TGIF – THANK GOD IT’S FRIDAY | Tu fais quoi pour les vacances ?

by • Jul 29, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7599

Salut les coquins,

C’est donc la fin. Pas la fin de cette chronique non, mais la fin de l’année économique. Nous sommes le 29 juillet et la France rentre dans une léthargie d’une petite vingtaine de jours à partir de ce soir.

Nous avions eu des prémices dès le 14 juillet où maman bourgeoise était partie rejoindre la résidence secondaire avec les enfants pendant que papa bourgeois était resté à la ville pour travailler, profitant de l’absence de bobonne pour s’adonner à quelques relations sexuelles tarifées.

Mais alors là, nous rentrons dans le saint des saints. La fameuse première quinzaine d’Août. Celle pendant laquelle on peut crever dans son salon sans déranger personne, où l’on doit mettre des chaussures de randonnées pour trouver la seule boulangerie ouverte du bled et où le petit panonceau “congés annuels” devient le tube de l’été sur toutes les vitrines.

Difficile pour moi de tacler trop violemment les vacanciers de la première quinzaine puisque je suis moi-même un fuyard d’Août, ne supportant pas cette ambiance de fin du monde qui règne dans les grandes villes, donnant l’impression d’être le seul connard à trainer ses guêtres dans le coin.

Alors certes, on rencontre toujours des gens qui nous assurent adorer le mois d’août en ville, que c’est super, que ça circule bien, qu’il y’a personne, que c’est cool au bureau… Pour moi ces gens là sont des frustrés qui n’osent pas se l’avouer, ou des connards.

Personnellement j’aime les villes animées, dans lesquelles on peut aller bouffer au resto sans tomber sur un répondeur annonçant “Nous sommes en vacances”, et aussi parce que tout bonnement je ne supporte pas d’être à contre courant.

Et puis comme si c’était déjà pas assez chiant d’être comme un connard seul dans son appartement étouffant de chaleur, l’avènement des réseaux sociaux a bien participé à ce cafard du mois d’Août en ville. Si encore on pouvait se faire chier peinard, en ayant oublié à quoi ressemblait une plage, un couché de soleil derrière une dune ou un cul de Parisienne à peine majeure sous un short blanc, on pourrait à peu près supporter. Mais là non. Des photos de pieds dans le sable, de soirées arrosées, d’apéros sur le pont d’un bateau ou de nichons jouant au beach-volley viennent polluer notre quotidien déjà suffisamment morne et insipide.

Autant il est évident que tout le monde doit pouvoir se barrer en vacances histoire de se faire dorer les miches avec bobonne tout en permettant à sa fille de se faire dépuceler par un jeune surfeur aux pieds d’une dune, autant je ne comprends pas comment on peut laisser un pays entier en jachère pendant deux semaines, sans qu’il ne se passe absolument rien d’un point de vue économique ou politique.

Depuis quelques jours déjà, impossible de joindre un service comptabilité histoire de se faire régler une facture.

– Bonjour, je vous appelle par rapport à ma facture. J’aurai aimé qu’elle soit réglée avant de partir en vacances, histoire qu’on puisse tous partir l’esprit tranquille.

– Ah je suis désolée, notre comptabilité est en vacances jusqu’au 27 Août, et nous ne pouvons pas faire les chèques à leur place…

Un pays qu’on laisse en jachère je vous dis… et puis bien évidemment, les seules entreprises qui vont continuer à bosser sont les banques qui ne vont pas se priver de vous faire chier jusque sur votre transat pour vous demander de renflouer des caisses laissées vides par des clients profitant de la léthargie aoutienne pour ne pas casquer ce qu’ils doivent.

Enfin bref. La perspective très proche des vacances a le mérite de foutre tout le monde en joie dans le pays. Chacun envisage le truc à sa façon, se préparant à rejoindre je ne sais quelle contrée exotique histoire de faire rêver sa meuf, de se mettre des drogues récréatives dans le pif, de faire sprinter l’unijambiste dans la frisée d’une indigène ou tout simplement de s’offrir une petite dose de dépaysement pas volée.

Finies les périodes de vaches maigres des années étudiantes puis du début de nos vies professionnelles, désormais place au concours de bites.

Le choix d’un lieu de vacances est un très bon indicateur de sa réussite professionnelle, et se doit donc d’être mis en avant. A l’oral lors des diners du mois de juillet, puis évidemment sur Facebook une fois sur place.

D’ailleurs on ne s’y trompe pas. Les mecs qui se barrent au Brésil, à Miami, à Cuba, à Ibiza ou à Mykonos ont tendance à plus la ramener que celui qui a encore une fois loué son mobil home entre le terrain de pneus et la voie ferrée au camping des épluchures.

– Tu vas où toi cet été ?

– En Bretagne, chez des cousins…

– Ah top !! Moi je pars à Zanzibar !

Nous avions parlé il y’a maintenant quelques mois des concours de bites de trentenaires, souvent articulés autour de questions ayant un rapport avec l’achat d’un appartement et le choix pour sa prochaine voiture.

Je n’avais pas parlé du choix des vacances et j’avais eu tort. A ma décharge, c’est la première année que je constate autant de bizarreries et de mecs qui envoient vraiment grosse gomme !

Aussi vrai qu’à salaire équivalent il vaut mieux être considéré comme riche par des pauvres que pauvre par des riches, j’avais qu’à choisir des amis qui partaient en vacances à l’hôtel club minable en Tunisie booké sur Lastminute.com à 250€ la semaine vol compris. Ça m’aurait évité les complexes.

Depuis 3 semaines, on ne peut pas esquiver la question “Et donc toi tu fais quoi pour les vacances ?” dès qu’on sort de chez soi. Evidemment, quand on a des vacances pipées, on ne pose pas cette question. C’est d’ailleurs pour ça que pour faire chier votre interlocuteur, racontez où vous allez et ne lui demandez surtout pas ce qu’il branle de son mois d’Août lui.

Et si vraiment le mec se la ramène sans qu’on lui ai demandé où il se tirait, dites lui que vous y êtes déjà allé et que le mois d’Août c’est vraiment pas la saison, argumentant qu’une copine en rentre et qu’elle a eu la flotte tous les jours. “Enfin rien de grave, genre bonne grosse pluie tropicale entre 18H et 20h, le reste du temps je crois que ça allait”. 

Que ce soit vrai ou pas, vous lui aurez fait fermer son claque merde à ce trou du cul, et son moral sera miné un petit moment.

Parce que concrètement, lui, ce qui l’intéresse, ce n’est pas de savoir où vous allez, mais surtout de vous dire qu’il fait 2 semaines dans un resort de malade, chambre type villa posée sur pilotis au milieu de l’océan indien avec piscine à débordements, et une semaine “plus calme, chez les parents de ma femme, dans leur maison à l’ile de Ré, histoire de se reposer un peu avant la reprise.”

De toutes façons je m’en carre, je me barre à Ibiza.

Alors pour certains ça fait gros plouc, pour d’autres ça fait toxico, pour certains ça fait pédophile et pour une toute petite minorité ça fait “Tu sais qu’au delà de la bringue, c’est une île magnifique, vous allez voir des beaux paysages”. 

Je ne suis jamais allé là bas mais j’ai l’impression de partir dans un coin qui ressemblerait à un mix entre l’ile des secrets, l’île de la tentations, l’île aux enfants et l’Isle d’Abeau.

– Oh mec tu pars à Ibiza ?? Putain les bringues que tu vas te mettre !!

– Non mais justement, on est dans le nord, sur le côté sauvage, histoire de la jouer à la cool et il parait que c’est magnifique.

– Ouais non mais vous allez quand même vous mettre des soirées de ouf non ?

– Bah une ou deux ouais, on n’est pas des bêtes, mais franchement c’est pas le délire cette année.

– Tu verras, là bas ils ont transformé Pokemon Go en MDMA Go. Le principe c’est de trouver le plus de cachetons possibles !!

J’avais juré de pas en parler, mais en fait j’ai pas bien le choix tellement cette merde Pokemon Go me tanne. Alors j’ai l’air d’un con en me dressant en rempart contre la connerie parce que, pour être honnête, je suis au niveau 1783 de Candy Crush et je suis capable d’y jouer même à un feu rouge…

Mais là franchement, ce jeu dépasse les bornes.

Sans déconner, hier j’étais en train de diner au restaurant avec ma meuf quand elle me balance l’air affolée, son téléphone en main, “Putain y’a un Roucool derrière toi !!”. 

Alors je dois surement être un vieux con mais je crois que je ne comprends définitivement plus le monde dans lequel on vit. Je suis même en train de passer du mauvais côté de la barrière en me plaçant dans une théorie du complot expliquant que ce jeu a été créé pour continuer de nous abrutir et laisser place à un changement de civilisation.

J’ai mis un truc sur Facebook cette semaine qui résumait ma pensée de façon assez triviale et qui a été partagé par plus de 700 personnes (merci à eux) et qui disait précisément ceci:

“Petit rappel des 3 dernières semaines en France:

– Après 5 mois de blocage, la loi travail est passée par la force.
– Notre bon président/roi se fait couper les tifs contre 9K€/mois, sur nos côtelettes, va sans dire.
– 84 personnes sont mortes à Nice car un bisexuel d’origine tunisienne a décidé de péter un cable sans que rien ne l’en empêche, pas même une barrière.
– Le ministère de l’intérieur cherche à protéger son cul en faisant supprimer des vidéos de surveillance.
– Un prêtre de 86 ans se fait égorger un beau matin dans son église perdue en Normandie.
– La courbe du chômage ne baisse que grâce à des subterfuges vieux comme le monde (contrats aidés, emplois précaires…).
– La BCE a révélé hier que les Français étaient les salariés les plus taxés d’Europe. 

Il me semble donc réaliste d’affirmer qu’on a peut être autre chose à branler que de chercher des Pokemon avec nos iPhone…”

Enfin bref, du pain et des jeux, cela suffit à endormir le peuple depuis l’Empire Romain, il n’y a donc pas de raison que ça change.

Excellentes vacances à ceux qui se tirent, bon courage à ceux qui restent faire tourner la machine, et bon week-end à tout le monde.

TGIF !!

 

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