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TGIF – Thank God It’s Friday | Jeunes Vieux Cons

by • Feb 20, 2015 • T.G.I.F.Comments (0)3144

Xinniàn kuàilè !

Ce machin est plus ou moins la traduction littérale chinoise de “bonne année”. Non, l’Effronté n’a pas vécu dans le fin fond d’une grotte depuis deux mois, c’est simplement mes agneaux que nous sommes en lendemain du nouvel an chinois ! Ce n’est pas que je considère ce jour comme particulièrement festif mais comme notre cul sera bientôt estampillé Made in China, autant se mettre à l’heure tout de suite. Terminées les petites blagues désopilantes du style “et si on débride un Chinois il court plus vite ?”, oubliés les qualificatifs de bons camarades comme chintok” , “jaunes”, ou “faces de citron”, notre économie ne nous le permet plus ! Et puis comme disait l’autre, ça va être facile d’aller se mettre sur la gueule contre un milliard de Chinois… “Et moi, et moi, et moi” aurait rajouté Jacques Dutronc.

Du coup, comme un clin d’oeil, nous ne sommes déjà plus en 2015 mais en année du mouton de bois. Faites “bêêêêêêê” dans votre enclos, suivez la file et fermez vos gueules.

Mais bref, le week-end pointe le bout de son nez, certains d’entre vous l’ont déjà commencé avec une petite sortie du jeudi soir, celle qui ne suffit pas à vous mettre à genoux mais qui vous fout en l’air la matinée du vendredi. Je ne vous approuve pas mais je vous comprends, je suis à dire vrai dans cet état là aujourd’hui. Je me suis fait avoir comme un bleu mais à la régulière.

Comme annoncé la semaine dernière, j’ai passé le week-end dernier à Mégève, charmante station de Haute-Savoie où la neige fut abondante, le soleil brillant, le ciel quasi bleu et les boites de nuit pleines de petits trous du cul arrivés par charter depuis le 16ème arrondissement. Et quand je dis trous du cul… le jour où les cons voleront ils seront tous bombardés chefs d’escadrille.

Après on peut pas leur en vouloir. Je me souviens de moi ado, look de tantouze fils à papa avec gel dans les cheveux, que j’appelais “Veuches” tout en me les recoiffant des deux mains, froc délavé à mi-cuisses et toute la panoplie. Ces deux mots que sont “Palo” et “Alto” me faisaient rêver. A l’époque on ne faisait pas référence à cette ville mythique de la Sillicon Valley, mais plutôt à la boite de nuit de Megève qui attirait tous les gosses de riche de France et de Navarre. Enfin surtout de France quand même.

Que d’émotions quand l’ami Thibault R, LE mec à connaître pour sortir à Megève nous attrapait le bras et nous disait “On va au Palo ce week-end ? y’a la soirée Garraud vendredi soir”. A l’énoncée de ces quelques mots j’étais plus heureux qu’un archevêque en civil au salon de l’érotisme. Et puis alors, quand à 17 ans, arrivant devant une boite de nuit où s’est formée une queue de 200 mètres, on double tout le monde et on claque la bise au videur, on est plus fier qu’une boule de Noël en haut du sapin. Le lundi matin, on mettait les photos de la soirée sur nos Skyblogs et on concluait par le fameux visuel “Merci à ceux qui font que la nuit est si belle à Megève” qui nous faisait passer immédiatement dans la catégorie des “tu peux pas test”.

A Megève les filles sont belles. Affirmation gratuite et subjective qui devient objective de part mon constat suivant: les belles filles sont davantage présentes à Megève qu’à Bobigny. Loin de moi l’idée d’expliquer qu’un mec moyen physiquement mais riche et puissant part avec un coup d’avance sur un mec plus beau gosse mais laid et chômeur, on a déjà les Chinois au cul depuis tout à l’heure, je vais pas en plus me prendre les chiennes de garde. N’empêche qu’in fine, un peu comme dans un élevage, les pères ont des belles femmes, qui deviennent mères, et qui font des filles aussi jolies qu’elles. Je me fais comprendre ?

Tout ça pour dire qu’on avait des copines très belles qui s’apprêtaient et dansaient sur nous en nous chauffant allègrement, que ces soirées étaient géniales, que tous ces souvenirs sont dans notre panthéon à nous et que je vais arrêter d’en parler sinon je vais finir par faire tomber un pétard sur fond de Janis Joplin.

Enfin bref, la semaine dernière, après un apéro d’adultes avec pâté-croute, fromage, vin rouge et tout ce qui fait de nous des hommes et non des ados, nous avons quand même cru retrouver nos jambes de 18 ans et avons décidé de retourner sur les lieux de nos nombreux crimes. Du reste j’aime ces moments où le temps est suspendu, où on se regarde tous, l’alcool et le bonheur d’être ensemble aidant, et on se dit “On débranche, on a 10 ans de moins et en avant Guingamp.”

Arrivés dans le bouclard, force est de constater qu’on se demandait un peu ce qu’on foutait là. Pas eu le temps d’atteindre la porte d’entrée qu’une grande gigue de 18 ans dont les jambes arrivaient à ma gorge, sac Kelly sur petit cuir Sandro, me toise du regard, s’approche et me dit “Excusez-moi, vous auriez du feu ?”. Le ton était donné.

Le videur nous regarde de haut en bas, l’air de se demander si on est bien sûr de nous et si on ne s’est pas perdu en chemin, nous fait signe que nous pouvons rentrer avec un oeil complice, comme pour nous remercier d’être la caution “majeure” au cas où les flics se pointaient pour un contrôle et nous voici dans le SAS qui nous fit tant rêver jadis.

Premier inconvénient qu’on supportait à 18 ans mais qui ne nous fait plus du tout rire aujourd’hui: la queue pour le vestiaire avec entrée payante. Les jeunes intrépides que nous fumes étaient déjà chauds comme des baraques à frites à ce moment là de la soirée, le Adrien d’aujourd’hui était plutôt en mode “désauce” après s’être fait hurler dans les oreilles et bousculer pendant 10 minutes par des puceaux avinés et des jeunes putes à la voix stridente.

Et puis nous voilà en bas de ces escaliers qui dans mes yeux d’ado ressemblaient à ceux du Titanic, avec Jack qui m’attendait en haut mais accompagné de Daniel.

Arrivé dans le saint des seins (ce n’est pas une faute), rien n’a changé sauf nous. Me raisonnant en me disant que lors de ma dernière visite ici, les fesses que je suis en train de mater étaient encore dans une couche, je me fraye un chemin en direction du bar. On se fait dévisager par la jeunesse dorée mâle qui se dit quand même que du haut de nos presque 30 ans on représente une menace réelle, et on commande à boire. Beaucoup à boire. Dans mes souvenirs, il y’avait 2 bouteilles d’alcool fort pour 6, en sortie d’un apéro bien copieux ça suffisait bien. D’autant que chez nous aussi on a le fameux pote qui commande une bouteille de whisky sortie de nul part à 4H du matin quand plus personne n’est capable de compter jusqu’à 1…

Une fois bien en forme, l’idée de séduire une jeune michto nous quitte, on a surtout envie d’ “aller sur la piste de danse pour faire chier les merdeux”. Si la palme revient très nettement à l’ami Ben qui s’est amusé à danser sur toutes les tables occupées par des Parisiens à mèches, frôlant la bagarre à maintes reprises, j’ai moi aussi tiré mon épingle du jeu en expliquant à toutes les filles “meulées” que leurs seins étaient bien trop gros par rapport à leur âge. A cet âge là ça se flatte…

Après m’être allongé sur le bar pour être plus proche du barman et ainsi prendre de l’avance pour les commandes (photo ci-dessus à l’appui) une fille qui devait vraisemblablement fêter son avis favorable au Bac et qui nous observait depuis un bon moment est venue me trouver pour sonner le glas de la soirée: “Franchement, vous êtes les plus vieux de la boite et c’est vous qui êtes les plus cons”. C’est en lui répondant “Tu verras quand t’auras 30 piges, tu sortiras moins et du coup t’en profiteras plus” que je me suis dis qu’il était temps de rentrer.

On aura beau dire, on aura beau faire, il faut laisser les boites de nuit aux gamins pendant les vacances. Que eux aussi aient le droit de se dépuceler, de se marrer, de connaître les premières ivresses et de créer de la TVA grâce à l’argent de papa.

De toutes façons si on y va trop fort le vendredi soir on est cuit tout le week-end.

TGIF les amis !!!

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