TGIF – Thank God It’s Friday | Week-end entre potes

by • Nov 06, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)1969

Salut les coquins,

Premier TGIF de ce mois bien dégueulasse qu’est novembre, ayant tout de même pour intérêt de fournir deux journées de glande supplémentaires à nous autres travailleurs français.

Preuve irréfutable que tout va mal et que tout fout le camp, cette année ce n’est pas deux mais un seul jour férié qui s’offre à nous puisque le 1er est tombé dimanche dernier. Hasard du calendrier ou volonté divine de nous rentrer le poing jusqu’au gros intestin, chacun se fera sa propre opinion dans son coin.

Aux grands maux les grands remèdes, j’ai décidé de pallier à ce foutu coup du sort du calendrier grégorien en faisant mes bagages jeudi dernier direction Londres, capitale de la finance européenne, de l’excentricité, de la pop et accessoirement du Royaume-Uni.

Outre le bonheur d’avoir réussi à prendre le système en semi-levrette en attaquant le week end le jeudi soir, remettant de fait le week-end du 1er novembre à trois jours, j’ai eu la joie de partager ces émotions d’outre-manche avec la bande de potes ancestrale, elle aussi plus que jamais prête à en découdre avec la perfide albion.

J’ai le souvenir d’une réplique dans le film les Poupées Russes qui dit “On ne sait qu’on est amoureux que lorsque l’on part à l’étranger avec la fille qu’on aime”. Si cette affirmation sonne un peu psychologie de rayon charcuterie sauce Marc Lévy, il ne faut toutefois pas la prendre à la légère. Vous lisez un mec qui a réussi à se faire plaquer quasiment aux tapis à bagages en rentrant de Marrakech.

Pour une bande de potes c’est la même chose. Vous avez beau avoir 30 piges dont 15 d’amitié, trois jours à cinq excités rapidement irritables après un enchainement de nuits quasi blanches et de journées à battre le pavé, il faut de temps en temps ranger le poing dans sa poche.

Nous concernant, même pas eu besoin. Une alternance de fous rires, de discussions sérieuses, de bringues, de visites, de raisonnements de comptoir et le tour était joué.

Bref, là n’est pas le propos. Comme je vous aime d’amour et que mes pensées volent vers vous dès que j’ai 30 secondes devant moi, je pensais dès dimanche après midi dans ce putain d’Easy Jet retour à ce que j’allais bien pouvoir baver dans ce billet hebdomadaire. Finalement, est-ce que le TGIF, qui est étymologiquement l’apologie du vendredi et donc du week-end, n’est pas fait pour parler uniquement de ce qui se passe en fin de semaine ?

Moi je pense que si. Du coup, parlons du week-end à l’étranger avec les copains, de manière générale.

Je vous passe la fastidieuse description des nombreux et houleux messages concernant d’abord le lieu, puis le vol, puis enfin le choix de l’appartement. On y passe trois plombes, on a toujours l’impression qu’il y’en a un dans le tas qui en branle pas une, un autre qui fait mine de participer mais systématiquement pour dire qu’il est pas d’accord, et un qui est toujours OK avec vous et à qui, du coup vous envoyez des messages privés, c’est à dire dans un autre groupe de discussion que celui spécialement créé pour l’occasion genre on est trop chaud.

Oui parce que désormais, un week-end entre potes ou des vacances, ça commence plusieurs semaines avant via un fil de discussion what’s app ou Facebook que l’un des couillons aura bien pris soin de renommer via un jeu de mot débile ayant un rapport plus ou moins proche avec la destination finale. Nous concernant, et sans trahir de secret, c’était “Queen mum is watching you”, cet été c’était “L’enquête Corse” et on a même eu droit à “Les petits buvards”, sorte de parodie éthylique des petits mouchoirs pour des vacances au Cap Ferret.

En fait ce qui compte vraiment n’est ni le lieu, ni l’appartement, ni le vol, ni quoi que ce soit: c’est juste la gestion du premier soir.

On connait tous l’histoire. Chacun sort de son avion respectif et on se retrouve dans l’appartement loué où le premier arrivé aura évidemment pris soin de préparer l’apéritif. Si vous avez des potes aussi géniaux que les miens, vous frapperez à la porte de l’appartement et la personne qui se trouve l’intérieur vous ouvrira en vous mettant entre les mains une Corona toute neuve, avec même la rondelle de citron vert à l’intérieur.

On est d’accord que si on se met pas carton avec une Corona, elle est quand même là pour en appeler d’autres. Et puis on se retrouve tous, on a la chauffe, on veut croquer cette ville à pleines dents et on a encore la chance d’avoir des chemises repassées.

– Bon les gars, je connais un resto super cool. Le jeudi c’est malade là bas, on va être au top. Ce que je vous propose: on va diner la bas, après on va dans le bar à côté où y’a tous les mecs du coin qui viennent le jeudi, on rentre se coucher à la fermeture à 2H et demain réveil à 9H pour se faire l’expo dont on parlait.

On peut s’arrêter cinq minutes sur la concordance pas forcément obligatoire entre le manque d’expérience et la naïveté. Clairement, vous avez l’expérience des traquenards, des soit-disant verres après le resto sans partir en sucette qui se terminent le zob à l’air dans le pot d’échappement d’un Range Rover, pourtant, on reste naïf et en plus on s’y met à plusieurs.

– Chaud pour le resto, le verre, et le retour pas tard.

Voici la réponse typique et tous en coeur de la bande de cons chauds comme des huiles qui n’y croient pas une seconde au fond d’eux mais qui espèrent toujours être des gens responsables.

Comme dit un de mes potes “Une fois que t’as rentré la chemise dans le froc et que t’as mis un pchit pchit de parfum sur la gueule tu sais que t’es marron.” Voici encore une affirmation d’une justesse chirurgicale. Pourquoi est ce que les 5 couillons supposés bouffer un tartare et boire une tisane à côté sont tous dans la salle de bain en train de se faire beaux comme des crèches ?

Bref, comme dans tous les groupes de potes, le GO sonne la soupe, demande à celui qui met systématiquement 3 heures pour se préparer d’accélérer le mouvement, à celui qui est toujours bien organisé de garder les clés, à celui qui glande toujours sur son téléphone de commander le Uber, et vous voici partis direction embuscade, vol sans escale et sans billet retour.

– Vous buvez un apéritif Messieurs ?

Voici la question qui logiquement aurait du créer la première dissonance du week-end chez des convives qui, on l’a vu, projette fermement de la jouer soft pour arpenter les musées le lendemain.

– Demande à un chien s’il veut de la viande ! Ce sera pinte pour tout le monde et une bouteille de rouge dans la foulée.

Alea jacta est, all in, Tapis, Rideau, appelez ça comme vous voulez mais la gestion du premier soir est déjà derrière vous. Satisfaction tout de même, le groupe de potes est plus que jamais soudé, pas de nuage à l’horizon au dessus de votre indéfectible amitié.

Evidemment, le dîner se passe bien, le digestif également, le verre dans le petit bar d’après confirme les bonnes dispositions générales et ce beau monde s’oriente tranquillement vers un lieu de latte appelé club, boite, after ou ce que vous voulez. C’est à ce moment là que la première discussion d’organisation interviendra.

– Bon, les gars, c’est le moment de savoir ce qu’on veut. J’ai un pote qui bosse dans une boite de nuit à 10 minutes de taxi. La boite est incroyable et faut vraiment qu’on y’aille. En plus il a promis de nous mettre une bouteille si on va le voir…

– Ah ouais mais laisse tomber, demain ça va être l’enfer si on rajoute une quille la…

Puis vient un autre soutien de la théorie de la fuite:

– Ah ouais il a raison, moi je suis déjà plein comme une pute un jour de paye de marin, et demain on va en chier copieux, je suis plutôt d’avis d’aller ronquer, on a encore tout le week-end.

Après cette plaidoirie aussi vulgaire qu’efficace, il y’a toujours un léger doute qui s’installe. Puis, après le doute, la certitude de devoir rentrer. Du genre: “Ouais les cadets c’est vous qui avez raison, on a fait un petit warm-up ce soir, on en garde sous le pied pour les autres soirs. C’est mieux non ?”

Et c’est là qu’il y’en a toujours un qui vient casser la baraque.

D’un autre côté, on n’est pas tous les jours ici. Et puis on n’est pas des fils de lâche, si on se couche tard ce soir on assumera. C’est pas comme si c’était la première fois. Les gars, sans déconner on y va !

Arrêt de mort signé, journée du lendemain ruinée. Me concernant, je me cache derrière le fait que ce n’est pas moi qui suis en possession des clés et que, de fait, je suis dans l’obligation de me soumettre à la volonté commune.

Evidemment vous allez envoyer une bringue de concours, évidemment ce sera la meilleure du week-end, évidemment c’était ce qu’il fallait faire. Et évidemment c’était ce qu’il ne fallait pas faire.

“Qui veut voyager loin ménage sa monture” disait Racine, “Qui veut boire longtemps ménage sa biture” disait le voyageur moderne. De part le fait, il ne faut jamais oublier qu’après la cuite il y’a la gueule de bois, qu’après la folle soirée il y’a la sale journée, et qu’après la nuit quasi blanche il y’a le repos.

Oui, mais si jamais vous avez pris soin de prendre les photos qui vont bien pendant la soirée, de filmer le pote qui part en vrille, que vous êtes suffisamment pas cons pour mettre le réveil pas trop tard et que vous allez lever vos potes avec une petite projection des pépites de la veille, vous serez repartis comme en 40, de nouveau prêts à affronter le mal.

Trentenaires, nous sommes dans LA tranche d’âge des week-ends entre potes, à mi-chemin entre l’absence totale de pognon et les futurs enfants. Alors profitons en  à 100% bonté !!

TGIF !

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