Jérémy Charbonnel

JÉRÉMY CHARBONNEL x INTERVIEW 10.3 by les Effrontés.

by • Oct 23, 2014 • InterviewComments (0)3025

Le principe de l’interview 10.3 by les effrontés c’est 23 questions et pas une de plus ! Le concept «10.3» est simple: on pose 23 questions dont 10 un brin formelles, 10 plus personnelles en terminant par 3 questions complètement hors contexte qui nous passent par la tête sur le moment.

Ayant la ferme volonté de rapprocher le lecteur de la personne interrogée, et parce que nous sommes tout de même effrontés, ne cherchez pas de signes de vouvoiement dans nos interviews, puisque cette formule de langage s’efforce de construire une barrière entre les deux partis.

Présentation.

“Je suis né un vendredi après-midi, vers 13h45, dans la banlieue lyonnaise. Je suis le dernier d’une famille de 3 enfants. Enfin non je suis «l’erreur» d’une famille de 2 enfants. Oui je suis le coup de trop, 9 ans après mes deux ainés, celui dont on ne sait pas si on va le garder, celui qui va vraiment faire chier : oui je suis le petit dernier ! Vous l’imaginez j’ai eu une enfance pas facile : des parents hyper attentifs, des frangins aux petits soins, très vite je me suis fait cataloguer : je suis le pourri gâté ! Alors après toutes ces années de railleries, de jalousies, il fallait que je me trouve un métier où rien n’était gagné… Je serai comédien sinon rien, ou le pari un peu cinglé d’un enfant barré !”. Ces mots sont ceux de Jérémy Charbonnel, comédien, Lyonnais d’origine, de 27 ans. Depuis plusieurs années déjà, il fait se tordre de rire les Français qu’il croise sur sa route dans un one-man show urticant et fait maison.

Rencontre.

Interview.

Avant d’entamer cette interview, peux-tu te présenter brièvement aux lecteurs de l’Effronté en nous parlant un peu de toi, de ton background et de ton parcours ?

Jérémy Charbonnel : Ah ouais comme ça une présentation ! Pas de bonjour, comment ça va ? Un café ? Bon brièvement en 15 lignes, je suis originaire de Lyon, je prends le cap de la capitale en 2007 pour suivre une formation de comédien. Le Studio Pygmalion tout d’abord, puis le Laboratoire de l’acteur. C’est en Octobre 2009 que je me lance dans l’écriture de sketches. En parallèle je débute ma formation d’improvisateur dans les ateliers de la LIFI. (LIgue Française d’Improvisation) Depuis juillet 2011 je suis sur scène avec mon tout premier One Man Show, « L’homme moderne ». On a pu m’apercevoir sur ARTE dans «Les Combattants de l’ombre», où j’interprétais Barush Shub un juif résistant pendant la guerre. J’étais également au côté de Jérémie Renier et de Benoit Magimel dans le film «Cloclo», biopic sur Claude François, où j’y interprète le secrétaire particulier du chanteur Christian Morise. Ou encore à l’affiche d’un téléfilm pour France 3, “L’escalier de fer”, tiré du roman de Georges Simenon, aux côtés de Laurent Gerra et Annelise Hemse.

Jérémy Charbonnel dans une pub pour Jardin d’Orante, en la charmante compagnie de Clara Morgane, que vous connaissez.

 

01. En 2007, alors étudiant en école de commerce, tu décides de tenter l’aventure. 7 ans après, referais-tu le même choix ? Pourquoi ?

JC : Si 7 ans après j’étais toujours en école de commerce, OUI je ferai le même choix ! Ça voudrait dire qu’à un moment donné les études ne voulaient pas de moi ! Et puis surtout je pense que plus on attend, plus c’est compliqué de faire des choix de carrière comme ça. Je suis très admiratif des personnes à 40 ans qui plaquent tout et se lancent dans une autre vie. Finalement la crise de la quarantaine, c’est un peu comme ta jeunesse à 20 ans, il y a une part d’insouciance et d’inconscient qui nous dit qu’on peut y arriver !

02. Quel accueil ta famille a-t-elle réservé à ton choix de devenir comédien ?

JC : Excellent ! Je n’ai plus de nouvelles d’eux depuis 7 ans ! Blague à part ça a été un peu compliqué de leur faire comprendre. Mais le fait d’être le dernier de la famille m’a peut-être permis qu’ils soient plus souples avec moi. Donc ils m’ont laissé tenter ma chance à Paris ! Maintenant ils sont à fond derrières moi, quand je suis venu jouer à Lyon ils ont dû venir me voir jouer 6 ou 7 fois ! Ils voient que je m’épanouis dans mon métier et que je suis heureux, c’est le plus important pour des parents !

03. Quelle célébrité rencontrée depuis tes débuts t’a le plus marqué ?

JC : Jérémie Renier et Laurent Gerra pour leur simplicité et leur humilité.

04. Provincial enfant de la capitale des Gaules, comment te sens-tu à Paris ?

JC : Ca manque un peu de verdure. Difficile de faire du vélo tranquille sans être emmerdé par une bagnole et alors jouer au foot dehors dans la rue, impossible ! Les gens sont d’un sérieux à Paris…

05. D’où viennent ces personnages que tu incarnes dans ton spectacle ?

JC : De mon vécu. De ce que j’ai pu observer depuis mes 27 petites années. Les gens sont d’une richesse incroyable quand on les observe bien ! Même toi !

06. Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un(e) jeune qui rêverait de faire comme toi?

JC : Euh … Bon courage ! Le chemin est long et après 7 ans je ne suis qu’au début ! Je pense qu’avec ça il va se lancer le garçon, non ?! Je lui dirai un truc bateau mais on n’a rien sans travail ! Et qu’il faut faire ce métier avec sérieux sans ce prendre au sérieux ! Et ce n’est pas évident …

07. On entend souvent les expressions « show-business » ou « les gens de la télé », as-tu l’impression qu’un tel écosystème existe et régit l’actualité du « PAF » ?

JC : Oula mon bonhomme, je suis loin de tout ça encore… Mais bientôt j’espère pouvoir répondre à cette question, donc garde-la au frais !!!

08. Si l’un de tes spectateurs estimait te « connaître » du fait de t’avoir vu sur scène, qu’en penserais-tu ?

JC : J’en penserais qu’il a quelque part raison. S’il est venu voir mon spectacle il en sait déjà pas mal sur moi et ma famille !

09. Est-ce qu’il y a des choses que tu t’interdis dans tes spectacles ?

JC : Je m’interdis de m’interdire ! C’est pas évident !

10. Ferme les yeux et imagine-toi en 2050. Où es-tu ? Que fais-tu ?

JC : Je suis dans le sud dans la France, dans un joli mas provençal. Je m’occupe de ma femme, mes enfants et mes petits enfants ! Je sers l’apéro aux copains qui seraient venus passer le week-end ! Hédoniste !

 

Le sketch “l’Anglais” en live

La beauté d’une interview réside dans le fait de pouvoir s’engouffrer dans l’intimité de la personne sans pour autant en dévoiler ses secrets… Passons donc, maintenant, à des questions un chouïa plus personnelles. Nous devons préciser qu’elles se terminent toutes par et pourquoi ? La justification donne parfois du sens à la réponse. Au passage, pas besoin de te justifier sur la question numéro #10, ça ne s’explique pas…

 

01. Dans quelle ville rêverais-tu d’habituer ?

JC : New York.

02. Quelle est la personne, vivante ou disparu, que tu admires ou admirais le plus ?

JC : Louis de Funès & Michel Serrault pour les français. Robin Williams pour les américains.

03. Quelle est ta plus grande peur ?

JC : Que tout s’arrête !

04. Enfant, tu rêvais d’être ?

JC : Heureux

05. Si tu avais le pouvoir de changer une seule chose, quelle serait-elle ?

JC : Le prix de mon loyer parisien. Ils se foutent de notre gueule !!!

06. Si Dieu existe, qu’aimerais-tu, après ta mort, l’entendre te dire ?

JC : Je te sers un canon ?

07. Quelle est ton idée du bonheur ?

JC : Vivre l’instant présent … autour d’un apéro avec les copains !

08. Quel est ton motto/devise dans la vie ?

JC : … Keep dreaming !

09. Quel est ton passe-temps préféré ?

JC : Faire du repassage !

10. L’Effronté t’offre l’apéro, qu’est ce que je te sers ?

JC : Ah bah voilà, là on commence à parler de choses sérieuses ! Mojito-framboise s’il vous plait !

 

Passons maintenant aux questions XX.3, les questions qui sortent des conventions… Ne cherchez pas à comprendre pourquoi nous posons spécifiquement ces questions puisqu’elles nous passent simplement par la tête au moment ou nous écrivons ces lignes.

 

01. On comptait 9.060 intermittents en 1984, 41.038 en 1991, et 106.000 en 2013. C’est une planque pour ne pas bosser plus de 507 heures par an ?

JC : Bien sûr ! Et c’est financé par les francs maçons, vous n’étiez pas au courant ?

02. Si le cinéma ne voulait pas de toi, serais-tu prêt à considérer le porno comme de la comédie ?

JC : Ce qu’il leur manque dans le porno ce sont de bons acteurs ! Je n’arrive jamais à croire au personnage du plombier, il y a un truc qui cloche à chaque fois.

03. Pour quel réalisateur/scénariste/metteur en scène serais-tu prêt à tout mettre de coté et vivre 6 mois coupé du monde dans des conditions extrêmes ?

JC : Woody Allen, Clint Eastwood & Pédro Almodovar.

Cet entretien est maintenant terminé. Nous remercions Jérémy Charbonnel pour le temps qu’il a consenti à accorder à des jeunes effrontés de notre genre. Nous mettons en avant ces femmes et ces hommes qui cherchent à vaincre la morosité ambiante en apportant leur talent, leur compétence et aussi ce petit grain de folie.

Retrouvez Jérémy Charbonnel sur scène pour son one-man show l’Homme Moderne jusqu’au 20 décembre 2014, du jeudi au samedi à 21h30 à la Comédie Contrescarpe : 5, rue Blainville 75005 Paris. Réservations ici.

 

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