TGIF – THANKS GOD IT’S FRIDAY | Jeudredi

by • Oct 07, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7238

Salut les coquins,

La petite revue de presse hebdomadaire est aussi rapide que finalement fastidieuse. Nos premiers pas dans ce mois d’octobre 2016 sont effectivement frisquets et le Français moyen découvre en ce moment même qu’il fait plus frais à cette période de l’année que pour le pont du 14 juillet pourtant pas si lointain.

Enfin quand je dis revue de presse, je parle surtout de la compilation des meilleures blagues lues ça et là (oui, ça et là) sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Des statuts certainement rédigés dehors, le matin, en train d’attendre le bus dans un courant d’air ou pendant le petit café/clope matinal devant le bureau, le pied sur la porte d’entrée.

Comme d’habitude, la plus drôle reste la moins originale puisque je l’ai vu 2 fois sur Facebook et 3 fois sur Twitter: “Est ce qu’on pourrait baisser la clim dehors s’il vous plait ?”

Y’a pas à chier, les changements de saison et les écarts de température, c’est vraiment une source d’inspiration inépuisable pour les troubadours, comiques troupiers et humoristes 2.0.

Pour appuyer mes propos et cette sensation plutôt désagréable de se peler le cul copieux, nous sommes aujourd’hui le 16 vendémiaire de notre bon calendrier républicain, soit en toute fin de période de vendanges. Ce qui, comme chacun sait, marque la fin officielle de l’été et le retour du nez qui coule, des vilaines gastros, des cols roulés et des peaux laiteuses.

Bref, comme l’écrivait le poète Vincent Duluc, journaliste sportif à l’Equipe, à propos de l’entrainement des joueurs de l’Olympique Lyonnais hier matin, les premiers frimas de l’automne se font ressentir sur la capitale des Gaules. Et d’ailleurs certainement sur l’ensemble de la France, mais ça je m’en branle.

Assez parlé météo, causons de la vie la vraie. Comme tout homme dans la force de l’âge, responsable devant la loi et respectueux des différents serments matrimoniaux, j’ai eu droit à ma petite sortie du jeudi soir et à mon petit réveil compliqué ce matin.

Ce serait mentir que de dire que je ne savais plus à quoi ressemblait un vendredi en gueule de bois, mais force est d’admettre que depuis ma mise au placard volontaire des activités alcooliques du jeudi soir, j’avais quand même oublié à quoi ressemblait de bosser dans le mal.

Et pourtant, Dieu sait qu’on en a mis des bringues le jeudi soir. Ces soirées pas comme les autres surnommées jeudredi, jeutise ou jeudi soif, finissant invariablement en bringue d’anthologie et en vendredi de merde.

En école de commerce, un bon copain que je salue en ces lignes m’a sauvé la vie pendant toute ma première année en émargeant pour moi tous les vendredis matins en cours d’Anglais.

Puis vint les premières années de boulot où je réussissais à assumer devant mon boss, jusqu’à ce jour funeste où je me suis réveillé comme un bien-heureux à 11H15, ratant une réunion de malade à 9H.

Et puis le temps de l’entrepreneuriat est venu, où on part boire un verre le jeudi sûr qu’à minuit on aura mis la viande dans le torchon, pour finalement partir en torche dès 22H.

– Les gars on en met une dernière ?

– Ouais mais alors rapide hein ?

– Ah bah oui oui, de toutes façons demain y’a école. J’ai pas du tout envie de passer la journée dans le mal.

Bon et puis 1H après…

– T’avais pas dit que c’était la dernière ?

– Si, si ! Mais demain mon premier RDV est à 11H et je fais que bosser en ce moment. On l’a bien mérité ! 

– C’est clair t’as bien raison. Et puis franchement, notre liberté nous coûte assez chère en charge, on peut bien se faire plaisir de temps en temps.

Je n’apprends rien à personne, l’homme est un animal aux capacités intellectuelles et physiques admirables, lorsqu’on le compare aux autres mammifères bien entendu. Mais dès lors qu’il est en goguette avec les copains, sa capacité à prendre les bonnes décisions est proche de celle du ragondin.

Fut un temps où mon ancienne stagiosse devenue directrice générale préparait le crash tous les vendredis matins. Lorsque je parvenais enfin à franchir la porte du bureau, vers 9H45, le tube de Doliprane était bien en évidence à coté de la machine à café et son instinct de survie lui indiquait qu’il ne fallait pas tenter d’entre en contact avec moi avant le déjeuner.

Et puis l’homme finit bien par trouver la femme, et entre dans un processus de fermage de gueule intensif le conduisant à mettre le frein à main sur les beuveries du jeudi, en convaincant ses copains, et surtout lui-même, qu’il est devenu adulte.

Et pourtant… pourtant… Qu’est ce que fait l’homme quand Madame est partie quelques jours ? Il appelle vite tous ses petits camarades de jeu et propose un petit thursday revival, officiellement pour vaincre cette soudaine solitude qui le ronge de l’intérieur, mais aussi beaucoup pour s’humecter un tantinet le fond du palais.

Généralement, les copains qui se joignent à cette ignoble sauterie sont célibataires. S’ils ne le sont pas, c’est que Madame est également accoudée à un bar avec ses copines, ou qu’elle n’est pas dans le coin.

Il y’a également une catégorie de copains qui viennent en laissant Madame à la maison. Ceux-là arrivent aussi avec une volonté inébranlable de ne pas basculer du côté obscure.

Soit ils se tiennent à leur voeu de probité toute la soirée et deviennent chiants comme la pluie, à zyteuter leur téléphoner toutes les minutes pour checker les minutes qui les séparent du couvre feu, prenant une crise de tachycardie en cas de SMS de la patronne, soit eux aussi décident de lâcher la rampe et de se la jouer bonhomme.

Pour foutre un pote dans une merde noire avec sa femme, rien de très compliqué, suffit de remettre en question sa virilité…

– Putain les gars il est 23H30, je vais pas tarder sinon je suis bon pour faire béquille jusqu’au week-end prochain !

– Attends ça va, 23H30, on n’est pas des chevaux de traie, ta femme doit comprendre que de temps en temps tu as besoin de relâcher la pression…

– Ouais, mais en ce moment on se voit jamais, j’ai des trucs tout le temps… Franchement faut que je rentre.

– Mec t’as changé. Avant t’étais un bon, tu les dressais et t’étais le patron. Enfin fais comme tu veux, rentre dans ta litière va.

– Oh ça va n’en fais pas trop non plus !

– Non mais j’en fais pas trop ! Si t’es pas une tarlouze tu restes assis et tu bois un dernier canon avec nous. 

On connait là aussi la suite, la belle équipe reste jusqu’à la fermeture du premier bar puis décide assez rapidement de partir dans la boite de nuit du coin chargée à la magnum, histoire de semer la bonne parole.

La connerie à ne pas faire ? Envoyer un SMS à votre meuf pour dire que vous allez bientôt rentrer. Déjà parce que ce texto ne sert à rien, qu’il risque de réveiller Madame et surtout parce que c’est un énorme mytho.

De base, le SMS est un outil à proscrire catégoriquement chez l’homme bourré. Je ne parle même pas des textos envoyés qu’on envoyait aux copines à l’époque où on cherchait un peu d’affection nocturne, mais le texto envoyé à sa nana qui n’a ni queue ni tête et qui ressemble en gros à ça:

– Mon chatz on. Va pas tarder à rentrer. Si tu dors déjà je te fais un gros bisous. c 

Autant écrire “chérie je suis plein comme une pute un jour de paye de marin, j’espère que tu dors à poings fermés parce que je risque de me casser la gueule sur le chat et de ronfler comme un goret.” 

Pour cet excès de virilité et cet affranchissement notoire des règles de bienséance maritale, cet homme dormira sur le canapé et se fera réveiller par un hurlement à 7H du matin qui lui fera regretter toute la journée sa petite bringue entre couilles.

Une journée en gueule de bois après 4H de sommeil est déjà assez compliquée à gérer, alors une journée en gueule de bois après 4H de sommeil pendant laquelle vous devez en plus négocier l’acquittement, c’est un putain de chemin de croix !

TGIF les copains.

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