TGIF – THANKS GOD IT’S FRIDAY | 21 Mars 2014

by • Mar 21, 2014 • T.G.I.F.Comments (0)2635

C’est le printemps, les oiseaux chantent, la nature se réveille, les terrasses sont ensoleillées, le rosé coule entre les glaçons, les filles se dénudent et le rhume des foins casse les noyaux.

En guise de préambule, je tiens à féliciter le toujours anonyme auteur du TGIF de la semaine dernière. Un véritable coup de maître pour lui puisqu’il réalise le 2ème plus gros score de l’histoire de cette chronique. A en devenir jaloux… Je me console et me rassure en me disant que j’avais formidablement marketé l’histoire avec le coup de la rançon. Egocentrisme, auto-congratulation, pour ne pas dire auto autre chose, si vous connaissez un psy qui peut me prendre pour pas trop cher…

Nous le disions en introduction, c’est donc enfin le printemps et son programme de réjouissances. Si les barbecues entre amis, les apéros entre potes,  les plans piscine, pétanques, ping-pong, tennis, pénis etc… nous font clairement de l’œil, n’oublions pas que nous rentrons aussi dans la douloureuse période des fêtes de famille. Et puis pas les meilleures. Celles où on arrive dans le mal, le crâne en sky, agressé par le soleil qui tape sur la terrasse de tatie Jeannine, avec le cousin qui a bien compris que vous étiez entre le coma et la mort et qui s’obstine volontairement à hurler dans votre oreille tout en feignant de ne pas comprendre pourquoi votre verre de Ricard était toujours plein. A ce propos Olivier, si tu t’amuses à ça encore cette année tu vas moucher rouge. Et si tu racontes encore une fois que j’ai dégueulé sous le lit dans la chambre de papi et mamie à Venise je te fume.

Une fête de famille un dimanche quand il fait beau, vous empêchant donc de faire du golf, du poney, de l’accrobranches, de l’élevage de cotons en appartement, de glandouiller en terrasse ou tout bêtement de ronquer au bord d’une piscine, c’est déjà emmerdant. Surtout que généralement c’est pour le baptême de votre petit cousin qui chiale, la communion de votre cousine que vous avez vu 4 fois, ou la confirmation d’une autre cousine qui commence à devenir vraiment pas mal à 16 ans, et c’est justement bien le problème. Le pire dans tout ça, c’est que vous n’aurez même pas un cadeau pour vous remercier d’être venu, seule raison pour laquelle je me déplace pour les déjeuners de Noël. Oui mais au fond, ça reste votre famille, et puis dans le tas il y’en a que vous aimez. Voir vos frères et vos belles sœurs ainsi que leurs rejetons vous fait plaisir, idem pour 2 ou 3 cousins et la grand-mère. Mais alors imaginez le pire: le déjeuner de famille… chez votre belle-famille !!

On plante à nouveau le décor. Samedi soir, 3H30 du matin, vous regagnez votre plumard avec votre chère et tendre + 3 grammes. Vous saviez que vous aviez un déjeuner de famille chez les parents de votre copine le lendemain, que vous ne connaissiez pas encore son père, mais vous avez passé la journée à dire “non non pas ce soir“, la soirée à dire “ok mais pas tard“, et vous voilà finalement comme un con, redoutant le réveil du lendemain et surtout le déjeuner qui va s’en suivre.

Dimanche matin, 11H15, vous ouvrez l’œil, regrettant de ne pas avoir pris un jour de congé le jour de votre naissance. Vous prenez rapidement conscience de l’urgence de votre situation: 1H pour se ravaler la façade, s’habiller, acheter un bouquet de fleurs au marché et faire les 100 bornes ou à peu près qui séparent votre domicile de la maison des parents de Madame.

Après avoir pris un bon tarif réglementaire “tu vois je t’avais dit de pas te mettre une caisse, t’es vraiment con hein ?!” suivi quelques minutes plus tard du “putain mais t’étais obligé de mettre 2H pour acheter 10 roses ???“, vous voilà embarqué en passager dans la voiture de votre gueuse, prêt à affronter le regard du beau-père aimant sa fille, l’ayant vu naître, et naturellement pas forcément pressé de la voir partir pour un jeune trou du cul dans votre genre.

1H plus tard, arrivant dans la maison des secrets, votre habituelle confiance en vous, à l’aise partout et avec tout le monde, va sacrément voler en éclats… Votre copine vous précède dans cette maison dans laquelle elle a grandit, prêt à enfin montrer l’heureux élu à toute la famille qui ne veut pas en rater une miette.

Un peu comme les acteurs qui rentrent sur scène, c’est généralement la première réplique qui détermine le succès ou non de la prestation. Vous éternuez histoire de dégager le chat qui pionce au fond de votre gorge, vous tendez votre main, figez votre sourire de ravi de la crèche sur votre visage blanc comme un bidet, et lancez votre meilleur “Bonjour Monsieur, Adrien…“. A ce moment là de la partie, vous n’avez plus qu’à espérer retrouver une main en état de fonctionnement assez vite. A la place du beau-père, j’hésiterai pas à lui broyer littéralement les phalanges, histoire de lui montrer que non seulement je l’aime aussi, mais surtout que je l’ai vu toute nue avant lui, ce petit gay.

Le videur ayant accepté bon gré mal gré de vous laisser rentrer dans son salon, vous allez pouvoir saluer le reste de la famille: petite sœur sympa qui cherche à vous déstabiliser, grand frère pas sympa qui a clairement envie de vous péter la gueule, grands parents bienveillants qui ponctuent leurs phrases par “Merci Adrien vous êtes charmants”, et bien sûr la mère, maîtresse de maison qui vous dira fréquemment “Adrien assis-toi, ne touche à rien“, mais qui va vous fracasser dans le dos si vous suivez à la lettre ses instructions de ne rien branler pendant le déjeuner.

Après avoir prononcé un timide “santé” en levant votre coupe de champe à l’apéro, bénéficiant tout de même du regard complice de votre copine qui, par un habile petit sourire en coin, vous fera comprendre que pour l’instant tout va bien, mais qu’il n’est pas question de flancher au 3ème trimestre.

Généralement pendant l’apéro, vous laisserez votre copine parler avec sa famille de sa vie, de son travail et de ce qui ne va pas, espérant simplement ne pas avoir à subir trop de “l’autre jour avec Adrien on a fait ça“, sachant pertinemment que l’attention se portera sur vous et que vous serez obligé de parler devant tout le monde d’une chose totalement chiatique.

Pas folle la guêpe, votre “belle-mère” aura pris soin de vous installer entre elle et sa fille, histoire de pouvoir vous questionner durant tout le repas sans la vexer, bénéficiant même de son consentement. Le beau-père, assis de l’autre côté de sa femme (cette phrase peut être maladroite, merci de m’excuser), rebondira sur quelques phrases. Il s’agira de ne pas chier dans la colle sinon c’est la fin.

Je me rappelle d’un séjour en Espagne, j’avais terriblement bien mangé !”

Analyse: le beau père est un bon vivant, il aime la charcuterie, le vin rouge et doit certainement pas être contre une discussion là-dessus.

La phrase de réponse: “j’y suis allé plusieurs fois, il faut admettre qu’un bellota bellota avec un bon Rioja, ce sont des bonnes choses de la vie. Toutefois, même si l’Espagne produit des charcuteries exceptionnelles, un bon Bourgogne me manque toujours lorsque je pars à l’étranger“.

Analyse du beau-père: Le gamin a pas l’air maladroit en gastronomie, il a l’air d’aimer les bonnes choses. Avec un peu de chance on va même pouvoir causer foot et rugby. CQFD: Ça doit pas être un mauvais bougre.

En fin de repas, après avoir répondu très clairement et tout à fait correctement à votre belle-mère, l’ayant elle-même interrogé sur son enfance, la beauté et la sagesse évidente de votre copine lorsqu’elle était petite, ainsi que sur les belles ballades à faire dans la région, vous attendrez tout de même un regard de chaque membre de la famille à votre encontre ou à celle de votre promise, histoire de déceler un indice sur ce qu’ils pensent de vous.

Si vous avez du bol et que votre beau-père lance un “ça tombe bien il est pas trop tard, Lyon joue dans 1H, vous restez ?”, répondez un “Bah on ne va pas rentrer tout de suite du coup, on va faire le match ici. En plus là c’est le match capital, si on perd on peut dire adieu à la qualification en C1 !“.

En rentrant chez vous, pas fâché d’avoir terminé cette journée de grand oral mais tout de même angoissé par le verdict des juges, vous demanderez une grosse 20aine de fois à votre copine ce qu’elle a pensé de votre prestation. Si elle reçoit un SMS de sa mère disant “Adrien a été très sympathique et avait l’air à l’aise. Ça nous a fait plaisir de vous avoir“, vous pourrez vous dire que celle avec qui vous êtes est vraisemblablement la bonne… jusqu’à ce que vous la présentiez à votre mère !

Vous allez me dire que c’est un coup de bol d’avoir un beau-père qui lance ce genre de sujets de discussion. Dites vous bien que de toutes façons, si votre beau-père n’aime ni la bouffe ni le sport à la télé, considérez que c’est un con et que vous n’avez rien à foutre avec sa fille.

J’espère que ce petit billet aura été instructif. Bon Week-End à tous, bon déjeuner de famille dimanche !!

TGIF !!!!!!!!

 

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