TGIF – Thanks God It’s Friday | La Bûche

by • Dec 16, 2016 • T.G.I.F.Comments (0)7590

Salut les coquins,

Suite à mes dernières élucubrations agacées et aigries en ces lignes, je fus la victime de remontrances plus ou moins acerbes de la part de mes contemporains.

Je dois bien reconnaitre que, de base, les fêtes de fin d’année ne sont pas faites pour me mettre de bonne humeur. Evidemment, lorsque, plus jeune, j’avais pour perspective un petit pipon de Noël administrée par une cousine à qui j’avais réussi à faire croire que c’était comme ça dans toutes les famille, il y’avait une émulation.

Depuis, cette conne a finalement compris que non, la turlutte sur cousin au moment de descendre chercher du champagne à la cave n’était pas forcément “christmas spirit” comme disent les bouffeurs de gelée.

Mais quand en plus la poisse s’en mêle, il y’a plus qu’à prier pour pas se prendre la buche à travers la gueule le soir du réveillon.

Après une rupture, un retour chez maman et une perte de permis de conduire, c’est mon portefeuille qui m’a été habilement chouravé la semaine dernière pendant cette cochonnerie de fête des Lumières. Sachons voir le bon côté des choses, mon permis de conduire ne sera pas à refaire…

Si le peigne zizi qui s’amuse à planter des aiguilles dans le cul d’une poupée vaudou à mon effigie voulait bien faire une petite trêve, il en serait remercié.

De par le fait, après avoir espéré ne plus être la risée familiale cette année lors du dîner de Noël en réussissant à présenter Madame, les choses sont donc finalement rentrées dans l’ordre. Dieu merci, mon rang de puceau incasable est rétablit et je vais donc retrouver ma place en bout de table depuis laquelle je vais pouvoir faire les mêmes blagues de plouc que depuis 2002.

Qu’est-ce qu’on va se poiler quand je vais lancer les festivités par mon fameux “Santé, mais pas des pieds”, que je jumelle systématiquement par un farceur “Mamie, avant de savoir si je te sers, dis moi combien t’as mis sur le chèque”, auquel elle répondra “Un beau rien-du-tout tout neuf, enveloppé dans du papier de soie” en faisant mine de me gifler.

J’ai hâte d’y être.

Ensuite on passera à table. Logiquement, mes 4 verres de Sauternes trop chaud dégommés cul sec à l’apéro m’auront fait rougir les oreilles mais à peine assis que j’aurai déjà réussi à me caler la quille de Saint-Joseph sous la chaise.

Mon père, pas complètement naïf, aura bien compris la manœuvre, et, me voyant me servir des lampées de chasseur alpin, me jettera un regard complice en me disant “Et moi je sens le gaz ?” histoire de me faire comprendre que si je voulais me raffiner, y’allait falloir que je joue en double.

Le repas, évidemment interminable, tournera assez rapidement en combat de bites entre les 2 oncles nouveaux riches qui pensent qu’avoir une chevalière, c’est vraiment top classe. Ou plutôt “trop la closse” avec l’accent du Dauphiné. Ça va causer taux d’intérêt, bons plans immobiliers, loi Pinel et dernière Audi.

Comme d’habitude, le moins nouveau riche des deux, pas parce qu’il est plus chic mais parce qu’il est moins riche, nous fera croire qu’il va se prendre un 4×4. Et comme d’habitude tout le monde se regarde un peu gêné parce qu’on sait très bien qu’il va rien se passer.

Taquin, je vais une nouvelle fois demander quelles sont les armes de leurs familles qui se trouvent sur la fameuse bagouse, et mon oncle marrant dira “Une quille de Beaujolais, un saucifflard et le maillot de Lacazette” qui entrainera un rire extrêmement gras, ponctué par un percutant “et moi je sens le gaz ??” de mon père qui m’aura une nouvelle fois capté en train de me torcher la boutanche de cache nez.

Et comme de toutes façons on n’y coupe pas, la buche sera servie. Rendons à César ce qui est à César, par chez nous, on n’a pas l’habitude de taper dans de la buche de merde. A croire d’ailleurs que le but du jeu est de l’encadrer parce que systématiquement ils nous sortent une espèce d’oeuvre d’art de plus ou moins goût mais qui a l’intérêt de faire comprendre qu’on n’est pas chez les Smicards du coin.

Une année, on avait même eu droit à une buche décorée genre coussins capitonnés. En voyant la bête, j’avais lancé un peu trop fort “La vache, ça me rappelle les bars à tapins de Tallinn” ce qui m’avait valu une remontrance maternelle relativement appuyée.

Comme il est connu que j’aime pas ça moi, les buches, ils ont pris l’habitude de me faire une salade de mandarines qui achève définitivement de me ruiner le bide. Pourtant, je me sens quand même obligé de prendre le petit père Noël en plastique qui est sur la buche, de regarder ma grand-mère et de lui dire :

– Mamie, tu sais pourquoi il a le sourire le père Noël de la buche ?

Mon père, faisant semblant d’être sage et distingué dira sur un ton autoritaire :

– Non Adrien, ça va là !!

Malheureusement pour lui, ma grand-mère me sommera de répondre à la question que je lui avais moi-même posé:

– Parce que c’est la seule fois de l’année où il se fait sucer.

Ça rira jaune, sauf pour le mari de ma cousine qui adore ce genre de blagues et qui termine irrémédiablement tous les repas de famille par son sempiternel “Putain je suis plein comme une pute un jour de paye de marin, je crois que je vais aller ronquer 5 minutes”.

Ce cousin, que je n’hésite jamais à qualifier de “par alliance”, c’est celui qui est dans l’immobilier, qui croit que son Audi TT rouge me fait rêver et qui me dit toujours “Tu sais Adrien, si jamais t’es en galère de cash et que tu cherches un investisseur, tu me demandes. Ça a pas toujours été évident mais je suis quand même pas à 5000 balles près. Enfin bref, sinon ça nique un peu ? T’as des photos à me montrer ? Allez cochon, fais voir du poil !!”

Ma grand-mère, elle, se lèvera en chantant “J’ai bien mangé j’ai bien bu, j’ai la peau du ventre bien tendu. Merci Petit Jésus”. 

Et puis viendra le moment des cadeaux. Ce putain de moment pendant lequel mon bide est gonflé façon baudruche et pendant lequel je rêve de m’affaler sur le canapé en croute de cuir qui trône depuis 20 piges dans le salon, que tout le monde trouve laid mais qui donne envie de pioncer en moins de 3 minutes.

Evidemment, moi, les cadeaux des autres, j’en ai parfaitement rien à branler. En clair, moi ce qui m’intéresse, c’est de filer les cadeaux que j’ai acheté, d’ouvrir les miens, de remercier tout le monde et de me tirer.

Mais non, ça ne peut pas se passer comme ça. Tous les ans, il y’a forcément un petit malin qui vient ramener sa science et qui dit:

– Bon, alors on ouvre chacun son tour hein ? Toi tu prends un cadeau, tu dis le nom qui est écrit dessus et tu lui donnes d’accord ?

Heureusement, certains protestent. Moi aussi, de manière assez virulente. Mais tout compte fait on s’accorde à dire que c’est une bonne idée, que de reluquer un merdeux de 6 ans galérer pour lire un prénom écrit au feutre c’est trop mignon, sans se douter que, comme tous les ans, le même morveux va finir par glisser sur un papier cadeau et se tarter le pif sur le parquet.

Ça va hurler, ça va chialer, ça va nous faire perdre 1 plombe pour le soigner mais on s’en branle, il parait que c’est ça la magie de Noël.

Mon frère, pour une raison que j’ignore, trouve toujours le moyen de prendre l’accent de Givors pour dire les prénoms des gens à qui il offre ses cadeaux et s’amuse systématiquement à brailler “Bravo” à chaque fois qu’il ouvre son paquet.

Mon père, lui, c’est autre chose. Tu peux lui offrir un week-end chez Georges Blanc avec l’hôtel, la bouffe et l’accès au SPA, ou lui refiler un ballon de volley gagné avec les points Total, il fera la même gueule.

Un sourire à la con, forcé, puis il refilera le paquet en douce à ma belle-mère en lui disant sèchement et sans la regarder ““Tiens, et le fous pas n’importe où qu’on le paume pas” tout en disant très fort “Ah bah ça c’est gentil !”, sans non plus trop se cacher qu’il en a carrément rien à branler.

Mon père a ça de commun avec moi. Lui Noël, ça le fait autant marrer que de se faire reluquer l’usine à chocolat aux Baumettes. Mais contrairement à moi, il s’en cache pas du tout, ne serait-ce que pour faire plaisir.

Lui, dès le 1er décembre, il a le plomb.

– Tu veux quoi Papa pour Noël ?

– Rien, ou alors si, qu’on soit déjà le 26 décembre et que ça soit terminé. 

– Exagère pas non plus.

– Ah mais j’exagère pas. Hier j’étais chez Leclerc, ces cons passaient des chants de Noël, j’ai laissé le caddie en plan et je me suis barré sinon je chialais.

Enfin bref, Noël c’est la semaine prochaine, et bien vrai j’ai hâte de me fendre la gueule.

TGIF !

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