TGIF – Thanks God It’s Friday | Beaujolais Nouveau

by • Nov 18, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7571

Salut les coquins,

Vous excuserez une nouvelle fois mon absence de la semaine dernière mais voyez-vous, c’était férié !

Autant les fêtes m’emmerdent, autant dès qu’il s’agit de rester au fond du plumard pour célébrer une victoire de notre grande armée française sur le vil teuton, j’en suis !

Parmi les fêtes qui m’intéressent beaucoup, il y’a évidemment le Beaujolais Nouveau. Chacun le sait, c’était hier soir, et ceux qui y’ont trempé les lèvres le regrettent assurément ce matin…

Hier matin déjà, dans un petit rade à côté du bureau dans lequel deux soiffards de la première heure se raffinaient gaiement, j’avais assisté aux premières conclusions de dégustation du Beaujolais Nouveau.

– Cette année je trouve pas le goût de banane !

– Ouais. Possible. En revanche moi j’y trouve un vrai goût de merde. Comme tous les ans.

Cet humour gaulois m’a fait glousser, même si les vapeurs de Beaujolais avant 8H du matin peuvent brasser le premier venu.

Néanmoins, je souhaite ardemment attaquer cet exposé sur le Beaujolpif par une réhabilitation complète de cette magnifique région viticole.

Oui le Beaujolais Nouveau donne mal au crâne et n’est pas franchement bon. Mais il n’est pas fait pour ça !

Et oui, l’image de toute une région souffre à cause de cette drôlerie marketing alors qu’il y’a des vins exceptionnels, notamment en blanc, qui méritent d’être connus.

Mais bref, là on parle du Beaujolais qui tâche, de celui qui colle la chiasse, la gerbe, qui déchausse les dents et qui donnent envie de crever.

Avant que le Beaujolais Nouveau ne soit livré jusqu’au Japon par avion cargo et ne soit bu jusqu’à plus soif dans tous les bistrots de France le 3ème jeudi de novembre, le poète Léon Daudet s’était penché sur son cas et avait dit cette phrase magnifique: “Il y’a 3 fleuves qui coulent à Lyon: Le Rhône, la Saône et le Beaujolais”.

Et pour vous consoler d’avoir pris une sombre cuite hier soir et d’en chier comme un Polonais ce matin au bureau, voici un peu d’histoire pour vous prouver que cette vilaine beuverie du jeudi fut avant tout un acte patriotique, par respect de la tradition.

Le 8 septembre 1951, un arrêté paru au Journal Officiel dispose que les vins d’appellation d’origine ne peuvent être vendus qu’à partir du 15 décembre. Cependant, suite aux réclamations des syndicats viticoles, une note du 13 novembre 1951 précise « dans quelles conditions certains vins peuvent être commercialisés dès maintenant sans attendre le déblocage du 15 décembre ». C’est cette note qui de fait a créé l’appellation « beaujolais nouveau ».

Si la véritable capitale du Beaujolais Nouveau est la bien nommée Beaujeu, les principales festivités mondiales se déroulent à Lyon, préfecture du Rhône et grande ville la plus proche. Ce qui n’est d’ailleurs pas pour déplaire au chauvinisme exacerbé des Effrontés…

Il est vrai que dans les rues de Lyon, c’est un peu la coupe du monde de la bringue. Une sorte de gay pride pour alcooliques avec stands, animations et open bars pour s’assurer que tout un chacun puisse avoir sa ration de saloperie et ruiner la productivité des entreprises locales le lendemain.

Nous nous en réjouissons. Cette belle tradition qui a de beaux jours devant elle fait vivre des vignerons qui en ont bien besoin et des commerçants pas mécontents de remplir les caisses avant les fêtes. Sans parler des consommateurs qui ont une bonne excuse pour quitter le domicile conjugal et faire une parade alcoolisée dans les rues des grandes villes de France.

Oui mais le lendemain : patatra ! Enfin le lendemain, dans le meilleur des cas.

Malgré un passif de fêtard plus qu’honorable et quelques hectolitres descendus en presque 15 ans de vie apéritive, il est rare de sortir indemne de ce genre de sauteries, où ce qu’on appelle un bon plan est en fait un putain de traquenard.

Bon, déjà, les cuites au vin rouge sont souvent les pires à cause du tanin. Aucune envie de vous faire un cours d’oenologie mais pour la faire courte et directe, le tanin est ce qui vous donne l’air con avec les lèvres et les dents violettes après 3 ballons de pif.

En gros, dès que votre dentition ressemble de près ou de loin à celle de Jacouille, vous allez en chier copieux toute la journée et il n’y aura pas de remède miracle. Si ce n’est de dormir.

Le Beaujolais, puisque primeur, est un vin particulièrement acide qui va très logiquement vous casser le crâne minute et provoquer un désastre gastrique chez chaque personne normalement constituée. Il faudra pas se plaindre, maintenant vous le savez.

Une fois votre soirée bien arrosée, vous allez regagner votre paddock dans l’espoir hélas utopique de passer une bonne nuit de sommeil. Environ 2H après vous êtes salement endormi comme un sac, vous vous traînerez jusqu’au frigo pour boire un bon litre d’eau.

Les soucis vont alors commencer puisque ce choc des cultures ne va pas être du goût de votre foie… Aucun détail scabreux, on sait tous de quoi je veux parler. Surprends ton corps, bois de l’eau.

Le lendemain, vous traînerez vos guêtres au bureau, blanc comme une merde de laitier, jurant de ne plus boire et comptant les minutes jusqu’à la sortie du bureau (et le prochain apéro). Le conseil que je vous donnerai d’ailleurs est de ne pas hésiter à boire un godet au déjeuner.

Je ne veux pas vous entrainer sur une vilaine pente conduisant à l’alcoolisme, mais rien de tel que de caresser le chien qui nous a mordu la veille pour redresser un peu la barre.

Si j’ai raillé quelques lignes plus haut notre sale gueule, notre haleine fétide et notre évidente baisse de productivité en lendemain de casse, nos sérieux chercheurs ont eux carrément étudié le phénomène.

Figurez-vous que le troisième vendredi de novembre est statistiquement le jour où les universités et écoles supérieures déplorent le plus fort taux d’absentéisme chez leurs étudiants et où le moins de mails sont échangés dans les entreprises. L’étude n’a pas osé conclure sur un rapport de cause à effet mais de là à dire que la France entière a remis la cabane sur le chien, il n’y a qu’un pas franc que je franchis franchement.

Toutefois, malgré cette impression d’avoir bouffé un pot de gel et qu’une colonie de lutins font du plongeoir dans votre estomac, je suis persuadé que vous êtes déjà entrain d’échanger quelques textos pour savoir quoi foutre ce soir ! Je vous l’ai dis plus tôt: même si je ne vous approuve pas, remettre le facteur sur le vélo est encore le meilleur moyen de traverser une gueule de bois sans trop de heurts.

Bon week-end à tous, il est inutile de préciser que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il faut aussi inviter modération au comptoir de temps en temps. Il est moins fun au premier abord mais il vous permettra d’y rester plus longtemps.

TGIF… et vive le Beaujolais !

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