TGIF – Thank God It’s Friday | T’es épilée ou t’es pas épilée ?

by • Jan 29, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)1986

Salut les coquins,

Oui je sais, le titre reprend la célèbre réplique de François Damiens dans Dikkenek. Je préfère me prémunir des commentaires à la con en amont, prudence étant mère de sureté.

Après 2 semaines de vrai hiver, voilà qu’on se paye 3 jours de ciel bleu et qu’on a l’agréable sensation de pas trop se peler le cul. Comme il est décidément bien difficile dans ce bas monde de pouvoir profiter des bonnes choses sans se faire bassiner par le tout venant, on s’est évidemment coltiné les couillons qui parlent de retour du printemps, qui nous remettent une tartine sur le réchauffement climatique, tout ça en suggérant presque de passer directement au tiercé gagnant de l’apéro, la fameuse combinaison rosé/olives/terrasse.

J’ai vraisemblablement déjà balancé aussi une banalité du genre “Y’a plus de saison” ou “Qu’est ce qu’il y’a comme 4×4” du coup je ferme ma gueule, on a tous déjà été le con de quelqu’un. Le tout est de ne pas être le con de tout le monde.

A l’approche de mon anniversaire je tâchais l’autre soir de me souvenir des lieux dans lesquels j’avais fêté tous mes changements d’année depuis mes 16 ans. Je vous passe le nom des troquets ayant accueilli les sauteries ainsi que les âges correspondants, mais ça m’a surtout rappelé l’époque révolue des négociations merdiques pour niquer.

Je dois bien avouer que je me marrais tout seul en repensant à ce qu’on pouvait dire à une nana de 20 piges  à qui on avait roulé des pelles toute la soirée et qui nous avait vu venir à 10 bornes.

– Bon, bah moi je vais rentrer je suis mort… Tu fais quoi toi après ?

– Bah comme toi, je crois que je vais rentrer.

– Tu veux venir chez moi ? Promis je vais pas te toucher hein, je veux juste dormir avec toi… tu comprends.

Sans déconner, qui peut croire à ça ? Voilà 2H qu’on enchaine des whisky coca dosés saloon, qu’on gueule “pa, papapa, pa pa, paaaa…” des White Stripes en battant la mesure sur le bar avec le poing fermé et qu’on lui roule des pelles en tentant péniblement de lui mettre une main au cul, et voilà que subitement, au moment de rentrer, on se la joue poète. Pendant toute la soirée on était branché Jacquie et Michel, voilà que tout à coup on est parti sur Roméo et Juliette.

Si le mieux pour ramener est évidemment de laisser faire le truc, que ça devienne automatique, que la soirée soit si belle que rentrer ensemble devienne une évidence, il est bien évident que souvent il est quand même nécessaire de provoquer le truc. Pour ça plusieurs combines, chacun les siennes, du GHB au mensonge en passant par la vodka pomme et le chantage affectif, seul le résultat compte.

Humour évidemment.

Moi j’ai jamais été vicelard de ce côté là. On m’a dit une fois que mes yeux sentaient beaucoup trop le cul pour faire croire à une nana que je la ramenais uniquement pour avoir le plaisir de me réveiller à ses côtés et l’emmener bruncher le dimanche matin. Je sais pas si c’est une chance ou pas, mais en tout cas ça permet de régler le problème à la racine et d’éviter de raconter des conneries.

Ceci dit, si on vous raconte effectivement n’importe quoi pour tenter de vous foutre les jambes en position 20H20, allant jusqu’à réinventer la théorie du big bang pour une pétée nocturne et alcoolisée dont les souvenirs seront souvent assez vagues – c’est ce qui nous sauve – vous pouvez avoir un certain talent pour trouver l’excuse du siècle au moment de passer à la casserole : “Non je peux pas je suis pas épilée”. 

Terminée l’excuse de la migraine, suivie par la blague très fine du “Prends donc un Doliprane pendant que je prends ma douche, ça passera”, finie la belle époque du “J’ai mes règles” faussement prononcé avec pudeur et gêne, aujourd’hui elles nous balancent ça comme une barrière ultime et infranchissable.

Cette sale histoire d’épilation peut surprendre les plus jeunes car elle peut surgir à n’importe quel moment, en début de soirée, dans le taxi du retour et même au moment fatidique. Les garces.

Je me souviens d’une fois où on était en goguette dans un rade sordide des pentes de la Croix-Rousse à Lyon, où la bière était pas chère et où le cul se portait très large, un pote essayait de convaincre une jeune autochtone de visiter son chez lui en tout bien tout honneur mais en passant par la finesse. A savoir qu’il avait commencé par lui demander son prénom, ce qui le connaissant était preuve d’un certain état de forme.

Réponse à la question de la part de cette espèce de rouquine en brassière pistache et aux nichons façons Liverpool: “Perds pas ton temps mec, je suis pas épilée.”

Alors certes, si le mec posait la question, c’était pas uniquement pour assouvir sa curiosité mais parce qu’il devait quelque part envisager de terminer à l’horizontale avec le taudis qui lui servait d’interlocutrice. Mais enfin là, on avait trouvé que l’information sur sa pilosité pubienne arrivait un peu vite dans la discussion.

Mais a la rigueur remercions là, la perte de temps fut minime et le copain a pu continuer sa quête avec des bonnes amies mieux soignées.

Deux cas sont extrêmement frustrants:

– La nana qui nous dit ça alors qu’on se roule des pelles dans le plumard depuis 20 minutes, que toutes les parties supérieures de l’anatomie ont été explorées et que notre calebutte est tellement tendu que le bouton peut nous péter à la gueule à tout moment.

– La fille qui nous le dit au moment où on a fait tout le boulot et qu’on a plus qu’à sortir l’appli Uber pour rentrer à la casbah. C’est même presque pire parce que là clairement la fille te dit “Oui, en temps normal tu m’aurais sauté, mais là c’est mort.”

En fait, comment le dire sans choquer ou sans être vulgaire: Nous au départ on voulait juste s’envoyer en l’air, pas forcément admirer votre plastique toute la nuit en vous caressant la couenne avec une feuille de bananier. Du coup, à la rigueur, est-ce bien grave ?

Nous ne sommes pas dupes, nous savons bien que c’est vous que ça dérange. Et vous savez bien que nous autres on s’en tape.

Quel mec n’a jamais été dans cette situation, obligé de balbutier des conneries du genre “Ah non non mais moi ça me dérange pas, je préfère même ! De toutes façons j’aime pas les filles à blanc ça fait petite fille”. 

Evidemment, comme pour tous les obstacles, il existe des moyens de les franchir. Clairement, ce ne sera pas grâce à une plaidoirie, aussi brillante soit-elle, que vous réussirez à la faire flancher. C’est moche à dire, mais il faudra surtout ne pas relâcher la pression linguale et digitale. Si malgré de refus d’obtempérer initiale vous parvenez à garder la donzelle à température, nul doute que vous aurez droit le lendemain à un jouissif “Putain, et pourtant j’étais pas épilée…”. 

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Vous vous direz donc que vous avez été super bon.

Ne voyons pas tout en noir, cette excuse peut être bon signe si vous comptez la revoir. Ça veut dire qu’en plus de vous plaire, elle semble prendre soin de cette partie sensible de son anatomie. Ceci vous évitera donc de tomber sur un truc vraiment pas chouette et de vous barrer au petit jour en vous disant “araignée du matin, chagrin”.

TGIF les copains !!

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