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TGIF – Thank God It’s Friday | Just a teen-ager

by • Feb 27, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)1987

Coucou mes canards,

Dernier vendredi du mois de février, nous voilà quasiment sortis de l’hiver, fringants, mordants et guillerets à l’idée que le printemps revienne. Dans un mois nous serons aux heures d’été, on glandera en terrasse avec une bouteille de rosé qui jouera au Nautilus dans le seau à bouffe pour pingouins, on sortira la paire de Ray-Ban juste pour le plaisir de se les accrocher sur un col de chemise un peu ouvert et on commencera à se checker la marque de la montre pour voir si le soleil a fait son boulot. Mes deux jours préférés de l’année sont le début de Roland Garros et le premier apéro en terrasse. Si en plus on a une poufiasse qui boit une coupe de champagne avec un masque D&G sur la gueule en goodies, c’est carrément l’eldorado.

Tout ça n’est pour l’instant que pure théorie. Nous sommes vendredi matin, et ma stagiaire écoute Fauve, espèce de saloperie musicale déprimante pour vilaines laissées pour compte, trentenaires en crise ou tarlouzes à bonnet. Aux grands maux les grands remèdes, face à cette agression sonore, j’ai enfilé mon casque et ai cliqué sur le premier truc de mon iTunes. Et là, miraculeusement, alors que l’angoisse de la page blanche commençait tranquillement à monter en moi, mon clique salvateur s’est posé sur Tryo. “désolé pour hier soir, d’avoir fini à l’envers la tête dans le cul, le cul dans le brouillard…”, “J’ai pensé que peut-être on pourrait nous permettre de fumer nos pètes.” Bref, ce groupe me rappelle mes voyages en voiture avec mes parents où je squattais la banquette arrière du véhicule familiale, discman Sony à balle dans la poche du baggy tout en jouant au snakes sur mon 3310. Nom d’un cul c’était pas tant mal.

Bon temps oui, mais pas que. C’est vrai que l’adolescence est une période de troubles, de découvertes, de changements mais surtout de grandes frustrations. Sans rentrer dans la psychologie de supermarché, on sait que cette fameuse crise est la cause d’une mauvaise perception. En clair, l’ado se croit capable d’être un adulte, aspire donc à des loisirs pour les grands alors qu’il n’est qu’un branlomane végétatif tout juste bon à glousser devant une paire de seins et à dire à ses parents qu’ils sont cons. En clair l’adolescence est à l’intelligence ce que le bouton de manchettes est au débardeur.

De fait, si pendant l’adolescence le jeune mâle que je fus rêvait d’argent, de bringues jusqu’à plus soif et de boire du champagne entre les seins de Jennifer Aniston, la vérité était nettement moins glorieuse, plutôt faite d’appareil dentaire, de duvet inesthétique au dessus des lèvres mais fort heureusement sans bouton.

L’adolescence est surtout une période où rien n’est pardonnable. Si on nous explique qu’en prison il y’a le clan des forts et celui des faibles, que son cul doit être protégé par un plus dur que soi et que la vie est une jungle, qu’est ce qu’il faut penser d’un bahut ??

L’adolescent est con donc l’adolescent est cash. Deux des principales preuves qu’une personne est abrutie sont l’impulsivité et le manque de tact. Evidemment, l’ado bagué à la voix de crécelle possède ces deux qualités… du coup, interdit de se pointer en cours avec un truc ringard, avec une merde collée à l’appareil dentaire ou une odeur de poisson sur le pull à cause de la cantine du midi. Les filles sont généralement encore plus connes que les mecs, la faute à leurs cris insupportables de pucelles en crises hormonales, aux séries débiles et aux posters d’androgynes qui se déhanchent à la Ricky Martin sur les mûrs de leurs piaules. Du reste, quand on sait ce qu’est devenu Ricky Martin, y’a franchement pas de quoi la ramener. Bon, là je parle de l’époque Boys Band. Aujourd’hui je n’ose même pas imaginer ce que les pisseuses ont sur leur mûr, mais j’espère quand même pas qu’elles idéalisent un barbu ténébreux dès leur 12 ans.

En fait, le seul véritable truc qui obsède un adolescent est le cul. La mauvaise perception de l’adolescent dont nous parlions plus haut est d’ailleurs particulièrement vraie lorsque nous abordons ce sujet. L’ado homme n’est qu’une paire de couilles bipède, tandis-que l’adolescente femelle est plutôt, pour la plupart, relativement coincée sur le sujet, au moins dans ses jeunes années. D’où méprise, mal-entendus et difficultés de communication.

En fait la principale crainte d’un adolescent en train de se mettre une main dans les couilles n’est pas tellement de s’en foutre plein le falzar mais plutôt de se faire gauler par ses vieux. D’ailleurs c’est drôle mais finalement quand j’avais 15 ans j’avais surtout peur de me faire attraper en fumant et en me faisant le “porno” de M6 ou RTL9. Pas de grand rapport entre les deux, si ce n’est de tirer sur une tige, et surtout d’envoyer un message à ses parents: “Les copains, je suis en phase de devenir un homme.”

Quand j’avais 14 ans nous avions un ordinateur fixe à l’appartement. Dans mes souvenirs il s’agissait d’un Compaq blanc qui mettait 10 minutes à s’allumer, carburant à Windows 98 et trônant dans un recoin de la cuisine afin que mon beau-père puisse jouer au solitaire tout en s’assurant que ma mère n’avait pas quitté ses fourneaux. Cet ordinateur disposait d’un abonnement AOL 50H par mois pour l’ensemble de la famille et faisait ce fameux bruit quand il se connecte, celui qui fait que nous passons pour des vieux cons quand on l’entend et qu’on s’écrie comme des cons “putain ça faisait ce bruit là Internet au début”. Bref, impossible de se la faire en solo sans se faire attraper par ma mère. En plus, me concernant, dernier d’une fratrie de 3, je crois que je me serai bien trop fait charrier par les grands si je me faisais attraper en 5 contre 1.

Chanceux que j’étais, j’avais quand même un combi télé/magnetoscope dans ma chambre. Mais comme j’étais distrait, la cachette à VHS de cul qui se trouvait dans mon sac de golf a été découverte minute par la reine mère, qui ne s’était pas gênée pour sortir la panoplie de ce qu’on n’a pas envie d’entendre comme “je suis terriblement déçue”, ou “c’est honteux”.

En clair l’adolescence fut pour moi un long fleuve tranquille sans véritable crise ni traumatisme. Je ne fumais pas de pétards, j’étais pas hyperactif à vouloir casser tout ce que je voyais et j’en voulais pas à la terre entière. En cours je faisais plutôt parti du clan des populaires, ceux à qui on fout la paix et qui ont le droit de venir te taper une pièce de 5 francs pour prendre une canette de coca au distributeur. Bon, j’étais pas bon élève et j’étais skateur, ce qui aidait à être bien aimé des filles… La seule ombre au tableau de cette adolescence peinarde est un petit redoublement de la classe de 3ème avec un échec au brevet des collèges qui marquera à jamais l’histoire de ma famille, composée de pas mal de branquignoles à l’école mais dont aucun membre n’avait réussi pareil exploit. Jamais en reste, j’avais expliqué à l’époque avoir eu un tournoi de golf pendant l’examen et que du coup je n’avais pas passé toutes les épreuves. En fait… si. Et j’avais même révisé…

Je pense que je dois cette traversée sans heurts à mes parents qui eurent l’intelligence de ne pas être cons. Au lieu de dire non à tout, ils ont préféré le “oui mais”, avec un cadre, un objectif, une récompense et une explication. La méritocratie par la phase d’apprentissage de qui on est et de son environnement. Typiquement, allez dire non à un gamin de ses 14 à ses 18 ans et regardez le voler de ses propres ailes une fois que l’enfant prodige à quitté le nid en faisant un fuck à ses vieux cons… il va pas aller bien loin.

Sachant très bien que j’allais bien finir par sortir, par rejoindre des filles le soir et par fumer quelques clopes, mes parents ont préféré autoriser plutôt que m’obliger à faire le mûr et à vraiment faire des conneries. Qu’est ce qui attire le plus les adolescents ? L’interdit… Du coup, si j’étais le seul à avoir des parents permissifs, considérés même comme démissionnaires par les parents de copains moi, j’étais également le seul à ne pas gerber avec une bière, à ne pas chercher la merde dès que je sortais et à ne pas fumer des pétards longs comme ma bite.

Et puis qu’est ce que je donnerai pas pour revivre les premières amours, les sms à la sauvette, les roulages de patins ratés. Me concernant, ma première pelle a fini appareil contre appareil, même que ça a fait “cling”… Dans mes souvenirs je crois même que la langue est passée à côté de la bouche !

TGIF les copains !!!

A mon parrain… 

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