TGIF – Thank God It’s Friday | Meribel et les traquenards du jeudi soir

TGIF – Thank God It’s Friday | Meribel et les traquenards du jeudi soir

by • Dec 12, 2014 • T.G.I.F.Comments (0)1776

Shabbat Shalom.

Merci à tous pour vos messages de soutien suite à mon article de la semaine dernière, qui concernait Noël et ma belle-famille imaginaire qui pourra, le cas échéant, m’inviter à lui bouffer la dinde.

Suite à quelques “mais sinon ça va ?” ou “merde mais on a envie de te faire des calins en lisant ça !!” ou encore ma mère “Le moral va, t’es sûr ??”, je tiens donc à rassurer les quelques uns qui seront intéressés par ma santé, soit-elle physique ou psychologique: RAS, nothing to declare, En Avant Guingamp. Peut-etre une petite fatigue toute légitime pour l’honnête contribuable que je suis à l’approche de la saignée de Noël dans laquelle je vais tâcher de ne pas y laisser mes derniers sesterces !

Vous avez pu le voir, le site change, se développe, des nouvelles chroniques, un nouveau “lay out”, des petites modifications… bref, tout ça pour dire que la haute direction m’a demandé de faire une nouvelle photo par semaine. Terminée l’époque bénie où ma tronche en noir et blanc sur la plage suffisait, désormais je dois avoir “une photo illustrant le thème que tu développes dans ton article”. Du coup, vous avez droit à mon corps musclé, allongé sur un télésiège à la Chaudanne de Méribel. J’attendais la neige… et je l’attends encore !

Bref, c’est officiel, il fait un froid de gueux dans ce pays ! Si pour certains on se pêle le cul, que pour d’autres on se caille, ou encore pour certains originaux vulgaires on se gèle les couilles, tout le monde est d’accord pour dire que, si, si, après un bel été indien, l’hiver est enfin arrivée, et que c’est pas dommage, parce que franchement y’a plus de saison et que tout ça c’est la faute aux Chinois, aux Américains et surtout aux 4×4 !

Le froid est effectivement revenu mais pas la neige ! Désireux de quitter la cohue de la fête des Lumières qui pollue ma bonne vieille ville de Lyon chaque année à la même époque, j’avais sélectionné la station savoyarde de Méribel comme terre d’asile pour le week-end. Souhaitant retrouver les délicieux nectars servis par notre ami Davy du Poste de Secours, mais aussi les pistes habituellement enneigées de ce havre de paix pour décuver en altitude, s’entretenir le corps et donner bonne conscience à son esprit, nous nous sommes rendus en montagne dès vendredi dernier après-midi. En bref, un week end “Mens sana in corpore sano” pour les latinistes, et surtout l’occasion de s’adonner aux joyeusetés hivernales entre camarades.

C’est donc guilleret et enthousiaste que, depuis la bien nommée “Moutiers la Belle”, nous avons amorcé notre montée vers le coeur des Trois Vallées, à ce moment là encore convaincu d’y trouver des champs de bosse, batailles de boules de neige et plaques de verglas propices aux chûtes hilarantes.

Comme chacun sait, c’est finalement un village quasiment désert et verdoyant que nous avons rejoint. Pas question de se laisser abattre, et débarrassés par la perspective de la corvée sportive matinale, nous avons donc pu lever nos coudes à maintes reprises afin de vérifier cette théorie disant que l’organisme éliminait moins bien en altitude. On n’a toujours pas répondu à cette épineuse question, mais on sait qu’il encaisse aussi bien !

C’est donc dans un état végétatif que nous nous sommes réveillés samedi matin midi, n’ayant pour seule volonté que celle de se rendre au plus vite dans un restaurant servant à ses clients des plats consistants et réparateurs. Etant donné notre situation géographique privilégiée, nous avons donc opté pour une bonne vieille fondue savoyarde et son assiette de charcuteries. Aucun risque de se rater, et ça donnait en plus l’impression d’avoir voyagé un petit peu.

En fait, ce réveil de samedi matin m’a rappelé que pour une bonne partie d’entre vous, vous lisiez ces quelques lignes avec une pâteuse du tonnerre, un mal de crâne de tous les diables et le bide un tantinet rancunier de ce que vous lui avez fait subir la veille. Comme nous avons décidé que le samedi ça faisait chier et que les week-ends étaient beaucoup trop courts pour les attaquer le vendredi à 19H, nous avons opté pour une avant-première tous les jeudis soirs.

Une soirée du jeudi, en général, ça s’appelle un traquenard. Sauf pour les chômeurs, les étudiants chanceux qui n’ont pas cours le vendredi matin, les vacanciers, certains chefs d’entreprise peu scrupuleux ou les commerciaux malins qui inventent des faux rendez-vous à l’extérieur pour leur patron alors qu’ils bavent dans leurs plumards, les gens honnêtes ont des métiers le vendredi matin, nécessitant généralement de se lever avant 8H.

Fort de ce constat, le jeudi soir, humant ce parfum de liberté et d’alcoolisme qui émane de tous vos bars préférés, lisant vos SMS de vos potes “Leon pas tard ?” , “Petit verre après le boulot ?” et, à mon avis, le pire “On n’irait pas se faire un apéro et un dîner pas tard ?”, vous vous dites “Nom de Dieu, j’ai envie de boire une bière, mais mon salaud faut pas que tu partes à la faute sinon demain tu vas en chier comme un Polonais et tu auras la productivité niveau zéro.”

Que veut dire un apéro pas tard en fait ? A quelle heure fixe t-on la barre ? Ce qui importe est davantage l’état que l’heure ? Autant de débats houleux que vous risquez d’avoir dès lors que vous aurez envie de filer à l’Anglaise, vous, l’homme responsable au milieu d’une bande de soiffards sans aucun scrupule et dépourvus, en théorie, de gueule de bois.

19H, votre cravate est posée en boule sur votre bureau et vous avez délaissé votre tableur excel depuis une grosse demi-heure, préférant largement le fil de discussion What’s App que vous avez avec vos copains, histoire de prendre la température globale et de décider d’un point de chute. Après plusieurs messages de tous les protagonistes de cette sombre affaire, demandant expressément à finir tôt, c’est pratiquement convaincu que vous vous rendrez dans une buvette du coin et que, après 3 bières en moins d’une demie-heure, vous aurez définitivement fait une croix sur vos voeux de sobriété. Il faut bien dire que c’est pas en attaquant le whisky coca à 21H30 que vous vous réveillerez frais comme la rosée du matin.

Viendra tout de même le moment fatidique, généralement autour de 23H, où le dilemme sera posé:

– “Les gars, on bouge ou on rentre ?”

Pour les Lyonnais, ça veut dire “on reste là où on migre vers les Brotteaux ?” … avec désormais la certitude de finir torché.

Bref, peu importe la manière dont vous réglerez votre cas, ce matin vous êtes dans le mal. Et en plus comme un con vous n’avez pas entendu votre réveil. Et pourtant, même s’il est quand même probable que vos potes soient dans le même état que vous, il sera important de s’en assurer, histoire de se sentir moins seul.

– “ça va ma poule ? Dis donc, tu galères pas un peu toi ce matin ?”

– “M’en parle pas je suis entre la vie et la mort, je crois que je vais torcher ce que j’ai à faire vitesse grand V et que je vais retourner fissa ronquer un peu…” 

Mais pourtant, on ne sait pas pourquoi, on a toujours le pote qui n’a rien du tout et qui en plus nous traite de PD.

– “Alors les gars, on est dans le mal ?? moi niquel, levé 7H30 et au bureau depuis 8H30. On se met une bringue ce soir ou vous continuez à faire les pédales ?”

Il faut dire que la nuit a été particulièrement pénible pour le commun des mortels. Endormi par dessus la couette avec le pantalon aux genoux, la chemise à moitié ouverte, le filet de bave reliant votre molaire droite à votre traversin, l’ordinateur ouvert dans le lit et les volets ouverts, il était peu probable que vous vous fassiez un réveil de champion. C’est même tout le contraire.

Torchant 1 litre et demi de flotte pendant le pipi du matin, vous jurant de ne plus jamais toucher à un verre en matant votre face livide dans le miroir de la salle de bain, vous disant “putain, vivement ce soir qu’on se couche” en vous tenant au mur de votre douche pour pas vous ramasser la gueule, c’est avec les yeux rouges, l’haleine incertaine, le ventre retourné et le crâne ébranlé que vous rejoindrez votre bureau.

Si vous lisez ces lignes avant midi, vous êtes certainement au bout du scotch mais pas encore à fond de vos capacités. Effectivement, vous avez la désagréable impression de mastiquer un pot de gel à chaque déglutition, oui, votre écran est étrangement sujet à des vibrations, oui, un lutin maléfique s’amuse à vous planter un trombone sur l’occiput et, non, la machine à café ne fait pas plus de bruit que d’habitude, c’est juste que les aigus risquent de gâcher un petit peu la journée !

Pourtant, vous irez déjeuner ce midi. Si jamais vous vous dites qu’il faut remettre le facteur sur le vélo et que vous avez la force de reprendre un verre de rouge, vous serez définitivement alcoolique mais vous pourrez éventuellement envisager un après-midi relativement normal. J’ai un ami assureur qui a pour devise “toujours prendre une cuite la veille d’une cuite”. Je sais pas bien comment il assure ses clients, mais cet homme a malheureusement raison. Dans le cas qui nous occupe, la gueule de bois engendrée par la déshydratation, elle-même provoquée par l’abus d’alcool, ne se soigne pas avec des médicaments effervescents. Si on recommande aux cavaliers de remonter immédiatement à cheval après une chute, ou à un enfant de caresser le chien qui l’a mordu la veille, c’est pas pour rien…

On est d’accord, mettre de l’alcool pour soigner une cuite, ça conduit généralement pas à grand chose de bien brillant, même carrément à l’alcoolisme. Et finir ventripotent, la peau rouge, les yeux globuleux, le pif en pomme de terre, le tout en sentant la pisse c’est pas mon truc. Vous trainerez donc cette vilaine gueule de bois jusqu’à 18H, l’heure où les portes de votre bureau s’ouvriront, laissant passer pour message subliminal “casse toi blaireau, rentre te coucher et que ça te serve de leçon !”. 

Pourtant, on sait tous que même au bout du rouleau, à lutter devant votre ordinateur, fixant l’heure qui n’avance pas, vous finirez bien par recevoir un petit message de rien du tout, type: “On boit un verre après le boulot ?”. 

Et vous répondrez “Ok mais pas tard…”

TGIF les copains !!!

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