TGIF – THANK GOD IT’S FRIDAY | Secret bancaire

by • Jun 24, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)1594

Salut les coquins,

Je remarque une nouvelle fois qu’il n’y avait pas besoin de s’appeler Madame Soleil ou de foutre des picots dans une poupée Vaudou pour prédire l’avenir avec une précision chirurgicale.

Après avoir entendu gueuler toute la France pendant 2 mois sur la pluie et le temps de merde, les voici qui se plaignent depuis 2 jours parce qu’ils ont trop chaud !

– Tu vas bien ?

– Oh non j’ai trop chaud !!

Ça marche d’ailleurs avec tout.

Salut, bien dormi ?

Oh non, j’ai eu trop chaud !!

Au présent, au passé donc, et même au futur.

Un petit golf ce week-end ?

Oh non, je vais avoir trop chaud !!

Habile.

Ça se ressent également au niveau des petites plaisanteries saisonnières sur les réseaux sociaux. Ces derniers temps, la fameuse réplique de Bernard Morin dans les Bronzés “L’année prochaine je skie au mois de juillet” faisait fureur. Cette semaine, “Sale temps pour les gros” semble avoir repris son leadership et c’est tant mieux.

Que de choses se sont donc passées depuis vendredi dernier ! Déjà la France s’est qualifiée en 1/8ème de finale de l’Euro de foot, l’hémisphère nord a dépassé le solstice d’été, et nous bénéficions donc désormais d’un météo de saison. Ça paraît court une semaine, mais il suffit de bien la remplir !

En revanche, statut-quo concernant le concours de bites entre Manuel Valls et la CGT. On a cru en début de semaine que Manu avait gagné de quelques millimètres, avant que finalement le père Martinez tire un peu sur la sienne pour égaliser. Résultat, un partout, et 60 000 000 de Français qui attendent que le président normal siffle la fin du match.

Si nous avions disserté il y’a quelques semaines sur le besoin de glander en cette saison pour arriver échauffé pour les vacances du mois d’Août, cette vague de chaleur qui nous tombe sur la gueule nous donne enfin cette occasion !

Joie des bistrotiers et plaisir du public, il est désormais tout à fait recommandé d’aller se farcir une petite pinte en terrasse le soir après le boulot, et de faire de chaque jour une véritable fête.

Pour ces apéritifs nocturnes du mois de juin, j’avais eu le temps de me préparer. Petit régime attaqué en début d’hiver, renouvellement quasi complet de la garde-robe et un passage chez le coiffeur histoire de pas ressembler à Coluche, on peut définitivement dire que mon être dans son intégralité était prêt pour descendre des piscines de rosé hors de prix en bouffant des planches mixtes, plus grosse escroquerie des temps modernes.

Petit aparté pas bien long, d’autant qu’il me semble avoir déjà gratté un truc à ce sujet, mais pourquoi Diable est ce que le Français qui gueule toute l’année pour son pouvoir d’achat se fait braquer comme un bleu dès lors qu’il s’installe en terrasse d’un bar. Non, les piscines ne contiennent pas plus de vin que les verres normaux, ça vient juste des glaçons, mais oui, ça coute 2€ de plus. Non, les planches à 15€ avec 1 tranche de jambon coupée en 4, 2 bouts de fromage, 3 cornichons et une panière à pains ne vont pas vous nourrir. Mais oui, ça va faire augmenter le prix de la soirée d’une bonne trentaine d’euros.

Bref, toute cette préparation a été gâchée par un désordre neurologique, puis symptomatique. Après ces deux adjectifs en “ique”, je m’explique.

Il y’a deux semaines jour pour jour, alors que je cherchais tout bêtement à retirer de l’argent au distributeur du coin, voilà qu’un Alzeihmer précoce me frappa de plein fouet. Impossible de retrouver ce putain de code de carte bleue !

Il paraît que c’est déjà arrivé à pas mal de monde, que c’est pas grave, qu’il faut pas paniquer et surtout que ça revient… Deux semaines plus tard j’en ai fait le deuil, et je me sens surtout con de pas avoir pris la peine de noter ces 4 chiffres quelque part histoire de pas me retrouver comme un clodo sans une tune sur moi.

Au delà du fait que ce soit parfaitement hallucinant de ne plus se rappeler d’un code qu’on fait tous les jours depuis un an, alors qu’on a réussi à s’en souvenir avec 9 grammes dans chaque ongle pour payer des verres à des blondasses à l’haleine chargée à la Vodka/Red Bull dans l’espoir souvent déçu d’y mettre un coup, on se rend surtout compte qu’on a trop de codes.

Le plus emmerdant, c’est que nous faisons nos codes machinalement et non pas en nous rappelant précisément des chiffres. On sait où on doit poser nos doigts sur le clavier pour que ça marche, mais, personnellement, si vous me demandez mon digicode, mon code d’ordinateur ou celui de mon cadenas de vestiaire, je vais vous le mimer avec mon doigt sur un clavier pour vous sortir les bons chiffres.

Bref, après 3 jours à me torturer le cerveau, et donc à l’embrouiller, pour retrouver ces 4 chiffres magiques me permettant d’avoir accès à une vie sociale et au minimum vital, j’ai fini par abdiquer et téléphoner à ma banque afin de me renvoyer le précieux sésame.

A vrai dire, c’est pas que ça me dérangeait fondamentalement de me faire rincer par les copains, mais il faut admettre que les petites vannes “oh l’excuse à deux balles” ou, plus sérieux, les potes qui nous prennent à part pour nous demander si on n’est pas passé interdit bancaire, ça va bien 3 minutes. Et puis bon, va faire de la route sans CB… entre le péage et l’essence, ça peut vite devenir bordélique !

3 jours après ce trouble neurologique, donc, j’ai fini par téléphoner à ma banque. Ne les appelant pas toutes les semaines pour leur transmettre mes amitiés, j’ai eu la très désagréable surprise de voir que désormais, ces fumiers de lapins n’avaient pas un numéro pour chaque agence mais un numéro en 08 qui coûtait un saladier donnant droit, après 9 minutes surtaxées à écouter les 4 saisons de Vivaldi, de parler à un couillon qui ne peut rien faire pour nous.

– Bonjour Monsieur, Je vous appelle parce que j’ai malencontreusement oublié mes codes de carte bleue et je souhaite donc m’en faire rééditer un nouveau…

– Très bien Monsieur, j’envoie donc un mail à votre conseiller qui vous rappellera pour vous confirmer qu’il a bien eu l’info. 

– Oui, enfin vous faites comme vous voulez, mais vous pouvez pas directement me faire renvoyer ces fameux codes ?

– Ah non Monsieur ! Moi je ne peux que transmettre l’information par mail !

Relativement expérimenté en merdier administratif, j’ai assez rapidement compris qu’on n’allait pas sortir du sable tout de suite…

– Donc, et je parle sous votre contrôle, vous allez envoyer un mail à mon conseiller pour lui demander de me rappeler pour qu’il me confirme qu’il a bien reçu l’information de votre part ?

– C’est ça Monsieur, vous avez tout compris. 

– C’est vrai que c’est une procédure simple et réactive, vous êtes vraiment LA banque à qui parler ! Du coup j’attends la confirmation de mon conseiller…

Et puis comme 48H plus tard, j’avais la confirmation de que dalle, j’ai finit par lui envoyer un mail, au conseiller. Parce que sans vouloir froisser le Monsieur du call center, j’ai quand même le mail du mec qui gère mon absence d’argent et qui me colle des agios.

Evidemment, moins d’une minute après mon mail, j’ai reçu une réponse automatique pour m’informer que le Monsieur était en vacances, et que de par le fait, en cas d’urgence, je pouvais joindre le numéro que j’avais composé 2 jours plus tôt.

Proprement halluciné par le fait que personne dans une entreprise de plus de 10 000 employés ne puisse prendre le relai d’un conseiller parti en vacances pour dépanner un client pour une urgence, je me suis alors juré de ne jamais avoir une merde bancaire pendant le mois d’Août…

Mais comme Dieu est grand, le conseiller est rentré 5 jours après, et m’a confirmé avoir commandé des nouveaux codes, “que vous recevrez dans une petite dizaine de jours”. 

Bref, nous sommes à J+14 après une connerie effectuée par mes soins experts, soyons honnêtes, et je vis toujours comme un clodo, à demander aux copains de bien vouloir me prêter 20 balles par ci et 30 balles par là, histoire de me payer un rouleau de PQ, 10 litres d’essence et un petit peu de tabac.

J’expliquais en préambule que ce souci résultait d’un désordre neurologique, mais également symptomatique.

Symptomatique parce que nous sommes dans une société ultra rigide, fermée à absolument tout par une peur de faire moins bien qui nous empêche de faire mieux. J’avais lu il y’a pas longtemps que les Américains innovaient, que les Asiatiques copiaient et que les Européens légiféraient.

Typiquement, cette histoire de code de Carte Bleue résulte d’une espèce de norme de sécurité à la con qui stipule que seulement le conseiller attitré du client X peut prendre la responsabilité de faire renvoyer ce si précieux document, chantre du secret bancaire, donnant droit il est vrai à l’utilisation de ma carte bancaire.

Mais nom de Dieu, si un mec au fin fond d’un call center marocain pouvait prendre ce genre de décisions7 jours sur 7, me demandant pour s’assurer que ce soit moi mon nom, prénom, adresse, date de naissance, numéro de compte, de téléphone ou la taille de ma bite, et qu’il me renvoyait ce bout de papier en courrier recommandé, m’obligeant à me rendre à la Poste avec une pièce d’identité, est ce que ça pourrait remettre en question le système bancaire ?

Je ne pense pas, et on aurait gagné 8 jours tout en optimisant une nouvelle fois un service client inexistant. Enfin inexistant pas toujours…

Je veux bien évidemment parler des jours où nous sommes dans le rouge et où on a l’impression d’avoir eu 5 étoiles sur GTA…

Aujourd’hui nos amis Grands Bretons votent pour une sortie ou non du Royaume-Unis de l’Union Européenne. Concrètement, on ne peut pas dire qu’ils soient emmerdés par la dévaluation de leur monnaie puisqu’ils ont toujours leurs Livres Sterling, ni par l’absence de frontière avec les autres pays puisque c’est une île.

Au début je pensais que les Britons voulaient nous dire Good Bye pour des raisons économiques, puisque Londres est la seule véritable place boursière en Europe, et que concrètement la capitale anglaise est la ville où il y’a le plus de mecs blindés sur le vieux continent.

En fait, en écoutant d’une oreille la campagne du Brexit, il semblerait que les partisans du retrait du Royaume de l’Union Européenne orientent leurs arguments vers les normes plus débiles les unes que les autres, fomentées et ratifiées par des trous de balle dont on n’a jamais vu la tronche et qui palpent davantage que nos propres ministres.

Alors qu’on demande aux entreprises et aux salariés d’être ultra réactifs grâce aux outils dont on dispose, histoire de tirer son épingle du jeu dans un monde où la concurrence est rude mais où l’argent se fait rare, certains acteurs de l’économie peuvent se permettre de glander pendant plus de 2 semaines avant de rendre un service essentiel à un client pour des raisons de normes et de procédures internes.

C’est exactement ce qu’il se passe avec l’Union Européenne et ses normes qui cassent les couilles. Personnellement, si Dieu avait eu la sale idée de me faire roux, blanc comme un cul, gras comme un moine et alcoolique depuis mes 9 ans et demi dans ma banlieue de Liverpool, j’aurai dit à l’UE d’aller se faire enculer en votant pour le Brexit.

Enfin bref, je ne désespère pas d’avoir une carte bleue pour partir en vacances en Août. Et puis au pire, il fait beau temps, c’est déjà pas mal !

TGIF !!

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