant “tu vas voir, a Paris ça passe tout le temps et c’est ouf”… Le point bonus: cette géniale capacité que je ne m’explique pas non plus à marcher au milieu de la route quand il neige… Je n’arrive pas à comprendre si c’est la peur de glisser sur un trottoir pourtant prévu à cet effet, la volonté délibérée d’obliger tout le monde à piler dans la montée et ainsi l’obliger à galérer pour repartir, ou si en fait nous ne sommes simplement pas foutus pareil.

Cela dit, il est toujours drôle de vous voir débarquer dans la Yaute avec vos gros 4×4, pour une fois utiles. On va pas se mentir, on n’est jamais contre renouveler notre cheptel grâce à vos cousines, soeurs, copines et même vos filles. Parce que si en ski vous êtes pas bien doués, vous avez quand même des belles gonzesses !

TGIF les amis, et bon week-end aux petits veinards !!!

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