TGIF – THANKS GOD IT’S FRIDAY | 10 octobre 2014

by • Oct 10, 2014 • T.G.I.F.Comments (0)1915

Ami effronté, je te salue bien bas.

Comment s’est passée votre semaine ? Ici bas ça avance comme ça peut.

Une énième preuve qu’on devient vieux: recevoir à dîner ses parents et sa grand-mère.

Une preuve qu’on n’est pas si vieux: le coup de fil de sa mère en début d’après-midi pour signaler que les courses avaient été faites et que je n’avais rien à foutre. Parce que je cite “Sinon je sens qu’on allait bouffer nos lacets et tu allais encore passer pour un con auprès de ta grand-mère.”.

Une preuve qu’en fait si, si, je suis vieux. J’écris ces quelques lignes sans m’en rendre compte en écoutant un album d’Alain Souchon et me reconnais dans sa chanson nostalgique “Rive gauche”. Si vous ne la connaissez pas je vous recommande de l’écouter, elle est tout à fait remarquable.

Enfin non, 27 piges bordel à queue, encore jeune, prêt à mordre la vie, à l’affronter et à conquérir le monde comme Minus et Cortex. Si vous ne connaissez pas non plus, je peux pas tout faire à votre place…

Bref, revenons aux parents et à la grand-mère qui viennent diner chez nous pour la première fois.

La première fois que vous les recevez, vous avez l’impression que vous jouez votre crédibilité, que c’est l’occasion ou jamais de montrer que désormais vous êtes un homme et que si vous les recevez comme des bouseux vous allez définitivement passer pour un gland auprès de votre famille. De fait, à l’époque, je m’étais tapé les courses chez Picard, la bouteille achetée chez le caviste et avais tout bien récuré du sol au plafond pour bien montrer que si, si, je suis capable de vivre tout seul et de tenir une baraque comme un grand nom de dieu.

Au final, ma mère s’était pointée avec de la bouffe pour 4, ma grand-mère pareil, elles avaient inspecté les lieux de A à Z et avaient évidemment trouvé des toiles d’araignées et de la poussière, pour que finalement ma mère astique et balaye pendant l’apéro. J’avais même eu droit à un cours magistral sur comment disposer le bordel dans un lave-vaisselles pour optimiser le nettoyage.

Non mais maman t’inquiètes pas je vais ranger, rentre donc tranquillement et t’emmerdes pas”

“Non non mais regarde je te montre juste là, tu vois le couteau dans ce sens, et puis les grandes assiettes plutôt au fond comme ça elles gênent pas celles de devant”

Je suis pas spécialement malin mais se prendre une leçon de lave-vaisselles à 25 ans ça fait quand même drôlement mal au cul.

Bref, du coup cette année hors de question de recommencer le même cirque, même si ma situation financière fait que je me tâte à finalement les recevoir comme des clodos pour qu’ils prennent pitié et qu’ils me fassent tomber 1000 balles.

Enfin non, un peu de fierté, 27 ans, grand garçon, il ne sera pas dit que je ne peux pas recevoir ma grand-mère, mon beau-père et ma mère dans des conditions de confort optimales, alternant gastronomie, raffinement et propreté.

Bénéficiant des largesses de mon coloc, la femme de ménage est passée la veille et à tout mis niquel. C’est pas compliqué, quand on rentre après son passage, j’ai l’impression d’avoir réussi. Tout brille, tout sent bon, et en plus elle me plie mes fringues qu’elle pose sur mon lit qu’elle a aussi refait façon suite impériale au Peninsula.

Du coup question propreté j’étais royal, ils sont arrivés dans un appartement sans un pet de poussière et parfumé grâce aux bougies Baobab disposées un petit peu de partout dans le salon. Odeurs jasmin, lilas, citez nos divisions nos soldats. (NDLR: Après Souchon, YouTube m’a forcément amené sur son copain Laurent Voulzy…)

Devant ma grand-mère qui regardait tout en se demandant à quel moment elle allait enfin tomber sur le pot-aux-roses, la pièce dans laquelle j’aurai entassé tout le bordel avant son arrivée type chambre de Pierre Brochant dans le Dîner de Cons. Ma mère de son côté souriait de manière ostentatoire pour faire croire à tout le monde que tout était parfaitement normal, qu’elle ne doute pas que je sois un grand garçon alors qu’elle m’avait appelé 4 fois dans l’aprem pour savoir si j’avais pas besoin d’aide. “Non mais je passe à ton bureau prendre tes clés et je vais préparer un peu, tu dois pas avoir trop le temps toi…”.

Manière polie et cachée de dire “Comme t’es un énorme bordélique et que j’ai pas envie de bouffer de la merde sur une table dégueulasse, je vais aller faire les courses, cuisiner et passer un coup dans tout l’appart. Ca évitera en plus de montrer à mon mec et à ma mère que mon fils est un romano.”

Heureusement rien de tout ça, tout fut absolument formidable.

Rendons un hommage collectif et appuyé à la tapenade de ma grand-mère qui n’avait rien à envier à celles des plus grandes cuisinières provençales, ainsi qu’aux nombreuses pièces “cocktail” faites avec amour par ma mère, bien aidée manifestement. Par qui ? Par Picard.

L’ambiance fut remarquable, la grand-mère nous a encore raconté ses anecdotes d’avant-guerre, ma mère a encore fait mine que ça l’intéressait tout en marmonnant dans sa barbe “Nom de Dieu il fait pas bon vieillir, complètement à la masse la vieille” et mon beau-père a longuement argumenté sur le fait que Megève était une station de pédé, que les vrais skieurs allaient à Val d’Isère ou à Méribel. Ma mère l’a toutefois repris, lui expliquant que Megève était tout de même une bien belle station, convenant néanmoins qu’elle se ferait bien construire un chalet à Méribel. “Si je gagne au Loto évidemment” dans un fou rire quasi général. Mon beau-père, cartésien, lui fit toutefois remarquer que “pour gagner il faudrait déjà que tu joues !!”, ajoutant là aussi une petite touche d’humour “parce que statistiquement, 100% des gagnants ont joué !”. Un vrai festival je vous dis !

Je vous passe la bonne demi-heure consacrée à passer en revue tous les membres de la famille, dont certains déjà calanchés depuis longtemps. Qu’importe, des oreilles ont du siffler.

L’appartement étant vraiment pas mal, si vous êtes sages je vous inviterai, j’ai lu une chose horrible et à mon avis définitive dans le regard de ma grand-mère. Sa manière d’examiner l’appartement, sa taille, la beauté du parquet, les meubles, la décoration… puis ensuite de me regarder de haut en bas, la connexion voulait clairement dire:

“Tu es devenu grand, adulte, tu n’as plus besoin de mon soutien financier petit con. Pour Noël tu auras une paire de sandales et encore je suis trop aimable”

Je plaisante, j’ai beau avoir bientôt 28 ans, c’est toujours une fierté de dire à ses parents “venez dîner à la maison”. C’est pas spécialement un accomplissement, c’est pas comme si je les invitais dans un penthouse de 900 mètres carrés à Bel-Air, mais il faut bien reconnaître que lorsque nous étions enfants puis surtout ados, on rêvait de mettre les bouts et de dire au-revoir à ses vieux sur le pallier.

De toutes façons on n’est plus des gosses qu’on se le dise, preuve en est encore une fois avec la prestation de serment de mon imbécile de cousin ce soir et les 32 ans d’un pote samedi. Putain !!!

Bref, du coup j’étais ravi de les recevoir, et mine de rien j’ai bien bouffé !

TGIF mes petites chattes, soyez bien mignonnes.

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